CONCERTS-MUSARD
M. DE Besselièvre, directeur.
M. Alfred MusARD, chef d* orchestre.
Salle d'été en plein air aux Champs-Elysées.. Société brillante et très j)eu mélangée. Les |lorettes semblent fuir ce lieu que fn'-quente la bonne compa-
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gnie. Vous pouvez en toute sûreté conduire votre sœur, votre fille ou votre femme dans ce lieu aéré, cliarmant et parfumé; mais je supplie M. Musard de jouer un peu moins de quadrilles et de polkas, et beaucoup plus de vraie musique» Il serait si facile à M. Musard de faire exécuter par l'excellent orchestre qu'il dirige, quelques-unes de nos bonnes et classiques ouvertures, au lieu de nous servir à perpétuité les rengaines qu'il nous donne tous les soirs. Croyez-vous que l'ouverture des Noces de Figaro, ô'Idoménée, la Gazza, la marche de Faust, la kermesse du même opéra, la valse ravissante du second acte, ou bien cinquante miorceaux choisis dans cinquante de nos bons opéras, ne vaudraient pas mieux que ces musiques infernales et stupides, bonnes à faire danser des ours ? M. Musard et M. de Besselièvre sont trop intelligents pour ne pas admettre et même accueillir l'observation que nous leur adressons. Un peu plus de musique, et un peu moins de polkas !
Cela était bon au temps où ces dames venaient ba« layer de leurs crinolines envahissantes les lieux enchantés ou perche Musard ! Cela était bon quand cette jeunesse soi-disant dorée, qui piaffe sur le bitume du boulevard de Gand, venait en mesure escorter ces dames, et les ramener du concert au bois, et du bois chez eux I Mais aujourd'hui qu'un vrai public, un honnête public a remplacé ce monde interlope, un
peu de vraie musique ne ferait pas de mal, et je crois que personne ne trouverait à s'en plaindre.