SCENE XIV
LÉONIE, seule.
Ils croient tous que je lui dois la vie!. .
mais moi-môme, que dois-je en penser?
depuis cette fatale confidence , je ne sais plus ce que j’éprouve !.. puis-je reconnaître dans monsieur de Lussan, l’auteur de ces lettres ingénieuses et touchantes qui me charmaient, que je relisais tant de fois?
Combien mon cœur m’a trompée ! .. il me disait ; celui que tu aimes.. . celui qui t’écrit... c’est ce jeune homme qui, à Paris, te suivait partout... au spectacle , daus les promenades !
Air nouveau de M. Charte* Tolbeajue.
Aussitôt qu’une lettre Venait charnier mou cœur ,
J'en pensais reconnaître Le soir, le jeune auteur;
Et le ▼■•vaut sourire ,
Dana ses yeux pleins d'esprit Je croyais encor lire Ce qu'il m’avait écrit.
Quoi ! ces lettres charmantes De Lussan me viendraient !..
Ces ph ases si brûlantes De son cœur sortiraient L .
Qu’il est loin de me plaire Par tout ce qn*il m’a dit !..
Et combien je préféré Ce qu’il m’avait écrit!
Ah! éloignons celle pensée!
Elle s'assied , prend un livre , Couvre et lit avec distraction. Pendant ce temps , Arthur parait suivi de Michel. Il entre arec joie , tans voir d’ alord Lëonie , et semble contempler P appartement avec bonheur ; puis il voit une femme assise , s’approche et la regarde avec un mélangé de crainte et d’ivresse.