‹ Le scepticisme de PascalChapitre 23 sur 38 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

£NÉSIDiHE DISCIFLB D'HÉHACUTE.

Lorsqu'on recueille les témoignages que l'antiquité nous a laissés sur ^nésidème, et qu'on en rapproche les fragments ôpars de ses écrits, on est frappé dn contraste singulier qui se révèle daos le caractère de ces divers documents. En examinant la plupart d'entre eux, on y découvre le développement régulier d'un scepticisme fortement conçu et dont la rigueur le dispute k la hardiesse. Mais si l'on tourne les yeux vers de certains textes qui, pour être moins nombreux que les antres, n'en sont pas moins authentiques, on se trouve brusquement jeté dans un ordre d'idées tout nouveau. Ce n'est plus au scepticisme qu'on a affaire, mais à un dogmatisme très-net, très-arrêté et j'ajoute, très-exclusif. Au lieu d'arguments contre le critérium de la vérité, les signes, les causes, on rencontre des affirmations tranchantes sur le principe aniversel, le temps,

LE SCEPTlCrSHE D'iENËSIDËHE. 30G

le monTement. On vient de laisser ^nésidéme occupé â reconstituer l'école pyrrhonienne; le voici maintenant qui entreprend de rajeunir un de ces antiqnes systèmes qui semblaient avoir péri pour jamais avec l'école d'Ionie. L'héritier de Pyrrhon a disparu pour céder la place au disciple d'Heraclite.

Si l'on essaye de se rendre compte de cette singolarilé, la première idée qni vienne à l'esprit , c'est qu'on est dope d'une confusion de personnes, qu'il a sans doute existé {deux ^ï^nésidème, l'un attaché à Théraclitéisme, l'autre au scepticisme universel.

Cette conjecture semble-t-elle arbitraire? Voici une hypothèse qui parait au moins très-spéciense. Le sceptique ^nésidëme vivait k une époque où de toutes pïrts les philosophes revenaient aux anciens systèmes' ; il habitait Alexandrie , ville d'érudition et de critique. N'aura-t-il pas fort bien pu composer un commentaire sur la philosophie d'Heraclite, sans admettre cette philosophie pour son propre compte? Et ces mots queSextns répète en plus d'an endroit, AtvTi(itSiiiJ,oî xaw Hçéû^mt ne sont-ils pas des renvois à ce commentaire '?

Hais supposez enfin que les témoignages historiques

' C'«at à l'époque où Nicolas de Damas, Alexandre d'Ëgé commenlaient Aristole, où Q. Sexlius, Sotion d'Alexandrie, Euienus d'Héraclée renouvelaient le Pylhagorisuie; Thrasylle de Hendes, Flutarque, Albinius et beaucoup d'autres, la doctrine de PlatOD.

' Aiv. Log. p. 20) , c.

Adv. Phys. p. 303, D.

Adv. Phys. f. in. A. — Cf. Hyp. Pyr. 111,17.

Adv. Phys. p. 419, I>.

loe LE SCEPTICISME

forcent de reconnaître qu'.^ôsidème le pyrrhonien a professé ia doctrine d'Heraclite, il te présente une dernière conjecture qui va u>nt concilier et tout expliijuer.

Au débat de sa carrière philosophique , ^nésid^e se jela dans le sensualisme , comme avait fait avant lui Prolagoras , et adopta la doctrine héraclitéenne. Mais tHentôl par une pente natnielle, il glissa du sensualisme an scepticisme , et la rigueur même de son esprit lui fraja la route d'Heraclite à Pyrrhon. C'est ainsi que Pjrrhon lui-même, dans sa jeunesse, lisait arec eothottsiasme les écrits de Dèmocrite, et y poisait k son insu tes germes de sa fameuse èxo^'^- C'est encore ainsi qu'à RU autre âge, David Hume, disciple de Locke, déduisit le scepticisme absolu avec une Tigueur justement célébrée de la doctrine de la sensation.

