MICHEL, JEANNE
jlannb, entrant par le fond . Psitt ! psitt!
M. Michel!., voir* maître y est-il?
Michel. Non , il est sorti. . .
Jeanne. Sorti?., déjà!..
Michel. Ah! Jeanne!.. j’ai bien peur que nous n’habitions pas long-temps ce pavillon où madame d’Argens nous a loges. . .
jeanne. Il est certain que I* temps sc brouille de tous les côtés.
Michel. M. Arthur est allé au village voisin chercher ses pistolets.
jeanne. Tiens!., et pour qui, qu’il est allé chercher ça ?
MiciiiiL. Pour sc battre ce soiravec M. de Lussan qui n imaginé ce complot... Je lui ai porté le cartel.
JEANNE. Le cartel !. . c'était donc le p’til morceau J' papier que M. de Lussan lisait tout-é-rheurc ? . il n’y a pas de danger de c* côté là. . . M. d* Lussan dit qtlC I’ soufflet de m’sieur Antoinus, ça n* prouve rien... et qu’avant des’ battre avec m 'sieur Arthur, il veut être ben sûr qu’il n’est pus sourd-muet!., parc* que sans ça tout le moud’ lui jet’rail la pierre, s’il venait à blesser ou é tuerc’ pauvre jeune homme...
enfin, voici ce qu’ils vont faire pour savoir la vérité.
Michel. Quoi donc?
jeanne. Quand M. Arthur sera rentré ici, et qu’il s’ra tout seul, ils crieront :
* Au feu! au feu ! M. Arthur ! le feu est au
• pavillon! • Vous sentez que s’il n’ouvre pas la porte ù ce bruit-là, c’est qu'il est soutd-muel! El m’sieur de Lussan a juré qu’alors il ne sc battrait pas avec lui... C’est un bon humain dans V fond que m’sieur de Lussan.
Michel. Oh! Jeanne, que tu es une bonne fille! ce que tu viens de m’apprendre me tire d’une grande inquiétude! il n’y a pas de risque que je prévienne mon maître de ce complot là !. .
jeanne. Mais, c’est pas pour vous dire ça que j’suis venu... j* n'ai fait que profiter d’ l’occasion, parc’ que la langu’ me démangeait.. .
Michel. Qu’y a-t-il donc encore?
jeannc, mystérieusement . Y a.. . que quelqu’un voudrait voir monsieur Arthur en secret... c’est la dame de c’ malin... vous savez?., mamzcir Valcntine?
Michel. Mademoiselle Yalentinc!
jeanne. Oui, celte amie d’ madame...
Lue colonne de ITIe de France...
miciiel, avec intérêt. L’Ile de France?. .
serait-ce donc bien elle que j'aurais vue é la colonie ?..
jeanne. vivement, montrant la petite porte d droite. Elle viendra par cctt'petit* porte... qui doun’sur un escalier dérobé.
Michel. Soyez tranquille... aussitôt qu’il sera rentré... je lui annoncerai que cette demoiselle veut l’entretenir en secret...
Jeanne. Comment donc allez-vous lui dire ça !..
eichel. Par signes!.
jeanne. Dieu! que j* voudrais savoir parler cumin’ vous!.. Montrez -moi donc comme on dit : j’ vous aime!
Michel. Très-volontiers. C’est tout simple ! .
Il met la main sur son cœur.
jeanne. Tiens, mais j’parle muet avec Thibaut! et comment dît-on : vous êtes laid , j 'peux pas vous souffrir!
michel. Comme cela...
Il promine sa main autour de la figure de
Jeanne in faisant une grimace , puis il rtcule en faisant un geste de dlgoût .
jearse. Bon ! bon ! j’sais ben è qui j’dirai ça.