AVANT-PROPOS
.Je n'avais pas l'intention d'écrire un avant-propos pour ce petit recueil de quelques-unes de mes causeries: et conférences, surtout que
___notre..célèbre -historien-de-l’Ouest ‘éanadien, le R. P. À.-G. Morice,
O.M.I,, m'a fait le très grand honneur de bien vouloir en-éerire l’introduction. ‘Ce qui me décide à changer d'idéé, c’est un article que je viens dé lire, reproduit du ‘New-York Outlook” ‘Cet article donne une idéé si juste de ce qu'est le Français, que je n’ai pu résister au désir de le traduire et de le placer en tête de mon livre, en guise de: préface. Do . |
#Si des étrangers trouvent de si belles choses à dire sur notre pays d’origine, sur ses ‘habitants, dont le sang est le même que celui qui
‘eoule dans nos vêines, comment ne pas nous enorgueillir d’être venus
d’un tel pays et d’être les descendants ou les frères de tels hommes ? Voici l’article du journal américain en question: ne, ‘Nous .commençons enfin à comprendre que les Français ont toujours été nos alliés, malgré le fait.que les propagandistes allemands, qui ont su infiltrer leur poison jusque dans les livres de nos écoles, ont.tout mis-en oeuvre pour nous le faire oublier. Nous commençons à nous souvenir des noms de Lafayette et de Rochambeau; mais. combien se rappellent, même aujourd'hui, que les nombreuses flottes envoyées par les Français apportèrent un concours si décisif à Washington à Yorktown que cette, bataille eut pour résultat la reddition de Lord Cornwallis, la victoire de la Révolution Américaine et l’établissement définitif de- notre indépendance, indépendance que ni le Kaiser niles Prussiens eux-mêmes ne réussiront jamais-à nous enlever. “Partout où a passé la Prusse elle a semé la souffrance et la haine. Partout où a passé la France, elle a laissé la prospérité et l’amour. Toutes les raisons au monde militent en faveur de ce que les Américains se joignent aux Français et aux Françaises pour célébrer le Quatorze Juillet, la grande fête d'indépendance de leur pays.
1 Maïs, après que les acclamations. et les chants 5e seront tus, que pouvons-nous faire. de pratique pour continuer à montrer nôtre bonne volonté à l'égard de la France? |
‘D'abord, par la parole, par des articles de journaux et de magazines, par des livres, en ouvrant des classes dans les écoles, en établissant des associations comme l’Alliance Française, nous pouvons faire connaître d’un travers à l’autre du pays le vrai caractère et les véritables qualités du peuple français. » .
‘Nous, Américains, sommes des grands dévots de l'annonce. Les. Allemands’ s’en sont aperçus. Au moyen d'annonces systéma tiques—car la propagande allemande n’est rien autre qu’un système
+ es + n s -
Fo ‘ z 4 ; . je . : ‘ | viii ui ! AYANT-PROPOS - ! Sn d'annonces—ils ont essayé de nous faire” croit « due les Français sont légers, enliallés, superficiels gt irrésolus ; que comme peuple ils n’ont
rien-contribué à la civilisation que les foriies les -plus légères de la:
littérature et des arts. EÆEt'pendant ce temps-là les Allemands ‘ont voulu se faire passer ponr les*savants, les hommes de science, ‘les éducateurs, es inventeurs, et les produéteurs experts par excellence du monde. à : , S
- ‘Les. Français sont“modestes. Ils s occupent. de’ leurs affaires *sans faire d’embarras. Îls ont dit péu de choses pour se défendre et se sont contentés de gagner la victoire de Ja Marne, et de sauver Verdun, deux des. plus grands faits. d'armes chez une nation dont l'histoire fasse mention, et qui ferônt la gloire du nom français dans la suite des sièeles. Mais ils ne parlent pas d’ eux-mêines ; , il faut done que nous en parlions. Ti faut que nous disions sans éesse à ceux qui ne s’en sont pas encore rendu compte que sur Je: continent d'Europe.ce ne sont pas les Allemands, mâis‘les Français, qui, soñt - les grands maîtres de 1’ action productrice” | ;
‘Prenons -un. exemple frappant. La‘ publicité allemande nous
a dit que la° “plus grande, la plus puissante création en fait ‘d fartillerié et la plus efficace vient d'Allemagne. En Amérique id n’y a ° Pas un enfant d'école qui ne ‘sache ce que c’est que le ‘canon Krupp: ‘mais combien d' ‘écoliers américains savent que. les ” Français. ont . ébnçu et construit un ‘eanon tout aussi grand, tout äussi puissant et” . beaucoup plus efficace,. disent les experts militaires, comrhe pièce ‘d'artillerie de merveilleusé précision<-le eanon., du: Creusot ? C'est à peine si l'on connaît. ce nom en ce pays, alors qu’on devrait.le con-
näître: partout. Quand un pro-Allemand .vous parlera du canon Krupj, dites-lui que le ganon Krupp ne vaut, pas ‘le Creüsot, que Ver: dun en est la preuve: e r
: Dités à vos garçons et à vos filles que € est un Érançats, Am-, broise Paré, qui a”trouvé les. données de la chirurgie moderne; : que ‘ c’est. un Français, Laplace, l'un des plus grands mathématiciens’ de. tous les temps, qui fut aussi l'un: des plus grands précurseurs de .la--
science de l’astronomie telle que nous Favons de nos jours; que €’est .
un Français, Lavoisier, qui fut le père de la chimie, moderne ; que. e’est un Français, Pasteur, qui découvrit la théorie des germes pour | ‘la contagion et la maladie, et que, par conséquent, c’est-à lui qu'on doit de pouvoir sauver immensément: plus de vies que, J’ineffable . Kaïser n’a réussià en détruire au moyen de ses bombes à gaz et de. ses sous-marins meurtriers, Guillaume, le-destruéteur, Pasteur, le: sauveur de vies—ces deux pefsonnalités offrent les types du Pruësien, et du Francais modernes: Le fait est que les Français ne sont pas seulement: les premiers pour |? art, la beaûté et le charme de l’existence, mais qu’ils le sont aussi pour a science, 1] ’industrie et l” action productrice de la vie moderne. Le inonde ne saurait se passer dela France et de sa civilisation.” :
- En vrai Américain, l’auteur de cet article véit .d’ abord &t. sur- : tout le côté. prütique du caractère ‘français. ‘ N'oublions pas, que le
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- AVANT-PROPOS Le ix à # L . !
- » Français a de-tous temps été et demeurera toujours, avant et pardessus tout, l’homnie dont Alfred de Vigny disait: ‘‘L’honneur est , -
7 88. foi, la conscience sa“morale, le devoir sa loi!’ C'est ce que je me ‘suis efforcé de démontrer un ‘mes conférences et-.causeries réunies ici en volume.
peu au cours de "
NS Ca , 2 3 Lou; Lt, A.-H. de Trémaudan. se : : Je ° T x h : : . Lu .
Î i 5 b 918 . Saint-Boniface, le 15 octobre 1918. :
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