ACTE TROISIKME
TRÉVOUX
Non... rassurez-vous. Je souris en pensant à 11 inère Langeac.
MADAME SANTENAY.
Mon Dieu que vous êtes mal élevé.
TRÉVOUX
Que voulez-vous, cette brave femme me rappelle un vieil ami à moi, qui fut un pêcheur endurci I Tous les étés, il venait passer quelques semaines au bord de 11 Marne, dans ma propriété. Connaissant la rivière depuis de longues années, je lui faisais remarquer, chaque fois qu'il jetait sa ligne, qu'il avait choisi un mauvais endroit poui" prendre du poisson. Ali ! bien, ouithl entêté comme une mule il continuait qu:in l même, et, rentrait le soir, triomphant, mais le filel vide, en s'écriant : Mon cher, j'en ai raté un 'jui pesait dans les deux livres!... Il est mort snns avoir pris un goujon!... Eh! bien, ma chère amie, iiKidame Langeac me fait l'elTet d'être comme mon vieux camarade. Aussi, si j'étais vous, je lui dirais ceci : Vous avez sondé et vous avez amorcé?... Ça mord-il? Non. Ça ne mord pas? Ehl bien, croyêz- Kioi, n'insistez pas, la place est mauvaise... Allez donc un petit peu plus loin.
MADAME SANTENAY.
Je ne dirai pas cela à madame Langeac.
TRÉVOUX
Vous avez tort.
MADAME SANTEXAY.
Et cela, parce que je s-iis persuadée que Geneviève
TRÉVOUX, ironique.
Mais j'en suis sûr. Elle est d'ailleurs charmante cette enfant, spirituelle...
MADAME SANTENAY.
Ne raillez donc pas.
TRÉVOUX
Mais je ne raille pas.
MADAME SANTENAT.
Ehl bien, moi, si je m'appelais Henri, je TéDOUse- Vais immédiatement.
Oui, mais voilà, vous ne vous appelez pas Henri... et Henri, à tort ou à raison, s'est fourré dans la têtei d'épouser une femme qui lui plaît avant de savoir sii elle plaît aux autres. Le cas est assez rare.
MADAME SANTENAY.
Il a une bonne amie, alors naturellement il en a" peur sans doute.
TRÉVOUX
. Ne m'en parlez pas, elle est, paraît-il, laide, jalouse, méchante et insupportable.
MADAME SANTENAY.
Ça n'est pas possible !
TRÉVOUX
Je vous le jure.
MADAME SANTENAY.
Et il reste avec elle ?
TRÉVOUX
Que voulez-vous? Les femmes nous retiennent souvent par leurs défauts.