SCÈNE VIII HENRI, ruisBERTHE
HENRI
Ah!... quel drôle de mari!... Je comprends que Berthe ne se vante pas de l'avoir épousé I... Entin, le voilà parti! (Regardant au fond.) Et il est déjà loin !... Il va vite, pour un homme fatigué !...
BERTHE, ven:mt de gauche, â part.
Mon mari est sous clef I... Je suis tranquille!... (Haut.) Tiens ! Monsieur des Tilleuls n'esi plus là?
HENRI, sombre.
11 est allé m'attendre dans le petit bois, où je vais le rejoindre à l'instant.
BERTHE
Le rejoindre?... Pourquoi faire?
HENRI
Vous le savez bien !
BERTHE
Comment?..- Vous mettriez votre menace à exécution?
HENRI
Je vous avais prévenue!...
BERTHE
Mais c'est abominable!..*
HENRI
N'est- ce pas vous, qui l'avez voulu?
BERTHE
Hé bien!... Tenez!... J'aime mieux tout vous avouer!... Monsieur des Tilleuls n'est pas mon mari!...
HENRI
Vraiment ? Et qui donc alors avez-vous éoousé ?
Un autre, que je ne vous nommerai pas... D'ailleurs, il n'est pas ici !...
HENRI
Comment vous croire? Il y a une demi-heure, vous étiez encore demoiselle ; dix minutes plus tard, vous vous appeliez madame des Tilleuls, et maintenant, vous avez pour mari un être invisible et mystérieux...
SOÈN.-: HL'ITIÉMB 37
BERTilE.
Je VOUS jure...
URNai.
Point!... Je m'en tiens h votre aveu de tout à l'heure!... Vous êtes bel et biea madame des Tilleuls!
BERTHE
Mais...
HENRI
Vous vous êtes mariée... (Noblement- j malgré vos promesses, malgré vos serments!... (Résolu meni.) ilé bien ! Madame...
BERTHE, inquiète.
Hé bien?
HENRI
J'ai fait comme vous !...
Vous dites f
henr:^ J'ai une femme... et six enfants .«
BERTHE
C'est mal de vous moqaerde moi !...
HENRI
Comment?... Vous ne me croyez pas?
BERTHE
Non, non, c'est impossible!... Vous, Henri, qui invoquiez si souvent mon nom, dans les solitudes...
Vous, trahir la foi jurée ?... Allons donc !... C'est bon pour moi, qui n'ai pas été maîtresse de ma destinée... mais vous!... Non, ne me dites pas cela!...
HENRI
Mais je...
BERTHE
J'excuse votre colère ; elle est légitime !... Je comprends vos railleries : ce n'est qu'un masque, derrière lequel vous cherctiez à me dissimuler votre chagrin ! Je vous demande pardon, Henri, pour le mal que je vous fais en ce moment !
Elle tombe en pleurant dans ses bras.
Chère Berthe!.
HENRI, ému.
BERTHE
Nous ne devons plus nous revoir... jamais! Adieu !
Georges parait au fond et regarde.
HENRI
Laissez-moi vous embrasser une dern *ère fois, j-omma un ami sincère et dévoué!
Il veut l'embrasser.
BERTHE, le repoussant.
Non, quittons-nous ! Cela vaut mieux!... Et surtout que mon mari ne sache jamais... Vous me le jurez? Adieu, Henri, adieu !
Elle sort par la droite, en cachant ses larmes.