‹ Le secret des cavaliersChapitre 100 sur 107 · ACTE VI · texte numérisé non relu

ACTE VI

LORD JAMES

Que viens-tu faire à cette heure?...

KETTY

Je viens empêcher un supplice injuste, odieux!.,, inutile!... (a lord James.) En frappant lord Arthur, milord James, vous n'anéantiriez pas une seule tiace des preuves qui vous perdront... Vous savez bien tous deux que si la tète de Tinnocent tombe aujourd'hui, demain celle du coupable doit tomber à son tour... et je viens vous dire que tous deux vous pouvez vivre... je viens entîn offrir à milord James les preuves de son crime pour la vie de lord Arthur.

LORD JAMES

~ Les preuves ?

LORD ARTHUR

Que voulez-vous dire, Kelty?...

KETTY

Je veux dire, milord Arthur, qu'il faut que nous parvenions à ressaisir l'écrit du comte Robert et que nous le livrions à lord James... A cette condition, milord James, sauvé, assurera notre fuite... nous partirons scci'ètement avec mon père vers quelque pays lointain, où Dieu nous donnera encore son regard et son soleil... Je sais que je ne puis, moi, devenir Tépouse d'un noble lord... mais je pourrai le suivre pour pleure%avec lui la patrie... si mon père et moi ne pouvons la lui faire oublier...

LORD ARTHUR

Et mon honneur, Ketty, et la pureté de mon nom de lord et de chevaUer d'Irlande ! (Avec solennité.) Oh ! soyez pardonnée, vous, créature sublime, qui acceptiez le trépas pour vous... et ne pouvez lui abandonner l'époux qui vous adore... Écoutez-moi, Ketty... Il y a près d'un siècle, on allait prendre une ville assiégée, quand un jeune homme monta sur la citadelle pour y planter la croix sainte, il tomba mort; s m frère prit sa place et succomba, et le troisième frère venait de recevoir à son tour le coup mortel, quand parut un vieillard qui ramassa la croix tombée et la releva comme un étendard... Tant de bravoure épouvanta l'ennemi, ranima les assiégés, la ville fut sauvée, et le vieillard partagea la sépulture de ses trois fils... Ces héros de l'Irlande étaient mes aïeux et s'appelaient Fitz O'Nial... Voulez-vous, Ketty, que j'outrage leur mémoire en fuyant comme un criminel?

KETTY

Jamais, milord...

(Lord Jrtmes s'appuie avec découragement sur la table.)

LORD ARTHUR

Et puis^ vois-tu, mon épouse bien-nimée^ cette vie n'est qu'un passage qui conduit à la vie éternelle... et si, durant notre fuite, le tonnerre nous frappait ensemble,, la Jeune femme dévouée monterait vers Dieu, tandis que l'homme misérable et maudit serait chassé loin de son trône... Youlezvous, Ketty, que je vende mon honneur et mon repos éternel ? Dieu vous entend... répondez I...

KETTY

Non, milord î

(Lord Arthur lui ouvre ses bras, elle y tombe en pleurant.)

LORD ARTHUR , la tenant sur s-on cœur.

Milord James ! nous n'avons plus qu'un cœur pour te braver, qu\me âme pour te maudire... appelledonc le bourreau... si tu ne crains pas de pâlir à sa vue.

LORD JAMES, avec rage.

L'instrument de ton supplice, milurd, sera celui de ma vengeance, et puisque tu le veux...

(Il monte au fond.)

KETTY, se jetant au-devant de lui.

Arrêtez, milord I...

LORD JAMES, la repoussant.

Arrière !

LA VOIX DE DAVIS, qui accourt.

Ma fille I... (n paraît.)

LORD JAMES

Davis ! . . .

KETTY, courant à lui.

Mon père!..

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