En général, c'est une loi de l'histoire de la |Ailû80phie que le scepticisme s'y enchaîne au sensualiuoe', comme à un principe, sa conséquence inévitable. La conversion du sectateur d'Heraclite au pyrrhonisme universel est un cas particulier de celte loi.

Voilà, ce semble, une supposition fort admissible. Très-simple et très-raisonnable en elle-même, elle dissipe une contradiction qu'il serait difficile d'attribuer à un esprit que nous connaissons pour conséquent et résolu. EnitQ, elle est confirmée par de nombreuses analogies, et comme protégée par une des lois les mieux établies de l'histoire.

Toutefois, nous pensons qu'en matière de critique, si séduisante que puisse être une conjecture, le respect religieux, des textes doit être la première loi. Or, voici

D'iENtSlDËME. SOT

■ an passage de Sextus ' qui semble bien emporter notre dernière hypothèse avec les deux autres :

« L'école d'^nésidëme * soutient que la doctrine sceptique est no chemin poar aboutir à la philosophie liéracliléenne,paT la raisonqae ce principe, les contraires existent dans le même, -ci tiviv-tia ta?\ tb adnb [mipxÊiv, précède celui-cij les contraires apparaissent dans le même, -A tivoÉv^ xEpt tï ainh çxEvesQxi. Or, les ecepliqnes disent que les contraires apparaissent dans le Htémei et les héraclitéeus qu'ils y exi^rat. n

Il résulte rigoureusement de ce passage et de tout le chapitre qui le suit : 1* qu'.^ésidème le sceptique est le même qui s'attacha à l'héracliléisme, ce qui renverse notre première hypothèse; 2f qu'il n'eu fat pas seulement le commentateur, mais le disciple avoué, ce qui renverse la seconde; 3° enfin, on a conclu aussi de là, qu'jËnésidème , au lieu d'aller d'Heraclite à Pyrrhon , entendait qu'on suivit et avait suivi lui-même la martre contraire, ce qui constitue nne grave exception i la loi générale que nous avons invoquée , et ruine complètement l'hypothèse à laquelle nous nous étions attaché. Aussi Tennemann^ l'a-t-il abandonnée. Slseudlis*, et Buhie' y inclinent, au contraire, fortement. Eittar est indécis'.

» Sext. Hyp. Pyrr. 1,29.

' Je lis avec Fabricius ; AivnuiJniJ.», au lieu de Ovnil^p*.

Ad Sext. I. I.

» Sist. delaPkil.y.Zi, 35,

* Gesckichle und Geist der Seeptic. I, 300 sqq.

* Buhle. Introd. à t'hist. de la philos, mod. I, 369. trad. fr.

* RiU. Hist. de la philos, anc. trad. Tissot. V, p. 323 sqq.

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. Noos ne nous dissimulons pas la portée du témoignage si précis et si net de Sexlus. Mais ne serait-il pas possible d'admettre qu'iEnésidème , après avoir passé en réalité d'Heraclite à Pyrrhon, roulut éviter le reproche de se contredire par un ingénieux subterfuge, en établissant entre le scepticisme et l'héraclitéisme cette espèce de lien logique dont parle Sextus? Après tout, il n'y a pas bien loin de l'un de ces systèmes à -l'autre. Car, qu'est-ce que la doctrine d'Heraclite, sinon une tentative audacieuse pour expliquer l'univers entier par un seul des éléments qui le constituent, l'élément de la mobilité , les phénomènes? Or, les phénomènes, jEnésidème n'hésite pas à les admettre , et il reconnaît môme de certaines lois ' (toutes subjectives à la vérité) qui les enchaînent régulièremenl. Il pouvait donc parler ainsi : — Au fond, rien ne paraît certain ; et le parti le plus sage est de s'abstenir de tout système. Mais s'il fallait en choisir un, celui d'Heraclite devrait avoir la préférence. Que disons-nous en effet, nous pyrrhoniens? Que si la raison fait un pas hors de la conscience, elle trouve partout changement et contradiction. Et que dit Heraclite? Que l'univers est la coexistence et la lutte des contraires; que la loi des choses, c'est le mouvement, dont le feu est le principe et le symbole. Ne sommes-nous pas bien près d'être d'accord?

