‹ Le scepticisme. Aenésidème, Pascal, Kant: Études pour servir à l'histoireChapitre 3 sur 47 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

bien des plaies intellectuelles ; c'était surtout de donner aux esprits, comme conclusion efficace de. cet examen critique, une impulsion vigoureuse à la recherche spéculative du vrai et du bien. Il voyait là le remède du mal. Je me souviens que dans une de ces conversations où il livrait volontiers sa pensée et qu'un de ses confidents les plus aimés a finement caractérisées ^ il me disait : tt Lorsqu'on 1834, Jouffroy traitait du scepticisme actuel, il expliquait par le scepticisme religieux rabaissement des caractères, le retour au matérialisme, le goût des révolutions, la caducité des popularités; et il avait raison. Mais il y a dans ce tableau et dans cette analogie un trait qui me paraît peu exact. Jouffroy prétend que la conviction où nous sommes de l'absurdité des vieilles croyances et des vieilles formes politiques et sociales nous conduit au mépris du passé, à Fignorance de l'histoire. Cela n'est pas exact. Noire siècle n'est pas un siècle d'ignorance et d'incuriosité historiques. Au contraire, nous aimons l'histoire, nous y excellons. Mais ce qui nous manque, c'est le goût de la vérité éternelle et absolue ; c'est la force de juger, c'est le critérium ; c'est le choix viril à faire entre le vrai et le faux : de là l'absence de caractère, parce que,

1 Voyez, dans les Discours prononcés aux funérailles de M, Emile Saissctj le discours de M. Janet. — Brocliure in-8, impr. Bourdirr. Paris, 1863,

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