SCÈNE IV
BERLINGUET, puis BERNARD.
BERLINGUET.
Tiens! est-il drôle, donc!... 11 avait mis ses beaux effets pour rester chez lui, et il remet son tabellier pour sortir?... Décidément, il est un peu timbré c’ matin, 1’ patron.
BERNARD, entrant.
Berlinguet !.. Papillon est-il là ?
BERLINGUET.
Non, monsieur Bernard, non... il vient de sortir.
BERNARD
Ah ! quel coup !... mon ami !... Quel coup de filet!..
BERLINGUET.
Un coup de filet?... Vous venez de la pêche, monsieur Bernard ?
BERNARD
Une fortune!., petit... une fortune que je lui apporte, en échange de l’argeut qu’il m’a confié.
BERLINGUET.
Une fortune!..
BERNARD
En une heure, mon ami, en une heure, les actions de la première émission viennent de décupler à l’annonce subite que les nouvelles actions seraient souscrites, de préférence et avant tous autres, par les porteurs des anciennes.
BERLINGUET.
Ah! on a annoncé ca comme cela?
BERNARD
Oui... à raison de cinq pour une... Tu comprends?
berlinguet.
Parfaitement...
BERNARD
C’est une rage... une fureur... Tout le monde en Veut... et bien m’en a pris d’avoir acheté dès ce matin.
BERLINGUET.
Je crois bien... je crois bien !.. Alors, maintenant, le patron possède?
BERNARD
Ma foi... à cinq mille livres les actions qui en valaient ce matin cinq cents. . . Car, pour les relever d’autant mieux, on les avait fait à dessein tomber au pair...
BERLINGUET.
Au père qui ?
bernard.
Allons, tu deviens donc fou?.. Mais c’est tout simple, ton maître vient de gagner trois ou quatre cent mille liVfës.