‹ Le secret des cavaliersChapitre 59 sur 107 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

KETTY

Quelle est-elle donc?

Lorsque j'étais en Ecosse, j^nais souvent publiquement proclamé mon affection pour les Stuarts... la guerre qui les menaçait devenant terrible en Irlande, je m'enrôlai pour venir à leur secours... mais tandis que je combattais ici, mes amis qui conspiraient en Ecosse étaient vendus, une liste sur laquelle mon nom était inscrit était saisie entre leurs mains, et F rantz Wilson se trouvait compi'is parmi les condamnés.

KETTY

Vous!...

FRANTZ

Je résolus aîoi's d'erier à raventju'c, en Irlande, jusqu'au jour où une amnistie me rouvrirait les frontières de mon pays... et c'est dans cette situation triste et misérable que j'ai rencontré Davis... que je n'ai pas craint d'aimer, ou plutôt que je n'ai pu me défendre d'adorer sa fille... moi qui n'ai pas d'asile à lui offrir, moi proscrit... et vous devez comprendre maintenant, Ketty, pourquoi l'empressement que met le lord James à iiàter notre mariage et surtout notre départ me cause une invincible frayeur...

KETTY

11 faut ajourner notre mariage.

FRANTZ

Mais sous quel prétexte aux yeux du lord gouverneur... qui veut bien y piendrc de l'intérêt?... Je ne puis rien tenter auprès de lui, moi, le soldat proscrit... sans m'exposer à son inquisition.

KETTY

Non... mais je puis tout oser, moi... qui n'ai rien à craindre... et je saurai bien ajourner notre union jusqu'au jour de votre délivrance.

Et si ce jour ne venait pas?

KETTY

Vous m'aimez, Frantz, je suis la plus heureuse des femmes ! que m'importe l'avenir... si mon avenir est le vôtre?...

FRANTZ

Et si j'étais un jour contraint de subir ma peine?...

KETTY

Je partagerais votre exil, mais nous saurons vous entou-

ë8 LE SECRET DES CAVALIERS

rer de mystère. . . Je ^ais d'abord trouver le lord, qui m' attend. . , et reculer l'époque de notre mariage...

FRANTZ

Mais que lui direz-vous ?...

KETTY

Je ne sais!... mon amour m'inspirera, et je le si-ns . j'éloignerai de Y0U3 tous les périls.

FRANTZ^ s'exallant.

Alors, Ketty... je pourrais m'abandonner aux transports de l'amour et de la reconnaissance et me prosterner à vos pieds; alors mon âme pourrait laisser échapper le cri qu'elle contient sans ti-cve et sans espoir... et ce cri d'un cœur palpitant d'un ineflable amour amènerait dans ma vie comme un rayon du ciel.

KETTY, iros-crouc.

Frantz !...

Allez donc... sainte et généreuse fille...

KETTY

Je pars... et je vous le dis : Dieu est juste... et ma ferveur est grande... au revoir.

FRA^;TZ, l'arrêtant.

Mais avant tout, perm.ettez, Kelly, que je mette à votre niaiu cet anneau qui vous rappellera, quoi cju'il arrive! (r.<'pé!ani la phrase avec iniei.uou) quoi qu'il arri.c!... que ce jour vieut de nous fiancer devant Dieu... Maintenant, je vais rassurer Davis.

ketty.

Dites-lui bien de compter sur sa fille... fraatz.

Je lui donnerai ma confiance... (s'anêLini ihts de u po.ic. — a part.) Seigneur, gardez pour moi la douleur... et la consola; iou

pour elle. (ll lui ait adieu «Je la main el sort par la yauclie.)

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