Id., p. 207 (iv
7. Id., p. 208 (9-11) : « Si ergo infermentati panis oblatio corpus Christi non est, omnes nos aliqui surnus a vita. »
LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES
d’injures. Il vous tient pour orthodoxes et du même avis que nous » en ce qui concerne les principaux dogmes de la religion, « mais il juge votre foi boiteuse d’un seul côté, de celui des azymes. Voilà ce qui le remplit de colère et d’indignation 1 ». Ce langage impartial et modéré n’était pas, d’ailleurs, conforme au plan de Michel Cerularius. Pierre d’Antioche montrait une horreur très sincère pour le schisme et demandait à l’évêque de Grado d’user de son influence auprès du pape pour amener une conciliation aussi vite que possible 2. Bien plus, il ajoutait qu’il attendait beaucoup de l’ambassade envoyée par Léon IX à Constantinople 3 4 5.
Il est donc presque certain que, dès le début du schisme, Michel Cerularius s’était mis en rapports avec le patriarche d’Antioche. Mais il s’agissait de ne pas laisser à ce bon prélat l’espoir d’une entente devenue impossible. Il fallait frapper un giand coup, et, pour y arriver, le patriarche de Constantinople n’hésita pas à altérer les faits et à présenter à son collègue le voyage des légats comme une supercherie dont il était la victime.
Ce petit roman témoigne à la fois d’une vive imagination et d’une grande habileté ; car il s’y mêle çà et là quelques détails exacts qui le rendent vraisemblable. Après avoir écrit au pape une lettre pleine de déférence, Michel Cerularius, d’après son récit, la remit en même temps que des lettres impériales au Vestiaire. Celui-ci s’en laissa dépouiller par le duc d’Italie, Argyros, sur la fourberie duquel le patriarche insiste à plaisir \ Les lettres furent interceptées et un complotfut ourdi par l'artificieux Lombard. Il appela àlui quelques prêtres discrédités parleur conduite : un archevêque d’Amalfi « expulsé de son église pour de justes raisons b » ; un soi-