‹ Le secret de Polichinelle, comédie en trois actesChapitre 12 sur 92 · MADAME SAN T EN A Y · texte numérisé non relu

MADAME SAN T EN A Y

El quand je penne (]u'une femme aurait pu tomber >ur un homme comme vous!

TRÉVOUX

En tout cas, elle eût été sûre de ne point se faire de mal, c'est déjà cela.

MADAME SANTENAY.

Ce que vous avez eu raison de ne pas vous marier...

TIIKVOUX.

C'est ce que je me dis tous les soirs avant de ino coucher.

Voyons, Trévoux, voyons, Gabrielle! Et dire que chaque lois que vous vous rencontrez, c'est la même chose !

TllÉVOUX.

Heureusement que nous ne nous voyons en îuoycuiie que quatre fois par semaine...

MADAME JOUVESEL.

Tenez, voulez-vous mon opinion?... Eh! bien, loul cela finira peut-être un jour par un mariage.

MADAME SANTENAY.

Oh! chère amie, ça n'est pas bien, ce que vous dites là.

TllÊVOUX.

Oui, qu'est-ce que nous vous avons fait?

MADAME SANTENAY.

Vous toujours si gentille...

18 LE StCKK r DE PO L 1 Cil I N h L L E

TRÉVOUX

Si bonne !

MADAME SANÏENAT.

Si affectueuse I

TRÉVOUX

Oh! Jennyl

Ohl

MADAME JOUVENEL

Eh ! bien, mais vous voilà enfin du même avis ! c'est tout ce que je désirais. Et maintenant que la paix est faite... Allons, donnez-vous la main.

MADAME SANTENAY, en la lui lecdant.

Vilain monstre !

TRÉVOUX, t. es aimable.

Vous êtes si jolie qu.md vous êtes en colère I

MADAME SANTENAY, coquette.

C'est vrai?

TRÉVOUX

Votre ^lêtit nez a l'air de monter à l'assaut, vos narines battent la générale...

MADAME SANTENAY, de même.

Que vous êtes bête !

TRÉVOUX

Si, si, avant-hier encore, lorsque nous nous sommes querellés à propos... à propos de quoi, déjà?

MADAME SANTENAY.

Avant-hier?... nous devrions noter, voyez-vous.

TRÉVOUX

Eh! bien... vos yeux avaient une expression...

Ahl

TRÉVOUX

Oui, ils changeaient de couleur par moment et...

MADAME JOUVENEL

Oh ! non, écoutez, vous êtes encore plus ennuyeux; quand vous vous entendez.

MADAME SANTENAY.

Oh I chère amie, je vous demande pardon.

MADAME JOUVENEL

£t maintenant, causons de choses sérieuses.

TRÉVOUX

Mais nous ne plaisantions pas.

MADAME JOUVENEL

Connaissez- VOUS mailame Langeac?

TRÉVOUX

Oui... un peu. C'est elle, si j'ai bonne mémoire, qui s'écrie toujours lorsqu'elle veut vous raconter quelque chose d'un peu léger : mes enfants, je vais vous «lire une « pensée sans chemise... »

MAD VME JOUVENEL.

Oui! Eh bien, comment trouvez-vous sa fiUef

TRÉVOUX

Gentille.

Très jolie.

TRÉVOUX

Pardon, mais madame Jouvenel me demanle mon «vis.

MADAMK JOUVENEL.

N'importe... que penseriez- vous... si mulemois lie Langeac...

TRÉVOUX

Ne continuez pas, j'ai deviné. Votre brui vous voudriez en faire votre bru!

MADAME JOUVENEL

Eh! bien, mais cela ne serait pas déjà si sot.

TRÉVOUX

Vous en avez parlé à votre lils?

MADAME JOUVENEL

Non, Henri n'en sait rien.

TRIÎVOUX.

Oui... Eh! bien/ croyez moi, Henri ne m'a pasl'air d'un garçon qui veut faire des bclises.

MADAME JOUVENEL

Gomment des bêtises?...

TRÉVOUX

Et qui a eu cette idée?

Moi, monsieur.

TRÉVOUX

'Vous, madame, cela ne m'étonne pas... ou plutôt cela m'étonne.

MADAME SANTENAY.

Parce que?

TRÉVOUX

Parce que, lorsqu'on a été, comme vous le dites, si malheureuse en ménage, on devrait faire l'impossible pour empêcher les autres de se marier.

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