LE DROIT DU SEIGNEUR
En lui parlant tout bas et dans l'ombre des porches Le beau couple s'enfonce à la clarté des torches, Et bonsoir au mari.
La porte du manoir Se referme sans bruit et dans l'air bleu du soir, Entrevus au reflet tremblant des hallebardes, D'un côté le mari tout pâle, entre les gardes, Tournant entre ses doigts son feutre enrubanné, Et de l'autre, debout près du mari berné, Un grand flandrin de moine à l'étroit scapulaire Qui, le doigt vers le ciel, grave, tragique, austère L'invite à se soumettre aux volontés du lieu, Le corps étant de droit au prince, et l'âme à Dieu.
SUNT LACRYM.E RERUM
A MA MÈRE
1 L est des larmes dans les choses, Que les jardins anglais éternellement verts Aient le rire éclatant des glaïeuls et des roses Bâillant, pistil auvent, calices entr 'ouverts !
Les vieux jardins Louis-Quinze avec leurs grilles closes, Leurs vieux bancs effondrés et leur vivier désert, Réfléchissant l'ennui des quinconces moroses, Les vieux jardins Louis-Quinze ont leur charme l'hiver.
Un parfum suranné de poudre maréchale Flotte, invisible et doux, sous leur ombrage fier. La nuit, cette rêveuse, y met sa larme pâle Et le siècle défunt son éventail ouvert.
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