ACTE PHEMIKR
JOUVENEL, vivement.
De la femme.
HENRI, en sourian
Comment du Palais de la Femme?... C'était à Texposition Père, tu confonds... Non, du Palais de Justice.
Oui, je me comprends... (un temps.) Eh bien, mon garçon... (Vn temps.) Qu'est-ce que tu dis, Trévoux?
TRÉVOUX
JOUVENEL
Ah I bon. Eh bien, mon garçon, il est plus digne de toi et de moi de m'ouvrir ton cœur...
HENRI
Mais, pure...
JOUVENEL
Laisse- moi achever. Il y a entre nous ce qu'il ne devrait jamais y avoir : un secret. Ce secret dure depuis deux ans, quand je dis : deux... c'est trois... quand je dis trois... c'est quatre... si ce n'est plus. Maintenant que te voilà fixé... Je t'écoute... (vivement,
bas à sa femme.) Est-ce bien dit?
MADAME JOUVENEL, à mi-voix.
Oui, mon ami.
HENRI
Je ne te comprends pas, père...
JOUVENEL
Allons, je m'aperçois, ù mon grand regret, que ni xà délicatesse, ni la finesse, ni les plirases bien tour* nées n'ont de prise sur toi... Je suis honteux, posi-
!i6 LE SECRET DE POLICHINELLE
tivement honteux, je le répète, d'être obligé d'avoir avec toi, devant ta mère, de pareilles conversations.!
HKNRI, stupéfait.
Mais, tu ne m'as encore rien dit, père I
JOUVENEL, en levant la bras au oitî
Et il est avocat I
HENRI
Je ne vois pas le rapport.
MADAME JOUVENEL
Veux-tu que je m'en aille ?
JOUVENEL
Du tout... du tout... quoique je comprenne parfnitement tout ce que cet entretien a de pénible pour toi. Et maintenant causons peu, mais causons bien, (un temps.) Que penses-tu de mademoiselle Langea c? .»««y^ *
HENRI, très simplement.
Je pense que c'est une charmante jeune fille.
JOUVENEL
C'est maigre.
Pourtant,
HENRI
JOUVENEL
Non... non... Si je te dis que c'est maigre... c'est que c'est maigre... Elle est plutôt très jolie...
Le fait est qu'elle a des yeux...
JOUVENEL
Ah! elle a des yeux... tu entends ta mère... Et j'ajoute qu'elle est, ce qui n'est pas à dédaigner, supérieurement intelligente