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subir... etc. Vous m'offrez telle faveur, daignez l'appliquer à mon pauvre frère, et l'accepter comme satisfaction de sa dette envers vous.” — Le père se laisse fléchir, il pardonne à l'aîné, et accepte la satisfaction qu'on lui propose. Ce père, ici encore, fait preuve de clémence et d’indulgence. Mais dans le cas présent, le jeune fils a gagné l'indulgence, non pour lui, mais pour son frère. On voit, d'après ce que nous venons de dire, qu’on peut gagner l'indulgence pour soi-même ou pour les autres.
Il ne faudrait cependant pas conclure de cet exemple, que l’on peut gagner une indulgence pour un autre fidèle. L'Eglise ne nous permet en effet d'appliquer des indulgences qu'aux âmes du purgatoire.
Définition de l’indulgence. —" Une indulgence est la rémission, totale ou partielle, des peines temporelles dues aux péchés déjà pardonnés quant à l'offense et à la peine éternelle, rémission que l'Eglise accorde en dehors du tribunal de la pénitence par l'application des mérites surabondants de Notre- Seigneur Fésus-Christ, de la très sainte Vierge et des Saints (1).
(1) Beringer, Traité des Indulgences, tome 1, page 2.
Afin de mieux comprendre cette définition, il faut avant tout remarquer que tout péché (le péché mortel aussi bien que le péché véniel) produit dans l’âme deux effets désastreux, la coulpe et la peine. La coulpe ou l'offense, c'est l'injure faite à Dieu. La peine, c’est le châtiment encouru à cause du péché. La peine du péché mortel, c'est la réprobation éternelle. La peine du péché véniel, c'est un châtiment temporel, c'est-à-dire, qui ne dure qu’un temps, à subir en ce monde ou en l’autre.
Or il arrive souvent qu'après le pardon du péché, il nous reste une peine à expier en ce monde ou dans le purgatoire, Nous en avons un exemple dans les enfants d'Israël coupables de murmure et de révolte contre Moïse et Aaron. Après leurs péchés, Moïse supplia le Seigneur de leur faire grâce et il obtint leur pardon quant à la coulpe, mais non quant à la peine, c’est-à-dire, que Dieu consentit à renouer le lien d'amitié qu'ils avaient brisé eux-mêmes par leurs péchés, maïs ils décida de leur infliger une pénitence. Eh bien ! l'exemption ou la rémission de cette peine temporelle, c'est ce qu'obtient l’indulgence. Ainsi les Israélites subirent le châtiment temporel qui fut de ne
pas entrer dans la Terre-Promise. Si Moïse avait obtenu de Dieu la faveur de faire entrer ces pécheurs repentants dans la Terre-Promise, il aurait gagné l'indulgence pour eux, c'est-à-dire, la rémission de la peine temporelle due à leurs péchés pardonnés.
Espèces d'indulgences. — 11 y a deux sortes d’indulgences, savoir: l’indulgence plénière, et l'indulgence partielle ou non plénière.
L'indulgence plénière est celle qui remet toute la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnés. Celui qui meurt après avoir gagné une indulgence plénière entre au ciel, sans passer par le feu du purgatoire, eût-il demeuré toute sa vie dans l’état de péché.
L'indulgence partielle est celle qui remet une partie des peines temporelles dues aux péchés déjà pardonnés. Par exemple, une indulgence de cent jours, d’un an, de sept ans et sept quarantaines, etc. etc. Il faut remarquer que ces expressions de cent jours, de sept ans et sept quarantaines, etc., ne signifient pas cent jours, sept ans et sept quarantaines passés dans le purgatoire:
mais elles veulent dire que celui qui gagne
net és rès tre ire,
de
. ces indulgences partielles, obtient la rémis-
sion d'une peine temporelle égale à celle qu'il aurait subie ici-bas, s’il avait accompli pendant cent jours, sept ans et sept carêmes, etc., l’une des anciennes pénitences canoniques. Ainsi, autrefois, l'Eglise imposait cinq années de pénitence à celui qui avait consulté les devins. Supposons qu’un fidèle consulte aujourd'hui Satan par un moyen quelconque, table tournante, planchette, médium, etc. etc. Si après s'être confessé et avoir obtenu le pardon de son péché quant à la coulpe seulement, ce fidèle gagnait une indulgence de cinq ans, il pourrait espérer avoir obtenu la rémission de la peine temporelle due à ce péché déjà pardonné.
Four pour lequel une indulgence est accordée. — Quelques indulgences ne sont pas accordées pour un jour déterminé, mais, par exemple, une fois par semaine, ou bien une fois par mois, etc., etc., dans ces cas, chacun est libre de les gagner au jour qui lui convient. Il n’en est pas de même lorsqu'une indulgence est accordée pour un dimanche; un vendredi, ou pour une date déterminée. Dans ces divers cas, on ne peut la gagner qu’au jour fixé, à
moins qu'elle n'ait été légitimement remise à un autre jour par l'autorité compétente.
