CRIS
J’achète à 520 ! à 520 ! Je vends à 525 ! à 530 ! — A moi ! — •«*
Je prends! — Moi, moi, moi! (Grande agitation dans les groupes; les uns échangent des titres contre de l’argent, les autres signent des marchés à la porte des boutiques.)
DE VERGENNES
C’est dit, mon cher d’Escars, je te prends tes actions, livrables dans huit jours.
d’escars.
A 530 livres?
DE VERGENNES
Sans doute; écrivons notre marché; mais ou?., toutes les boutiques sont envahies...
LE BOSSU
Vous faut-il un pupitre, mes gentilshommes, avec tout ce qui est nécessaire pour écrire?
22 LE SAVETIER DE LA RUE UtîlNCAMPOIX.
d’escars.
Oui; mais où trouverez-vous?...
LE BOSSU
Voilà le papier, la plume et l’encre.
DE VERGENNES
Fort bien ; et le pupitre ?
LE BOSSU, tendant son dos.
Voilà le pupitre.
DE VERGENNES
A merveille ! (Il écrit sur le dos du bossu.)
LE BOSSU
Merci, merci, mes gentilshommes ! Allons, allons, que la Banque des Indes dure encore quelque temps, et ma fortune est faite.
DE MARSY, entrant.
Ah! ah! je vous prends en flagrant délit, Messieurs! Nous, des gentilshommes, vous spéculez comme des croquants!
• DE VERGENNES
Et que ferions-nous ici, dans la rue Quincampoix? d’escars.
Qu’y viens-tu faire toi-même?
DE MARSY
Certes, je ne viens pàs spéculer. Qui jouerait contre moi? tout Paris sait que je suis ruiné.
d’escars.
Qui t’amène, alors?
DE VERGENNES
Je le sais, moi.
DE MARSY
Toi?
DE VERGENNES
11 s’agit de deux beaux yeux dont tu es épris, de Marsy.
Bah! tu es fou !
d’escars.
Et de qui diantre est-il amoureux? Eh! mais, serait-ce de notre jolie Flora qui vient là?
DE MARSY
Avec Zerline et Mariette !