‹ Le Schema Corporel En Pathologie MentaleChapitre 30 sur 36 · AU COURS DU TRAITEMENT PAR L’'ÉLECTRO-CHOC · texte numérisé non relu

AU COURS DU TRAITEMENT PAR L’'ÉLECTRO-CHOC

Nous n’en avons jamais constaté personnellement. Les seules observations existant à notre connaissance sont celles publiées récemment par HÉCAEN et Cou- LONJU et que nous nous permettons de réumer brièvement.

OBSERVATION I

Mme Le F.., vingt-six ans.

Troubles mentaux du type maniaque ayant fait place au bout de quelques jours à un syndrome dépressif.

Dès la troisième séance d’électro-choc, la malade se déclare très améliorée, Après la quatrième séance, elle déclare qu'elle est affectée de troubles particuliers qui se présentent au moment où elle va s'endormir et au réveil. Elle éprouve à ce moment-là, pendant une heure environ, les impressions suivantes qu'elle déclare très désagréables : tout son corps, mais surtout ses mains et ses dents, augmente de volume. Les mains grossissent, gonflent progressivement, deviennent très dures et finissent par atteindre des proportions immenses. Les dents s’allongent et lui paraissent sortir de sa bouche. Ces impressions s’accompagnent d'une certaine anxiété et l'ont amenée à plusieurs reprises à allumer la lumière pour vérifier l'état de ses mains qu'elle voyait alors avec leurs proportions normales. Ces sensations étaient symétriques et intéressaient la moitié supérieure du corps; elles n’appataissaient jamais en dehors des périodes de l'endormissement et du réveil. Après les derniers chocs, ces phénomènes ont progressivement diminué d'intensité pour disparaître totalement quinze jours après le dernier.

Cinq mois après, la malade se plaint de troubles de la mémoire plus prolongés qu'il n'est habituel et d’une hypoacousie bilatérale.

L'examen otologique révèle une légère hyperexcitabilité 1aby-

rinthique. L'examen neurologique pratiqué avant et après les chocs s’est montré négatif.

OBSERVATION II

Mme Le B.., vingt-sept ans.

Insomnie, anorexie, asthénie, hyperémotivité, déséquilibre vago-sympathique.

Examen neurologique et général négatif.

Après le quatrième choc, elle éprouve des impressions qui l'intriguent et qu'elle expose de la façon suivante

« Une demi-heure avant de m'endormir, il m'est venu sur le front une grosse bosse qui grossissait et s’éloignait de la tête, puis tout le front s'éloignait. Quelques instants après, c'était la même chose sur le nez. J'ouvris les yeux et me tâtai le visage à plusieurs reprises. je m'aperçus vite que cela n'existait pas; ces impressions mont duré dix minutes. »

Trois jours après le cinquième choc, elle notait encore « Une heure avant de m'endormir, il se semblait avoir le front très loin de la’ tête, je le voyais même s'éloigner en ayant les yeux fermés, en même temps, je ne sentais plus mes membres, mon corps s'était réduit à une petite boule, j'avais l'impression que la tête touchait l'estomac et en même temps plus de jambes; lorsque j'ouvrais les yeux, je ne voyais ni ne ressentais plus rien. »

Dès qu'elle bougeait, l'impression disparaissait pour revenir dès qu'elle était immobile. Pendant les trois mois qui ont suivi, elle a éprouvé encore, de temps en temps, des sensations de transformation corporelle qui survenaient toujours dans la période d'endormissement.

L'examen neurologique est toujours resté négatif. Il ny a jamais eu de troubles auriculaires subjectifs ni de troubles de l'équilibre.

Il est important de souligner que jamais auparavant ces malades n’avaient présenté des phénomènes de cet ordre, et l'apparition de ceux-ci au cours de la convulsivothérapie, comme leur disparition après cessation du traitement, permet sans doute d’en rendre les chocs responsables; les sujets n'avaient en outre

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