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Au moment où nous examinons l'animal, la région du bras gauche atteint le volume d'une tête d'enfant, le développement en est si considérable que le membre tire sur
FT Radiographie d’un sarcome de l’humérus (chienne).
le côté du thorax et abaisse l'insertion de l'épaule, l’appui se fait sur le carpe, comme le montre la photographie
(fig. 8).
La palpation ne permet plus de percevoir l’humérus, qui est enfoui dans le néoplasme. Une ponction exploratrice donne écoulement à un liquide séro-sanguin, venant des cavités de ramollissement de la tumeur.
Enfin, une radiographie (fig. 9) permet de se rendre compte que l’humérus est le siège d'une fracture qui, d’après les commémoratifs, ne peut être que secondaire au développement de la tumeur. La moitié supérieure de l’humérus est délabrée ; elle semble tuméfiée, les bords de l’os sont flous, l’aspect de l'os est imprécis. Par contre, la moitié inférieure de l'os est très opaque, tous les détails de sa structure ont disparu : c'est l'indice d'un processus de néo-ossification ou de calcification sclérosante ; de plus, cette partie est entourée de zones plus opaques, traduisant une ossification déjà avancée. L'envahissement des tissus mous, voisins de l’os, se traduit par de multiples traînées cotonneuses qui entourent le segment osseux, situé audessus de la fracture.
Devant ces faits, nous concluons à un sarcome ostéogénique de l’humérus. Le pronostic est très sombre, vu le développement acquis et l’état cachectique de l’animal. Le 3 décembre, la tumeur s’ulcère et laisse sourdre une sérosité sanguinolente. Le 5, l’animal ne mangeant plus depuis plusieurs jours, est dans l'impossibilité de se tenir debout ; il est sacrifié.
A l’autopsie, aucune altération viscérale n'est relevée, sauf deux ou trois petits points gros comme un grain de millet, aperçus sur le poumon. (L'étude histologique a montré que ce sont des métastases.) Le système Iymphatique est normal ; seul le ganglion préscapulaire gauche, correspondant au meinbre atteint, est hypertrophié. Le membre malade semble beaucoup plus long que le mem-
tie
bre sain correspondant, ce qui est dû au poids énorme de la tumeur (5 kilogrammes), et à la fracture que la radiographie a bien mis en évidence. Le développement du néoplasme a été si fort que les muscles et aponévrose, repoussés à la périphérie, sont atrophiés, ne formant ainsi qu'une
capsule de 1 centimètre à L'eneD
Fie. 10. — Section longitudinale du membre, montrant la disposition du sarcome ostéogénique de l’humérus. 1. Le sarcome. — 2. Cavité de ramollissement.
Une coupe longitudinale de la tumeur (fig. 10) montre que sa forme est sensiblement sphérique, son plus grand diamètre étant de 20 centimètres et son plus petit de 17 centimètres. On remarque en premier lieu la fracture de l’humérus en deux abouts presque égaux. L’humérus,
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sauf au niveau de ses deux surfaces articulaires restées intactes, est entouré par la production néoplasique. L'ossification est surtout dense autour de l'os : ailleurs, on trouve des bourgeons blancs sarcomateux, crersés çà et Tà de cavités pseudo-kystiques remplies Ce sang. La moelle est ossifiée surtout dans l’about inférieur.
Fi. 11. — Aspect d'une coupe à un faible grossissement. 1. Cellules sarcomateuses fusiformes. — 2. Travée osseuse. Caractères hislologiques. — a) : Tumeur primitive.
Les coupes offrent un aspect différent selon les champs microscopiques que l’on examine. Certaines plages ont l'aspect du sarcome à cellules fusiformes, sans aucune différenciation, d’autres, les plus nombreuses, sont caractéristiques par l’enchevêtrenient des travées ostéoïdes qu'elles contiennent (fig. 11). À la périphérie, ces travées restent en tous les points ostéoïdes, on ne trouve nulle part trace de calcification. Enfin on trouve cà et là quel-
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ques fibres musculaires striées et extérieurement une capsule fibreuse.
b) Ganglion pré-scapulaire :
Les coupes nous montrent que ce ganglion est hypertrophié et enflammé, mais sans embolies sarcomateuses. La tumeur étant ouverte et suppurant, on comprend que le ganglion ait réagi. La sénéralisation ne s’est donc pas faite par la voie lymphatique, mais par la voie sanguine.
c) Métastases pulmonaires :
Dans les coupes du poumon, nous trouvons des métastases à différents stades, les plus grosses ont le volume
Fi. 12. — Métastase pulmonaire.