ACTE I
conviction profonde ou une grande haine... et je n'ai eu ni Tune ni Tautre... Et aujourd'hui surtout que la hitte recommence entre vous et le jeune Arthur Fitz O'Nial... quel parti prendrais-je?
LE COMTE
Pourquoi ne prends-tu pas le mien ?
DAVIS
Parce que j'aime lord Arthur, qui est le fils de mon ancien amiral.
Et pourquoi ne prends- tu pas le sien?
DAVIS
Parce que je vous aime, vous, mon ancien général; et si au lieu de se battre pour vous faire triompher l'un ou l'autre, on pouvait se faire tuer pour vous mettre d'accord, je vous jure bien qu'on me verrait sur la brèche...
LE COMTE
Tu voudrais donc que nous ne fussions plus ennemis?
DAVIS
Moi !... je doanerdis pour cela mon bras droit ; car j'ai trois alTectioiis qui me fout désirer la paix : vous, le jeune lord Arthur, et l'Irlande, mon pays.
LE COMTE
Écoute, Davis, et sois plein d'espérance, (oavis va former la ponc liu fond)* car je puis te confier à toi, dont j'admire la sagesse, que lord Arthur et moi devons avoir une entrevue secrète... loin des influences et des passions de nos soldats...
DAVIS
Seul moyen pour vous entendre.
LE COMTE
Oui, Davis, car nos partisans exailés rendraient toute conciliation impossible... et j'aurai pour ce rendez-vous, qui doit être ignoré de tous, besoin de ta maison cette nuit.
DAVIS
Disposez-en, milord.
LE COMTE
Mais tu habites ici avec ta fille?
Avec ma Ketty, oui, milord; mais je l'éloignerai... Soyez sans inquiétude, la maison est isolée... vous serez parfaitement seuls.
* Le Comte, Davis.
LE COMTE
C'est bien ! Je vais maintenant faire savoir à lord Arthur le lieu que j'ai choisi pour notre rendez-vous...
(Il monte au fond.)
DAVlSj qui 1 a suivi.
Voulez-vous m'en charger, milord?
LE COMTEj s'anviaiit.
Toi!
DAVIS
Moi, qui dois à mon tour vous faii e une confidence, et vous avouer que j'ai été assez heureux pour rencontrer lord Arthur dans le canton, et assez iiardi pour lui conseiller de vous demander cette entrevue bien secrète, qui, j'en suis sûr, terminera la guerre.
LE COMTE
Je m'en doutais... et je t'en remercie...
(Il lui tend la main.) DAVIS, la lui serrant avec joie.
A quelle heure cette nuit, milord?
Minuit.
DAVIS
Lord Arthur y sera.
LE COMTE
Je peux compter sur toi?
DAVIS
Comme autrefois, mon général!
LE COMTE
J'y compte... Maintenant, appelle mon valet...
(Davis va appeler du geste dans la cour.) RALPH , entraut. *
Milord me fait appeler?
LE COMTE
Tu retourneras seul au château, je prends une autre route. (a Davis.) Dieu te garde, Davis.
DAVIS
Je sors en même temps que vous, milord... d'abord, pour prévenir ma fille que je dois éloigner, (bas) puis pour accomplir la mission que vous savez...
LE COMTE
Viens donc.
DAVIS
Je vous suis.
(Ils sortent par le fond.)
* Ralph, le Comte, Davis;.