Je ne donne cette explication que comme une simple conjecture , et je sais qu'une logique exacte ne tirera

» Voir l'opiDion d'^nésidème et de toute l'école sceptique sur les signes, dans notre ch. IT.

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D'^NËSIDËUE. 30»

jamais le dogmatisme du scepticisme. Mais si l'hypothèse où j'incline avec Buhle et StœQdlin n'est pas absolument contraire aa passage de Sextus , il est bon de remarquer qu'elle est tout à fait d'accord avec tous les autres témoignages, et de rappeler encore une fois qu'elle a pour elle de puissantes analogies et une loi fondamentale du déreloppemeot de l'esprit humain.

Du reste, les débris de l'héraclitéisme d'jEnésidème n'ont qu'une importance très-secondaire. Ge sont quelques phrases sans suite, sans portée considérable, et presque sans intérêt. Recueillir et coordonner ces fragments çà et là dispersés , en y ajoutant les remarques nécessaires pour les êclaircir, tel est le seul objet que nous ayons dA nous proposer.

I. On sait que la philosophie d'Heraclite est un panthéisme matérialiste où l'un des éléments de l'univers est considéré comme le principe universel des choses; JSnésidème admettait cette doctrine ' , au témoignage de Sextus :

« L'être, suivant Heraclite, c'est l'air , comme dit j^nésidème. » On pourrait être tenté de lire dans le texte de Sextus mp au lieu de à'^p. Le principe d'Heraclite en eSet, c'est le feu. Mais iiip s'explique trèsbien, si l'on observe que dans la théorie héraclitéenne, l'air est la première des transformations du feu. « nupïx;

» Sest. Adv. Phj/i. 419. D. — Cf. Ibid. 417, A, B. Byp. Pyr.

in, 17.

tlO LE SCEPTICISME

xtX'. »

II. L'essence et la toi du principe universel d'Heraclite, c'est le moaremeDl. ^nésidëme entreprit, à iDe qa'il parait, de ramener les différentes espèces de mouvement à deux espèces fondamentales, en réduisant la classification péripatéticienne^. Aristote comptait six espèces de mouvements :

Le mouvement local ', ■csmx'^Tc^am;.

Le changement, ^i:a6sikfi,

La génération, -{éytm;-

La corruption, fOupi.

L'augmentation, oiï^tin;.

La diminution, jj^ùdHb;.

« Mais, dit Sextus, la plupart des philosophes et parmi eus, les disciples d'jï^nésidème, réduisent tous les mouvements à deux : le premier, c'est le mouvement par changement , ^jiftaSî.tjTix'l; xivijsiç ; le second , c'est le mouvement local, ii£-za.6xti*.ii. Le premier est celui par lequel un corps, en gardant la même essence, reçoit des qualités nouvelles, perdant l'une et gagnant l'autre, par exemple le changement du vin en vinaigre, et l'amertume du raisin changée en douceur, le caméléon qui prend tour à tour diverses .couleurs'* et le

1 Clem. Alex. Strom. V, p. 5S9. — Cf. Laert. IX, 6. — Plut. de plac. pkil. I, 3.

' Au reste, cette réduction n'esi pas nouvelle; elle est d^à dans le Théététe de Platon.

• Arist. Phyt.

Il faut lire avec Fabricius : maiM.r^iiiia.

DjEHësidêhe. m

polype. Or, la géaéralionet la corraplion , l'ai^pHentation et la duoiontion ont sans doate des moaT«Bient8 spéciaux; mais tous se rattachent au raonremeot par changement ; k moins qu'on ne dise qae l'augmentation est une espèce de moarçraent local, comme provenant de l'extension des corps en largeur et longueur. Le mouvement local est celui par leqnet le mobile change Ar lieu soit tout entier, soit en partie; tout entier, comme les corps qui tournent et comme les personnes qui se promènent; en partie, comme la main qui s'étend et se contracte, ou bien comme une sphère qui tourne autour de son centre ' . ■»

m. Les différents mouvements s'opèrent dans le «Bps. Qu'est-ce que le temps? Suivant .£aésidëtae, le temps n'est pas un être disUnct. II ne diffère pas de l'être. C'est l'être en mouvement.

a .£nésidëme a soutenu, d'après Heraclite, que le temps est un corps, parée qu'il ne difTtoe pas de l'éite

• Sext. Adv. Phys. p. 386, E.

