PROCÉDÉS D*EXAMEN DU SANG
Plasma et sérum ne diffèrent que par un seul point ; le sérum ne contient pas de fibrine ; le plasma contient de la fibrine, ou plutôt les éléments producteurs de la fibrine : la matière fibrinogène et la plasmase ou ferment coagulant.
Ces deux substances existent dans le sang normal : la matière fibrinogène est en dissolution dans le plasma; la plasmase est contenue dans le corps des leucocytes.
Lorsque le sang est extrait des vaisseaux et reçu dans un vase ordinaire, les globules blancs s'accolent aux parois du vase et subissent des altérations dont le résultat est de mettre en liberté la plasmase. Celle-ci, rencontrant la matière fibrinogène, se combine à elle : il en résulte la production de fibrine et de sérum.
Ainsi la fibrine n'existe pas préformée dans le sang ; c'est un produit artificiel ou pathologique, un produit de la mort ou de la maladie du sang (Hayem).
Il en est de même pour le sérum qui n'existe pas non plus dans le sang vivant, avec les propriétés qu'on lui reconnaît in vitro. Ses propriétés lui viennent de la destruction des globules blancs, qui laissent transsuder tous les ferments contenus dans leur protoplasma. C'est ainsi qu'outre le pouvoir coagulant, le sérum manifeste des pou-
Marcel Labbé. ~ Le Sang. 2
voirs agglutinants, oxydants,, bactérioly tiques, cytolytiques, etc.
Le sérum peut donc être considéré comme un véritable soluté de leucocytes, puisqu'il a hérité des puissances, des énergies accumulées dans ces cellules.
En résumé, le sérum est un produit artificiel, n'existant que m vitro, et possédant toutes les propriétés qui appartiennent, m vivo, aux leucocytes. Dans l'organisme, ce sont les leucocytes qui ont des propriétés coa^lantes, agglutinantes, bactériolytiquesj etc. ; les humeurs ne manifestent ces propriétés qu'autant que les leucocytes, par leur destruction partielle, leur en ont conféré une partie : considération importante au point de vue doctrinal, puisqu'elle fait ressortir le rôle primaire des leucocytes, et secondaire des humeurs, dans la production de l'immunité ; elle met d'accord les partisans de la théorie humorale, qui attribuent l'immunité à l'action bactéricide et antitoxique du sérum et des sérosités, avec les partisans de la théorie cellulaire, qui attribuent l'immunité aux fonctions phagocytaires, bactéricides et antitoxiques des leucocytes.
Une remarque analogue à celle que je viens d'émettre sur le sérum doit ôlre faite au sujet des éléments cellulaires du sang.
La description qu'on donne des globules rouges