LA VENTILATION
animales produites par les êtres vivants, et qui manifestent leur présence dans l'air confiné par une odeur particulière, désagréable, même quand il s’agit d'individus sains.
Le moyen le plus efficace d'éviter ces inconvénients, c’est l'emploi d’un bon système de ventilation.
Deux à trois millièmes d’acide carbonique, et sept grammes de vapeur d’eau par mètre cube, sont les limites que l’altération de l'air ne doit pas dépasser. Des expériences ont prouvé qu’en fournissant à une réunion de personnes en santé, vingt mètres cubes d'air par heure et par individu, on satisfait complétement à toutes les exigences d’une bonne hygiène. Mais, combien peu de lieux publics présentent ces conditions hygiéniques! Qu'on songe à nos salles de spectacle, aux ateliers de beaucoup d'industries, aux salles d'hôpital! On verra avec quelle négligence les architectes ont prévu la nécessité de renouveler l'atmosphère de ces lieux de réunion.
Il ya, dans l’histoire de l'adoption générale des moyens de ventilation, une circonstance bien singulière et qui mérite d’être signalée ici. Ce n’est point pour le public des théâtres, pour les ouvriers des fabriques, pour les malades des hôpitaux, qu’on a songé pour la première fois à établir un système de ventilation destiné à renouveler l’atmosphère altérée; c’est. pour les vers à soie! La ventilation fut employée d’abord dans les magnaneries, dans un but d'intérêt privé; elle produisit d'excellents résultats sur l'éducation des chambrées de ces insectes, et c’est à la suite de la constatation de ce fait que la ventilation fut réclamée pour des réunions d'hommes.
Les premiers essais d’un système de ventilation ont eu lieu en Angleterre, pour la Chambre des Lords et celle des Gommunes. En France, la ventilation fut appliquée pour la première fois, au palais de la Chambre des Pairs. Depuis cette époque, les hôpitaux et les théâtres ont songé, avec plus ou moins d’empressement et de succès, à réaliser ce précieux système.
Il y a deux manières de provoquer la ventilation d’une salle : | par un appel d’air, que l'on provoque au moyen d’un foyer placé à la partie supérieure de la salle, ou par l'injection dans l’intérieur de cette salle, d’un volume d’air frais pris au dehors et
poussé dans la salle par un moyen mécanique, tel qu’une machine soufflante ou une aile d’hélice en métal, animée d’un mouvement de rotation.
Le meilleur système de ventilation consiste dans l'emploi d'un agent d’impulsion mécanique qui lance de l'air dans la salle. Pour donner une idée de ce système, nous ferons connaître celui qui a été adopté il y a peu d’années, et qui fonctionne à l'hôpital Lariboisière, à Paris, cet hôpital modèle dont la distribution intérieure est justement renommée.
Une machine à vapeur, placée dans une cave, à l'extrémité de l'hôpital, met en mouvement une hélice métallique : c’est une espèce de moulinet formé de deux ailes, que l’on fait tourner au moyen d’une petite machine à vapeur, ou d’une force motrice quelconque, à l’entrée du tuyau de distribution de l'air. Ce moulinet, en tournant sur son axe, attire d’un côté l'air, qu'il puise au sommet de l'édifice, et le pousse, de l’autre côté, dans un large tuyau, qui va le porter et le distribuer aux différentes salles à ventiler. Mais avant de se mélanger à l’atmosphère de l'enceinte, cet air parcourt un conduit situé sur la ligne médiane de l'édifice, et s’échauffe au contact des tuyaux du calorifère de l'hôpital. L'air, ainsi échauffé sur son passage, monte à la partie supérieure de la salle, s'étend en nappe, et descend ensuite, poussé par derrière par de nouvelles couches qui le suivent et le remplacent. Descendu à la partie inférieure de la salle, il s'engage dans les conduits de sortie qui règnent dans les murs, et se rend dans une vaste cheminée placée à la partie supérieure du comble de l'hôpital, d’où il s'échappe au dehors. L'air qui pénètre dans la salle y arrive par la partie supérieure, et, comme il en sort par les parois latérales, après avoir parcouru le trajet que nous avons indiqué, il est bien forcé de changer continuellement et complétement l’atmosphère de l’enceinte.
Tel est le système de ventilation le plus simple et le plus efficace que l’on connaisse.
La ventilation est indispensable dans les lieux de réunion publique, comme les salles de théâtre, les prisons, les assemblées, les hôpitaux. On a moins à s’en préoccuper dans les appartements et les pièces d’une maison, qui ne reçoivent qu’un