ACTE PREMIER
GENEVIÈVE
Mais rien, monsieur.
MADAME LANGEAC, bas à Geneviève.
Tiens-toi droite.
JOUVENEL
Elle dansait fallait voir comnie ! Et puis vous savez, elle n'en manquait pas une I Valse, Polka, Mazurka...
GENEVIÈVE
Oh! non, monsieur, on valse la polka et la mazurka aujourd'hui.
JOUVENEL
Ah! J'ignorais. De mon temps, je dansais tout simplement...
TRÉVOUX
Tu ne dansais rien du tout. Tu n'as jamais su danser de ta vie.
JOUVENEL
Tu crois ?
J'en suis sûr... c'est moiqui ai fait valser ta femme le jour de tes noces.
JOUVENEL
Ah? Eh î bien, tu n'as pas dû t'embêter. (a madame Langeac.) Hum 1 je crois que j'ai été un peu loin.
MADAME LANGEAC
Elle n'a pas compris.
JOUVENEL
Ah! à propos, vous savez, ce vieux gâteux de Demonville...
MADAME LANGEAC» vivement.
Geneviève, va donc regarder un peu à la fenêtre.
(34 LK sk;uf:! i>k polichinelle
GliNEVlÈVE.
J'y vais, main:tn.
MADAMR SAXTENAY.
Je le connais beaucoup. Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
JOUVENEL
Il paraît que...
TRÉVOUX
Mauvais sj^stème que vous employez là, chère ma- ^me.
Quel système, monsieur Trévoux?
TRÉVOUX
Le système de la fenêtre.
JOUVENEL, à sa femme.
Chaque fois que je veux raconter une histoire, je ne sais pas si tu l'as remarqué, Trévoux éprouve immédiatement le besoin de me couper la parole -
TRÉVOUX
Moil
JOUVENEL
Tu ne t'en rends pas compte, peut-être... Néanmoins, Jenny et moi...
TRÉVOUX, vexé.
N'en parlons plus, je ne dirai rien.
JOUVENEL
Si, va, maintenant... j'ai tenu à constater, voilà tout.
MADAME JOUVENEL
Allons, Trévoux, on vous écoule.
ACTK PHhAlIEK 3»
TRÉVOUX
Non, non, d'ailleurs j'allais me mêler de ce qui neînie regardait pas, et de plus ce n'était pas intéresr jsant.
Voyons, monsieur Trévoux.
TRÉVOUX
Je vous en prie, madame.
MADAME SANTENAY.
Vous ne le connaissez pas, il se ferait plutôt couper en petits morceaux.
TRÉVOUX
Parfaitement... et je demanderais à ce que le meilleur vous soit réservé, (a jouvenei.) Allons, raconte maintenant. Or^ ce vieuj;: gâteux de Démon ville...
JOUVENEL
Quoi : Or ce vieux gâteux de Demonville?
TRÉVOUX
Eh bien, oui, tu as commencé ton histoire en disant : Or, ce vieux gâteux de Demonville...
JOUVENEL
Eh bien?
TRÉVOUi.
Eh bien, nous attendons, elle doit être très drôle.
JOUVENEL, vexé.
Oui, mon ami; elle est très drôle et encore beaucjoup plus drôle que tu ne le penses... mais tu ne me •rois pas assez sot pour la raconter maintenant.
TRÉVOUX
Oh!
36 LK SKUHKT I»K lOMCHIXELLE
MADAME JOUVENEL
Parce que ?
.TOUVENEL.
Non, VOUS savez ce que c'est, n'est-ce pns?... On rentre simplement comme je suis rentré tout à Theure, car enfin vous l'avez vu, je n'ai pas préparé inoQ' effet... est-ce vrai, Jenny ?
MADAME JOUVENEL
C'est vrai, mon chéri.
JOUVENEL
Puis, subitement, je m'écrie, et cela sans intonation particulière, sans éclat de rire : « Vous savez que, etc.. Demonville... » n'ajoutant pas avec intention, que ce qui lui est arrivé est du plus haut comique... car c'est du plus haut comique ! Et M. Trévoux que voilà m'interrompt pour parler de quoi? D'une fenêtre ! Voyons, sincèrepient, je vous le demande ? non, non, n'est-ce pas, je ne suis plus un enfant, je sais parfaitement que lorsque quelqu'un a dit : ce doit être très drôle, c'est déjà fini... l'affaire est dans le sac! Voyons, ma chère madame Langeac, quand aurons-nous le plaisir de vous avoir à dîner ? (a Trévoux.) Tu vois comme il m'est facile de changer la conversation.
Madame langeag.
Vraiment, vous ne voulez pas?
JOUVENEL
Non, non, je vous la conterai un jour où vous VOUS y attendrez le moins, (a Trévoux.) Te voilà bien avancé, (a madame Langeac.) D'aiUeurs, C'était très roide...
madame LANGEAC.
Une pensée sans chemise, alors ?