Toici la note de Fabricius sur ce passage : ■ Quando porro Sextushoclocoait/ËDesidemum, qui fuil Bc«pticu3, duo gênera motu? reliqaisse, non seusus est eum probasse illa, et vero dari doc'uisse, qui, ut de scepticis etiam notât Laortius (IX, 90], omnena motum vocabat in dubium : sed tantum innuit plura illa apud dogmaticosquosdam ceiebrala gênera motus, ab Mvesidemo es Platonis et alionim dogmaticorum sentenlia esse revocata ad duo quo facilius sub duobus bisce summis generibus, esteras iSMic motiones oppuguaret. ■ Fabric. ad Sext. Âdv. Math. X, 38. — Sans repousser ateolument k conjecture de Fabricius, on peut aussi bien rapporter cette classification des

et du corps premier '. C'est pourquoi dans sa première introduction ", ramenantà six ^ les appellations simples des choses, Tfirftiii;uv-cii(i;inXa<;>iÇ£t;, OU élémeats du discours, il classe le mot temps et le root unïf^daas la catégorie de l'essence. Les grandeurs de temps et les principaux nombres se forment par multiplication. Quant an mot actuellement, vûv, qui est le signe du temps, il n'est comme l'unité rien autre chose que l'essence. Le jour, le mois, l'année sont des multiplications de V actuellement, je veux dire du temps. Les nombres deux, trois, dix, cent, sont des multiplications de l'unité. Ainsi donc, ces philosophes font du temps un corps *. »

IV. À la doctrine panthéiste qui absorbe et confond toates choses dans l'unité d'un seul être, se rapporte également cette opinion d'wËnésidème que Sextus nous a conservée ' sur le tout et la partie :

mouvementsau dogmatisme b^raclitëen d'^Ënésidème, ■ Libenter enim, dit Fabricius lui-même, Heracliti vestigiis insistere £■»• sidemum,quantumvis8cepticum, jamËtËpiu9,etc.>Fab.^(lSeari.

■ a noc est, dit Fabricius, toû di^of. Vide si placet quae ad ' section. 232. > Ad. Sext. X, 216.

■ ^QBsidemi lioa-jaifii nescio an eadem cum ejus wtnx»"*maïquas memorat Aristocles apud Euseb. XIV, 18. • Ad Sext. X, 216. — Voir notre chap, I.

* Qufenam sint reliquœ quatuor res [duas enim hoc loco tantum ex sex illis refert, ifitm et {leigl Ja] quibus simplices ejusmodi appellationes usushominum imposuerit, non memini quis vetenim scriplorum qui esslant, nos doceat. Fab. ad Sext. X, 216.

• Adv. Math. p. 417, A. — Cf. Hyp. Pyrr. DI, 17. » Seul. Adti. Math. p. 363, D.

D'iEHÊSlDÈHE. IIS

a jËnésidëme soutient, d'après Heraclite, que la partie est la même chose que le tout et une chose différente. En effet, l'être est tout et partie à la fois : tout, si l'on considère le monde ; partie, si l'on considère la nature de tel ou tel animal. La partie s'entend aussi de deux façons ; tantût comme différant de la partie proprement dite, comme quand on dit que ta partie est elle-même partie de la partie, par exemple le doigt, de la main; l'oreille, de la tète; tantôt comme étant proprement la partie an tout. C'est en ce sens ' que l'oQ regarde la partie comme composant le tout. »

