ACTE II, SCÈNE XI
BERLINGUET, entrant.
Patron, y a un point à faire au soulier de mademoiselle Geneviève.
PAPILLON
Donne-moi ça bien vite ! au soulier de Geneviève?
BERLINGUET.
Ça vous fait plaisir, pas vrai? c’est bien pour ca que j’ai pas voulu le faire moi-même.
PAPILLON
Tu sais doue combien que je l’aime, dis, Berlinguet?
BE RL INGUET.
Dame! n’étautni aveugle ni sourd... mais, c’est égal, patrou, y a une chose qui me chiffonne.
PAPILLON
Ah!
BERLINGUET.
Pourquoi que vous n’embrassez j’amais votre fille?
Comment! pourquoi?., qu’est-ce qui t’a dit c’te bètise-là?
BERLINGUET.
Ah! permettez, patron... n’étant ni sourd ni aveugle!., et je vous assure que ceux qui ne vous connaîtraient pas, vous croiraient quasiment mauvais père... ’
PAPILLON
Mauvais pour elle, moi ?
BERLINGUET.
Non, puisque vous faites tout pour la rendre heureuse... le matiu vous vous informez bien vite de sa santé... mais... vous ue l’embrassez pas... dans le jour vous lui apportez tout triomphant de jolis afüquets comme ce matin, mais vous ne l’embrassez pas... le soir vous lui souhaitez une bonne nuit avec une voix qui vient du cœur, vous la suivez des yeux jusqu’au dernier moment quand elle remonte dans sa petite chambre, mais... vous ne l’einbrassez pas...
PAPILLON
Tu m’embètes, toi... J’ suis père à ma manière, voilà
tout.
BERLINGUET.
Chacun a son idée; moi, à votre place, je n’aurais peutêtre pas tant de petits soins; mais je l’embrasserais du matin au soir... *
PAPILLON, furieux, levant sou tire-pied.
Tu l’embrasserais,' toi!..
BERLINGUET, effraye.
Si... si j’étais son père...
PAPILLON, se rasseyant.
Ah ! alors... je n’aurais rien à dire... Va rendre cela à Geneviève. *
BERL1NGUET.
Oui, patron... si j’étais son père.