A GUSTAVE FLAUBERT
'ES siècles morts parfums étranges, Des êtres sans sexe et sans noms, Nus et pareils à des archanges, Dansent autour des Panthéons.
Pétris de splendeur et de fange, Leur bouche, où tremblent des poisons, De nos dédains rit et se venge Avec des rires de démons.
Au frontispice des portiques J'ai pris leurs prof ils impudiques Et, couronnant de nénuphars
Leur beau front stupide et tragique, J'ai sculpté dans un rythme antique Leurs torses polis par les fards.
GANYMEDE
'EBOUT dans la splendeur des choses^éternelles, Le jeune Ganymède auprès de Jupiter Préside, grave et doux, aux amours criminelles. Leur mortelle ambroisie a pénétré sa chair,
Et sous ses noirs cheveux, pareils aux flots amers,
Son front étroit et bas et sa large prunelle
Ont la stupidité rêveuse et solennelle,
Propre aux êtres passifs aimés des dieux pervers.
Complice involontaire et résigné du crime, Ganymède sourit aux monstres de l'abîme De son beau rite bête, insolent et païen ;
Puis, grave avec lenteur inclinant son amphore, Il verse le nectar dans la coupe sonore Et l'offre toute rouge au César Olympien.