‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 144 sur 324 · Id., p. 179 (x · texte numérisé non relu

Id., p. 179 (x

LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES

les rangs des esprits justes et orthodoxes? Je ne le pense pas. Que ceux qui leur donnent raison se mettent à leur suite. Je n’envierai jamais cette communauté de pensées et de sentiments, à moins d’être insensé et d’avoir perdu l’esprit *. » C’était bien mettre le patriarche d’Antioche en demeure de rompre avec l’Église romaine.

Refuser d’avoir le moindre colloque avec les envoyés du Saint-Siège, et faire traîner les choses en longueur, afin de préparer peut-être sous main une imposante manifestation des évêques d’Orient, tel fut donc le nouveau plan de Michçl Cerularius. Mais les légats ne lui laissèrent pas le temps de l’exécuter, et après avoir attendu près d’un mois, du 25 juin au 15 juillet, ils résolurent d’accomplir le grand acte que les circonstances leur imposaient : ils se décidèrent à la rupture. Cette rupture eut la forme d’une manifestation qui, pour être courageuse, n’en était pas moins toute platonique, celle d’une excommunication. Il se peut que, dans l’intervalle qui sépara l’abjuration de Nicétas de la scène de Sainte-Sophie, on ait agité autour de l’empereur et des légats l’idée de réunir un concile ou tout au moins un synode métropolitain, afin de déposer Michel Cerularius. C’était là une procédure conforme à la tradition; elle avait déjà réussi avec Photius. Il est difficile de savoir si l’on songea à l’employer; mais, dans ce cas, il est aisé de comprendre pourquoi ni l’empereur ni les légats n’osèrent aller si loin. Ils n’étaient sûrs ni des évêques d’Orient, ni du peuple de Constantinople, et la suite devait bientôt justifier leur prudence.

Les légats se contentèrent donc de se rendre à Sainte- Sophie, le samedi 15 juillet 1054, à la troisième heure 1 2. Tous les jours, un service solennel était célébré dans cette église, depuis que la munificence de Constantin IX y avait pourvu 3. Tout le peuple était donc assemblé sous les voûtes de la Grande Église, et le clergé en habits sacerdotaux se

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