Will, p. 946 (36 et suiv
Léon IX, «entièrement Romain ! ». De plus, ces légats étaient accrédités auprès de l'empereur seul et non auprès du patriarche *. Dans sa lettre à Michel Cerularius, le pape ne faisait même pas une allusion à leur voyage.
Les lettres du pape sont datées de janvier 1054 ?. Ce fut probablement à cette époque que les légats partirent de Bénévent où résidait encore le pape. Sur leur route, ils s'arrttèrent au monastère du Mont Cassin et se recommandèrent aux prières des moines *. Ils étaient déjà arrivés à Constantinople au moment de la mortdu pape quisurvint le 19 avril®. Sur leur réception tous les témoignages sont unanimes; l'empereur voulut qu'elle fût magnifique. « Il leur rendit de grands honneurs, dit le chroniqueur Léon d'Ostie, et les retint plusieurs jours dans son palais %, » En réalité, ils ne furent pas logés à Constantinople même, mais dans un palais impérial situé hors de la ville et qui servait de maison de plaisance aux empereurs, le palais de la Source ou « palais Pigi” ». Peut-être l'empereur prenait-il ainsi une précaution contre les entreprises possibles de son patriarche.
Les premiers rapports que Michel Cerularius eut avec les légats permirent, d'ailleurs, de voir que l'on était bien éloigné de cette concorde vantée par la phraséologie officielle. Dans sa première lettre à Pierre d’Antioche, le patriarche de Constantinople aflirme qu'il assista à la première entrevue entre l'empereur et les légats : il fut frappé d’abord de leur vio-
4. Lettre à Constantin IX (Will, pp. 89 4-42 b, 1-2) :« Porro ex Amalfltano episcopo nulla tibi Ï omanus est omnino et ab Amalfitano discedens, familiariter nobiscum vivit jam pene anno integro. »
2. Id, p. 89 (2-7): « Hine jam tuæ gloriæ præsentes filios nostros S. Rom. et Apost. | Sedis nuntios per omnia commendamus quatenus ut decet liberaliter suscipiantur, reverenter habeantur, benigne et honeste tractentur. »