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L'ŒUVRE DE LA CATHÉDRALE ET SES PROMOTEURS, H

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LE SAULT-AU-RÉCOLLET 489 a et les deux oliviers posés devant le Seigneur de la terre. ” Ayant été oints de l'huile de Ja grâce qui

donne la plénitude du sacerdoce, ils ont été revôtus de la force d’en haut, et ont brillé devant le Seigneur par leurs nombreuses bonnes œuvres comme des lampes éblouissantes.

Les cérémonies funèbres touchaient à leur fin. Le cortège de Nos Seigneurs les Evêques, du nombreux clergé, et la foule immense des fidèles défilèrent lentement vers le lieu du dernier repos.

Mais au-dessus de ces vives émotions et des derniers chants entourant cette tombe vénérée, planait une pensée de soulagement et d'inexprimable consolation : c’était que Mgr Bourget prenait posses-

| sion, au moins après sa mort, de la cathédrale qu'il | avait tant rêvée. L'œuvre reçut par là une nouvelle impulsion, et nul doute que du sein de la gloire céleste, le saint évêque n'ait grandement favorisé son achèvement. La vénération de sa mémoire | restera désormais étroitement unie au superbe monument religieux dont il a conçu l'idée et qui sera toujours une gloire pour notre ville,

À l'époque où nous sommes (1885), la maladie | qui avait tenu M. Rochette dans de continuelles | souffrances, s’aggravait de plus en plus. À

Enflammé d’une sainte énergie, il soutint quand ï mênie les fatigues du ministère pastoral, jusqu’à ce

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qu’enfin, au début de l’année 1890, il fut obligé de se faire transporter à l’Hôtel-Dieu.

Malgré les soins les plus assidus, en dépit des vœux, des prières de ses dévoués paroiïssiens, il y mourut le 8 février. Son corps fut transporté au Sault, où le service funèbre fut chanté le 11 par Sa ‘Grandeur Mgr E.-C. Fabre, archevêque de Montréal, en présence d’un nombreux clergé et de tous les paroissiens.

Il était âgé de 66 ans et 6 mois. Son corps repose dans une partie du caveau de l’église spécialement destinée à l’inhumation des pasteurs.

Nous avons fait voir la part énergique que ce digne curé a prise dans le développement des œuvres paroissiales ; ses vingt ans d'administration lui ont assuré le respect et l’affection de tous. Sa mort fut, comme sa vie, précieuse aux hommes et surtout devant Dieu.

Dans ces dernières années, deux autres œuvres ont été ajoutées à celles déjà établies sur ce sol si privilégié ; il convient de les signaler avant de clore cet ouvrage, afin de raviver la reconnaissance envers Dieu pour ces nouveaux bienfaits. La première est celle du noviciat de Saint-Gabriel.

Six Frères de l’institut furent appelés à Montréal en 1888 par M. Rousselot, alors curé de Saint- Jacques de Montréal.

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LE SAULT-AU-RÉCOLLET 491 6 | Le nom de ce Sulpicien distingué, on le sait, est à allié aux œuvres les plus marquantes de charité. i 8 Il a fait, comme un grand nombre de ses con- 4 ! frères dans la compagnie, beaucoup de bien en ul L dépensant dans le pays toute sa fortune de fa- ; a mille.

L- Les Gabriellistes étaient venus pour prendre la S direction d’un orphelinat industriel dû à la générosité de M. F.-X. Beaudry. L'entreprise ne poue vant se maintenir, le supérieur de la petite comit munauté dut nécessairement trouver un endroit aussi avantageux que possible afin d’y fixer une e | résidence et le noviciat.