V. Heraclite ne s'était pas occupé seulement de physique. On trouve dans sa doctrine quelques traces de logique et de psychologie. Il réduisait toutes nos connaissances aux sensations zà niufriiTi, et les divisait en deux séries : celles qui sont communes à tous les étrés sentants, xsivi, et celles qui sont individuelles, tSia. Les premières sont toujours vraies; les secondes peuvent seules nous abuser.

jEuésidème admit et développa sans doute ces principes:

«L'école d'.£Dé8idème, dit Sextns', celle d'Heraclite et celle d'Épicure, penchent toutes trois vers les choses sensibles : elles ne diffèrent que comme des espèces dans un genre commun, ^nésidème établit entre les phénomènes cette différence, que les uns apparaissent

' 3e lis avec Fabricius : iM twiî çaoW xowSî (lo'ptM i""!, au lieu de xatiri Tivi( <pKaiv k«vm< fttftî ([*u, * Adn. Log. p. S22, B.

tl4 LE SCEPTICISME

généralement à tous les hommes, les antres i certains individus seulement. Cenx-tà sont vrais, cens-ci sont trompeurs. Ëpicure ' pense au contraire que toutes les apparences sensibles sont vraies et fondées en réalité. »

Il faut rapprocher de cette indication deux passages de Sextus, qui complètent le peo que nous savons sur fa théorie de la connaissance d'après Heraclite et Mnèsidème.

a La hAvaitt, dit Sextus ', n'est antre chose , suivant quelques philosophes, et Dicéarqae par exemple, qu'une affection du corps. D'autres s'accordent h admettre son existence, mais ils ne la placent pas dans le même lieu; ceux-ci la supposent hors du corps, comme ^nésidème, d'après Heraclite, ceux-là dans tout le corps comme Démocrile... De plus, les uns pensent qu'elle diffère de la sensibilité, les autres que c'est la sensibilité elle-même apercevant les objets par les canaux des sens, comme à travers des ouvertures '. Cette dernière opinion a été professée par Stratou et par jEnésidème. »

Il parait contradictoire que la Siivcia soit donnée dans

' Adv. Log.p. aO(,C.

■ Cf. Cicer. Aead. qtt. IV, IS. — CI. Seit. Adv. Math. p. i7ti, C.

■ Je lis ijtùtn avec Fabricius; lomov est inintelligible.

u Legendum esse ii:m pro Ttlitun, clarum est ex sect. 364, ubi ad bunc tpsum locum noster repetit : xav iuntu^iei Si rnv 9ii- •mtei ktX. Hœc est sententia quam oppugnat Lucretius (III, 360) docentium : Oculos nullam rem cernera posse, Sed per eos animum ut foribus apectare reclusis. Fab. ad Sext. VII, 349. — Cf. Seit. Adv. Math. p. 208, D.

d'j:nësidëhe. :iï

ce passage tantdt comme placée hors da corps, tantôt comme identique à la sensibilité. Mais cette difBcalté disparaîtra, si l'on vent se rappeler qu 'Heraclite séparait nettement ce qu'il appelait la raison générale, de la raison humaine -, la raison générale qni remplit l'uDJTers', la raison humaine qui n'est qu'une étincelle de ce feu divin. Quand il est dit que la Mwta est placée hors du corps, il s*agit de la raison divine, universelle. Quand an contraire elle est assimilée à la sensibilité, il s'agit de la raison humaine qui, entretenue par le feu divin, aperçoit à travers les organes les choses extérieures.

Mais il est inutile de s'appesantir sur l'interprétation de ces témoignages tronqués. L'intérêt et l'honneur de l'entrepriae philosophique d'^né&idéme ne sont point dans ta tentative impuissante de renouveler un système épuisé. Ils sont exclusivement dans leacepticisme hardi, étendu, profond, dont il emprunu la première idée à Pyrrhon, et qu'il légua organisé de toutes pièces à ses successeurs.

Avant d'exposer ce scepticisme, nous avons cru devoir en éclairer l'origine. Notre étude sera complète, si pour en mesurer l'influence , nous le suivons jusque dans ses derniers développements.

' Sexl. AdK. Math. 161 sqq. — Cf. p. 201 C. 272, C.

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