MADAME SAN T EN A Y
El quand je penne (]u'une femme aurait pu tomber >ur un homme comme vous!
TRÉVOUX
En tout cas, elle eût été sûre de ne point se faire de mal, c'est déjà cela.
MADAME SANTENAY.
Ce que vous avez eu raison de ne pas vous marier...
TIIKVOUX.
C'est ce que je me dis tous les soirs avant de ino coucher.
Voyons, Trévoux, voyons, Gabrielle! Et dire que chaque lois que vous vous rencontrez, c'est la même chose !
TllÉVOUX.
Heureusement que nous ne nous voyons en îuoycuiie que quatre fois par semaine...
MADAME JOUVESEL.
Tenez, voulez-vous mon opinion?... Eh! bien, loul cela finira peut-être un jour par un mariage.
MADAME SANTENAY.
Oh! chère amie, ça n'est pas bien, ce que vous dites là.
TllÊVOUX.
Oui, qu'est-ce que nous vous avons fait?
MADAME SANTENAY.
Vous toujours si gentille...
18 LE StCKK r DE PO L 1 Cil I N h L L E
TRÉVOUX
Si bonne !
MADAME SANÏENAT.
Si affectueuse I
TRÉVOUX
Oh! Jennyl
Ohl
MADAME JOUVENEL
Eh ! bien, mais vous voilà enfin du même avis ! c'est tout ce que je désirais. Et maintenant que la paix est faite... Allons, donnez-vous la main.
MADAME SANTENAY, en la lui lecdant.
Vilain monstre !
TRÉVOUX, t. es aimable.
Vous êtes si jolie qu.md vous êtes en colère I
MADAME SANTENAY, coquette.
C'est vrai?
TRÉVOUX
Votre ^lêtit nez a l'air de monter à l'assaut, vos narines battent la générale...
MADAME SANTENAY, de même.
Que vous êtes bête !
TRÉVOUX
Si, si, avant-hier encore, lorsque nous nous sommes querellés à propos... à propos de quoi, déjà?
MADAME SANTENAY.
Avant-hier?... nous devrions noter, voyez-vous.
TRÉVOUX
Eh! bien... vos yeux avaient une expression...
Ahl
TRÉVOUX
Oui, ils changeaient de couleur par moment et...
MADAME JOUVENEL
Oh ! non, écoutez, vous êtes encore plus ennuyeux; quand vous vous entendez.
MADAME SANTENAY.
Oh I chère amie, je vous demande pardon.
MADAME JOUVENEL
£t maintenant, causons de choses sérieuses.
TRÉVOUX
Mais nous ne plaisantions pas.
MADAME JOUVENEL
Connaissez- VOUS mailame Langeac?
TRÉVOUX
Oui... un peu. C'est elle, si j'ai bonne mémoire, qui s'écrie toujours lorsqu'elle veut vous raconter quelque chose d'un peu léger : mes enfants, je vais vous «lire une « pensée sans chemise... »
MAD VME JOUVENEL.
Oui! Eh bien, comment trouvez-vous sa fiUef
TRÉVOUX
Gentille.
Très jolie.
TRÉVOUX
Pardon, mais madame Jouvenel me demanle mon «vis.
MADAMK JOUVENEL.
N'importe... que penseriez- vous... si mulemois lie Langeac...
TRÉVOUX
Ne continuez pas, j'ai deviné. Votre brui vous voudriez en faire votre bru!
MADAME JOUVENEL
Eh! bien, mais cela ne serait pas déjà si sot.
TRÉVOUX
Vous en avez parlé à votre lils?
MADAME JOUVENEL
Non, Henri n'en sait rien.
TRIÎVOUX.
Oui... Eh! bien/ croyez moi, Henri ne m'a pasl'air d'un garçon qui veut faire des bclises.
MADAME JOUVENEL
Gomment des bêtises?...
TRÉVOUX
Et qui a eu cette idée?
Moi, monsieur.
TRÉVOUX
'Vous, madame, cela ne m'étonne pas... ou plutôt cela m'étonne.
MADAME SANTENAY.
Parce que?
TRÉVOUX
Parce que, lorsqu'on a été, comme vous le dites, si malheureuse en ménage, on devrait faire l'impossible pour empêcher les autres de se marier.