ACTE If, SCÈNE XII
LOUVARD
C’est tout ce que je désire savoir sur elle...
Ah!
PAPILLON, respirant.
LOUVARD
Revenons à vous...
PAPILLON
Ali ! sur moi... Tout ce que vous voudrez.
LOUVARD
Vous êtes fils de Jean Papillon et de Jacqueline Touquet, n’est-ce pas ?
PAPILLON, tristement.
Oui, Monsieur, des braves cœurs qui sont partis trop tôt.
LOUVARD
Vous les avez perdus quand vous étiez tout jeune.
PAPILLON
C’est vrai.
LOUVARD
Quand vous aviez douze ans ; car, vous êtes né en 1687.
PAPILLON, tristement.
Oui... oui...
LOUVARD, avec ironie.
En sorte que vous qui paraissez avoir trente-huit ou quarante ans... vous n’en avez réellement que trente?
PAPILLON, distrait.
Oui... que trente... (Relevant tout à coup la tète.) Ah çà ! qu’estce que vous me voulez, vous, à la fin ?
LOUVARD
Rien, monsieur Papillon ; mademoiselle Geneviève à dixhuit ans, vous en avez trente-deux ; vous étiez père à quatorze ans, vous étiez un peu jeune, monsieur Papillon.
PAPILLON
Possible, mais c’est moi qui vas vous interroger à mon tour, et vous allez me dire...
LOUVARD
Rien pour le moment, je sais tout ce que je voulais savoir, et je me retire...
PAPILLON, le retenant un instant.
Je vous dis que vous parlerez!
LOUVARD
Bah ! vous ne voulez pas plu3 d’esclandre, à propos de la naissance de mademoiselle Geneviève, que je n’en veux moimême... Je suis physionomiste; j’ai parié que vous vous faisiez plus vieux que vous n’êtes, que vous étiez trop jeune pour être son père; j’ai gagné mon pari, et j’ai l’honneur de vous saluer, (il s’éloigne.)
PAPILLON, qui est reste stupéfait.
Sou pari!.. C’est pas ça, il y a autre chose.
40 LE SAVETIEH DE LA HUE (JUINCAMPOIX.