ACTE DEUXIÈME
ROBEUT.
Y en a pas de voyageurs.
HEXRI.
Raison de plus.
ROBERT
Ousque j'en trouverai-t-y des voyageurs?
HENRI
Plus loin, à une autre station.
ROBERT
A quelle autre station?
HENRI
Que tu trouveras sur ta route.
ROBERT
Sur quelle route ?
MARIE
Ecoute, mon petit homme, laisse ton père tran-. tquille.
ROBERT, bougonnant.
Si on veut pas me dire sur quelle route... je pourrai pas trouver de voyageurs.
Tu l'entends bougonner?
HENRI
Oui... oui...
MARIE
Ah ! tu as eu une bonne idée de lui acheter un chemin de fer !
HENRI
Gela fait tout de même moins de bruit qu'une trompette. Tu n'es pus fatiguée?
'j38 LE SECRET DE POLICHINELLE
MARIE
Fatiguée ! Est-ce qu'on se fatigue lorsqu'on est theureuse.
HENRI
Ma grande chérie !
MARIE
OIi! « ta grande » est un peu exagéré... Je suis (plus petite que toi qui n'es déjà pas très grand. JPasse-moi un cep, veux- tu?
HENRI
Un cep?
MARIE
Un fil de fer... dire que tu n*as jamais voulu que ije t'explique!...
Allons, va, je suis résigné ! (Déclamant.) Pour faire, ou plutôt pour monter une fleur artificielle...
MARIE
C'est cela, moque-toi.
HENRI
Mais non.
MARIE
Approche-toi de moi alors; plus près... plus près encore !
HENRI
C'est dans le programme?
MARIE
Oui, monsieur, c'est dans le programme.
ROBERT, qui a été chercher une poupée.
M'manj'ai trouvé un voj^ageur.
MARIE
Chtt !