IV. — l’excommunication
En face de cette attaque ouverte, Michel Cerularius adopta la tactique qui conveqait le mieux à son caractère, celle de l'abstention. A toutes les ouvertures et les avances des légats, il répondit par des fins de non-recevoir *. Il se renferma dans le silence et affecta de croire que les envoyés du Saint-Siège n’avaient pas de pouvoirs nécessaires pour traiter avec lui. Le pape Léon IX était mort depuis le 19 avril. La nouvelle de cette mort était connue à Constantinople, comme le prouve la première lettre de Michel Cerularius à Pierre d’Antioche 1 2. Or, le Saint-Siège resta vacant pendant un an, puisque Victor II ne fut élu pape qu’en avril 1055 3. Les légats n’en continuèrent pas moins à agir contre le patriarche; mais il est évident que leur situation était bien moins favorable qu’auparavant et que les motifs allégués par Michel Cerularius pour refuser de s’entretenir avec eux pouvaient paraître plausibles à l’Eglise grecque. Il n’était pas, en effet, indifférent au patriarche de Constantinople de mettre de son côté les autres évêques d’Orient. Suivant l’exemple de Photius, il songea à chercher en eux des alliés contre la cour de Rome ; mais il avait été devancé dans cette voie et il en acquit bientôt la certitude après que le duc d’Antioche,
1. Commemoratio brevis (Will, p. 151 b, m) : « Tandem Michaele præsentiam eorum et colloquium devitante atque in stultitia sua perseverante... »
2. Première lettre à Pierre d’Antioche, Will, p. 174 a (16). Michel y parle de la science du pape défunt : « ToO vüv T£XeuTf,aav-ro<; itâ-rca. »
3. Baronius, Annales , 1054-1055. Voiries sources dans J allé , 1,549.