8 Voici ce que M. l’abbé Blain a écrit à ce sujet n | dans son récent ouvrage sur l'institut de Sainta ‘Gabriel.

et ‘“ Une rencontre fortuite (lisez providentielle) mit en rapport les Frères de Saint-Gabriel avec le 28 | révérend M. Beaubien, curé du Sault-au-Récollet, si | et sur ses instances, on négocia l’acquisition d’une le : propriété d’environ 6 arpents qui semblait con- 2e venir à l’installation d’un noviciat. L'avis favoe- rable, attendu de France, arriva le 27 avril 1891,

la veille du jour où se célèbre la fête du bienheual reux de Montfort. Le ciel voulait-il, par cette

t- coïncidence, donner un signe non équivoque de

492 LE SAULT-AU-RÉCOLLET la protection dont le saint fondateur entourait cette pépinière de jeunes apôtres ?

Saint-Gabriel prit possession de la propriété récemment acquise le 24 juin ; quelques semaines après, Mgr larchevêque de Montréal bénissait

suiennellement la maison du noviciat, qui recevait,

le 7 septembre, une caravane de 10 Gabriellistes venus d’Europe, auxquels s’adjoignit bientôt un premier postulant canadien ” (L’abbé A. Blain, L Institut de St-G'abriel, p. 346). Mgr Fabre assigna comme patron du noviciat saint Stanislas de Kostka. Depuis ce temps la maison a été notablement agrandie de manière à contenir 60 novices ou postulants, et un terrain d’environ 10 arpents a été ajouté au premier pour aider à l’entretien de l’établissement.

Cette fondation, toute nouvelle qu’elle est, semble occuper au Sault une place qui lui était destinée depuis longtemps.

La propriété fut autrefois achetée de la famille David par Mgr Vinet, dans le but d'établir un de ses parents. La maison que Mgr y fit construire, haute, longue, paraissait plutôt destinée, avec ses divisions intérieures, à une communauté religieuse qu'à une famille. Le fait est que les frères n’ont été obligés d’y faire que de légères modifications, en y entrant.

Mais ce qu’il y à de remarquable, c’est le lien qui existe entre cette maison et l’œuvre de Ville-Marie. Le rév. Père Fonteneau nous le fait comprendre dans son admirable Vie du bienheureux de Montfort. “ Dévoré du zèle de la gloire de Dieu et du salut

des Âmes, il (le bienheureux) songea tout d’abord à aller évangéliser le nouveau monde... Ayant appris que M. Tronson, supérieur de Saint-Sulpice, devait faire partir plusieurs ecclésiastiques pour aller au séminaire de Montréal, que dirigeaient les prêtres de sa communauté, il s’offrit pour les accompagner au Canada, afin d’anroncer l'Évangile aux infidèles de ces contrés . Mais le sage supérieur, persuadé que Dieu le voulait ailleurs, n’accepta point sa proposition. Mais, Ô desseins admirables de la Providence ! la famille religieuse qu’il devait laisser après lui, était destinée à le remplacer au Canada, 183 ans plus tard, avec des circonstances vraiment étonnantes.

‘# Dieu s’est servi des Sulpiciens, en 1700, pour retenir en France le bienheureux de Montfort, qui désiru:. ardemment répandre sur le sol canadien la semence de la parole évangélique ; Dieu s’est servi des Sulpiciens, en 1888, pour conduire au Canada les enfants de Montfort ” (Fonteneau, Vie du bienheureux de Montfort, pp. 48-49).

Ajoutons : Dieu s’est servi des Sulpiciens en 1888, dans la personne de M. Rousselot, pour faire venir les Frères de Saint-Gabriel, et compléter ainsi sur le sol canadien la famille religieuse du bienheureux. Il avait formé originairement cette famille des Pères de la Compagnie de Marie pour l’évangélisation, des Sœurs de la Sagesse pour les œuvres de charité, et des Frères pour l'instruction de la jeunesse. Les Frères de Saint-Gabriel, tout en formant une communauté distincte, sont les vrais descendants de la famille du bienheureux.

Dieu a donc eu pour agréables les désirs du bienheureux de Montfort. Quand il s’offrait lui-même dans le temps, Dieu a paru ne pas accepter son offrande, mais parce qu’elle a été faite dans les plus saintes dispositions, le jour arriva où les enfants ayant reçu le testament de zèle et de charité de leur père, en ont observé toutes les clauses.

