SCÈNE IV
PAPILLON, MADAME DE FERRIÈRES
MADAME DE FERRIÈRES
Vous avez désiré me parler, mon ami ? J’arrive en toute hâte, qu’y a-t-il ?
Eh bien. Madame, il faut de l’énergie, du courage pour apprendre ça...
MADAME DE FERRIÈRES
Mon Dieu !... vous m’effrayez!... il est arrivé quelque chose à Geneviève?...
PAPILLON
Non, mais il y a un danger qui la menace...
MADAME DE FERRIÈRES
Un danger ?
FAP1LLON.
D’abord, Madame... le père existe...
MADAME DE FERRIÈRES
Sou père!...
# PAPILLON
Oui, Madame... M. le comte d’Aurillac!
MADAME DE FERRIÈRES
C’est impossible !... le bruit de sa mort s’est répandu jusqu’ici... et ce n’est qu’à cette funeste nouvelle que j’ai cédé à la volonté de mon père en épousant M. de Ferrières.
PAPILLON
La nouvelle était fausse... le comte est ici... et je l’ai vu aujourd’hui... ce matin ; il m’a apporté toutes les preuves... • C’est bien le comte d’Aurillac.... c’est bien le père de Geneviève...
Mon Dieu ! est-ce possible ! Il vit, lui, lui, Georges !...
PAPILLON
Et... il faut le voir... lui parler, Madame, car il veut disposer de la main de sa fille, et c’est au chevalier de Marsy, à un débauché, à un homme perdu de dettes, à un misérable, enfin, qu’elle méprise, que le comte veut marier Geneviève.
MADAME DE FERRIÈRES
C’est impossible... Georges n’a pu faire un pareil choix; il est incapable de vouloir le malheur de son enfant... Georges est un honnête homme...
PAPILLON
Il l’était peut-être il y a quinze ans, (a part ) mais faut croire que les voyages l’ont bien changé...
MADAME DE FERRIÈRES. I
11 est victime d’une erreur...
PAPILLON
Eh ben. Madame, s’il en est ainsi... il faut que ce soit vousmême qui le détrompiez... car moi je ne peux plus rien...
MADAME DE FERRIÈRES
Mon Dieu !... que faire ?