Lorsqu'une indulgence est accordée pour une fête et son octave, on ne peut la gagner qu'une seule fois, mais on est libre de choisir la fête même, ou l'un des jours de l'octave. Lorsqu'elle est accordée pour une fête, on ne la gagne qu'en ce jour, quand même cette fête aurait une octave.
Indulgence transférée. — Si une fête, perpétuellement empêchée en son jour, est définitivement fixée à ur: autre jour, les indulgences accordées en considération de cette fête, sont remises avec elle, et ne peuvent plus se gagner à l’ancien jour.
Lorsque la solennité d’une fâte est transférée à un dimanche, les indulgences accordées aux fidèles (non celles accordées aux religieux) sont aussi transférées, et ne peuvent être gagnées que le jour même de cette solennité De même, lorsqu'une indulgence a été accordée pour une fête et son octave, on peut croire que dans le cas d'une solennité remise, on peut gagner cette indulgence pendant les huit jours qui suivent la solennité. Mais une indulgence n'est pas transférée lorsque la messe et l'office seuls sont transférés, par exemple à
cause d’une fête supérieure ou d’une octave privilégiée, etc.
Conditions générales pour gagner les indulgences. — Ces conditions sont:
1° L'état de grâce: au moins lorsqu'on accomplit la dernière des œuvres ou conditions prescrites pour gagner l’indulgence.
2° L'intention : l'intention actuelle de gagner l'indulgence, quoique préférable, n’est pas nécessaire ; l'intention viréuelle ou habituelle qu'on a eue précédemment et qui n'a pas été révoquée, suffit. Il est bon d’avoir, chaque matin, l'intention de gagner toutes les indulgences qui se rencontreront dans la journée.
3° L'accompilissement exact des conditions :
‘si, par suite d’un obstacle insurmontable, ou par erreur, on omet en tout ou en grande partie une œuvre prescrite, ou l’une des conditions déterminées de temps, de lieu, etc., on ne gagne pas l’indulgence.
Les conditions spéciales aux indulgences plénières sont fougours: le détachement de tout péché, et ordinairement la confession, la communion, la visite d’une église et une prière aux intentions du Souverain Pontife.
1° La détestation de tout péché. — La condition la plus importante pour gagner
une indulgence plénière, est un détachement parfait de toute affection au péché même véniel. Cette condition est absolument nécessaire. Avec la moindre attache à un péché véniel, si petit soit-il, on ne peut gagner en entier une indulgence plénière. Remarquez que nous disons ex entier, car on peut la gagner en partie; elle se transforme alors en une riche indulgence partielle, qui s'étend à tous les péchés dont on a obtenu la rémission.
2° La confession. — La plupart des indulgences plénières exigent la confession, et dans ce cas, il faut absolument se confesser, quand même on aurait pas commis de faute grave depuis sa dernière confession.
Par un privilège commun à tous les pays, la confession sert à gagner les indulgences pendant deux jours; le jour de la confession et le lendemain. En vertu d’un autre privilège plus étendu, les fidèles, qui ont la pieuse habitude de se confesser tous les huit jours, c’est-à-dire, après sept jours révolus, tous les samedis par exemple, ces fidèles, disons-nous, peuvent gagner toutes les indulgences qui se rencontrent d’une confession à l’autre.
Quand on se confesse, il est prudent
d'avoir l'intention de gagner toutes les indulgences qui se présenteront jusqu’à la cotfession suivante.
3° La communion. — La communion ne pouvant être renouvelée le même jour, sert à gagner plusieurs indulgences. Elle compte pour le jour même et pour le lendemain.
4° La visite d'une église ou d'un oratoire public. — La visite requise est l'entrée dans une église ou chapelle publique par un motif de foi, et avec l'intention formelle d'y adorer Dieu ou de le vénérer dans un de ses saints.
La visite n’est nécessaire que lorsqu'elle est expressément exigée. Quand on fait plusieurs visites de suite, il faut réellement sortir de l’église, et y rentrer avec l’intention de répéter la visite et les prières si elles sont prescrites. Le séjour que l'on fait à l'église pour se confesser ou communier, peut être offert pour une visite.
5° Les prières aux intentions du Souverain Pontife. — De pieuses prières sont généralement requises, pour gagner les indulgences plénières. Le plus souvent, ces prières ne sont pas spécifiées. Dans ces cas, il suffit certainement de réciter cinq
palter et cinq ave ou des prières équivalentes, aux intentions du Souverain Pontife. Ces prières doivent absolument être faites de bouche, et non pas seulement du cœur; de plus, ces prières doivent être répétées, pour chaque indulgence qui les exige. On peut les réciter en toute langue, et alternativement avec d'autres personnes, comme on récite le chapelet ou l’Angelus.