Les Pères de Maricet les Sœurs de la Sagesse ont commencé leur orphelinat : ‘“ Elle ira, écrit le Père Fonteneau, se développant toujours davantage sous le souffle vivifiant de la divine providence, nous en avons le doux espoir ; et dans peu d’années, à la place de ces forêts qui tombent sous le tranchant de la hache, et sur ce sol que l’on cultive pour la première fois, on verra s’élever une église, des communautés religieuses, des maisons nombreuses for-

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LE SAULT-AU-RÉCOLLET 495 - ue en !

, mant une paroisse sincèrement catholique, qui | r portera le nom de Notre-Dame de Montfort. C'est r Mgr l’évèque de Montréal lui-même qui a désigné

- ce nom.

“ Voilà donc le nom de Montfort donné à une petite portion de cette terre immense du Canada, qu'il aurait voulu évangéliser.”

a De leur côté, les Frères de Saint-Gabriel se '- | livrent À l'éducation de la jeunesse avec le zèle le je plus ardent,

Leur maison du Sault compte déjà vingt novices 1- canadiens, ce qui nous permet d’affirmer, avec le e Père Fonteneau, que la famille religieuse du bienn ) heureux de Montfort “est en voie de réaliser en $ ; Canada les projets de zèle qu’il avait concus dès les 8 premiers jours de son sacerdoce” (Vie du hienheue reux de Montfort, p. 50).

Pendant que les diverses communautés ment tionnées plus haut grandissaient à l’ombre de notre e clocher, un nombre considérable de familles s’éta- 8 blissaient dans le haut du Sault, près du rapide n appelé “ Crochet,” surtout depuis le tracé du a chemin de fer “le Pacifique Canadien.” L Ils eurent bientôt leur part de grâces et de béa nédictions, dans l’Institut des Clercs de St-Viateur, 1 choisi par Dieu pour y répandre ses bienfaits. En

l- y établissant leur juvénat, les Viateurs ont assuré À

ces familles les précieux avantages des ofbces religieux et de l’éducation des garçons de l’arrondissement.

Voici ce que disent les archives paroissiales au sujet de la bénédiction de la croix de fondation du nouvel établissement :

“ Le ler juillet 1894, à trois heures après-midi, dimanche, jour de la fête du Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, après l'autorisation obtenue de Sa Grandeur Mgr Edouard-Charles Fabre, archevêque de Montréal, M. le curé Charles- Philippe Beaubien procéda à la cérémonie de la bénédiction de la croix de fondation du juvénat des Cleres de Saint-Viateur. Le terrain chosi pour cette œuvre a été donné par MM. Goyer et Cousineau, propriétaires de la ferme Jubinville, la dite ferme ayant été divisée en deux parties égales par une avenue à laquelle le nom d° “ Avenue de Boulogne ” a été donné, vingt-deux lots ont été cédés gratuitement pour cette fin, les dits lots longeant une propriété appartenant à un M. Lagacé, de neuf à dix arpents en superficie, la dite propriété adjacente ayant été achetée par la communauté de $aint-Viateur pour la même fin. Il y eut un immense concours de fidèles. Le sermon fut prêché par M. le curé, et une éloquente allocution fut pro-

Hces reli- ’arrondis-

ssiales au lation du

rès-midi, Sang de orisation -Charles Charles- 1e de la juvénat osi pour t Cousi- , la dite ales par le Boué cédés ngeant icé, de opriété unauté ut un prêché ut pro-

noncée par le rév. P. Ducharme, supérieur provin-

clal de l’ordre” (Livre des dél., pp. 115-116),

Cette nouvelle fondation, placée sous le patronage de saint Joseph, à déjà produit d'excellents résultats au point de vue religieux et de l’éducation des nombreux enfants de l'endroit. Que Dieu bénisse cette œuvre comme toutes celles que sa grâce a fait naître et grandir sur nos plages, pour sa gloire, pour le bonheur et la vraie prospérité de

cette paroisse.

Noviciut de Saint-Gubriel,

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