‹ Le secret du Nouveau testamentChapitre 18 sur 46 · GE QUI EST LE SALUT OFFERT · texte numérisé non relu

GE QUI EST LE SALUT OFFERT

même ces conditions n’étaient pas supérieures à celles des générations précédentes.

Pourquoi donc cet homme venait-il offrir une instruction, une direction ou un secours dont on n’avait nul besoin? Le peuple juif, ainsi que toutes les nations voisines, avait été subjugué par les Romains ; il était lorcé de payer un tribut à ses vainqueurs et de maintenir de petites bandes d’hommes armés pour garantir la paix. Nul doute que les Juifs se tussent réjouis de voir arriver un homme valeureux, qui aurait joué avec succès le rôle d’un libérateur comme les Machabéesou les Juges d’autrefois. Mais ce Jésus n’était pas un guerrier ni un homme d’État; pas davantage un économiste, un philosophe ou un spécialiste de n’importe quelle école. Qu’avait-il à offrir au peuple pour qu’il le suivit? Bien peu de ceux qui avaient découvert la raison de son appel comprenaient pourquoi il errait parmi le peuple; et aujourd’hui combien y en a-t-il qui ont découvert la raison sacrée et historique de sa mission, ou compris les résultats qu’elle peut produire lorsqu’elle est acceptée?

Puisqu’il ne traitait ni de politique, ni de religion positive, ni de philosophie, ni des af-

faires, ni de questions sociales, comment pouvait-il s’attendre à ce que les gens répondissent à son invitation ou écoutassent ses paroles? Il y a des questions plus profondes que celles qui ont rapport au milieu dans lequel l’homme se trouve, à ses relations nationales, sociales, religieuses, économiques. Nous sommes chair et sang, et, comme tels, notre vie dépend de l’air que nous respirons, de la nourriture que nous mangeons, des vêtements que nous portons et des maisons qui nous abritent; les appétits, les passions, les désirs inhérents à la chair sont indispensables pour assurer la conservation de la vie et la propagation de l’espèce. Libre à nous d’appeler bonne ou mauvaise cette condition de la vie dans laquelle nous nous trouvons. Nous ne connaissons pas d’autre espèce d’hommes que ceux qui sont de chair et de sang, et, qu’ils soient bons ou mauvais, c’est toujours la même sorte d’êtres.

Les instructeurs de l’humanité n’ont jamais connu d’autres êtres humains que ceux qui sont semblables à nous, et leur enseignement ne peut, par conséquent, porter que sur des modifications, des changements et une d iscipline qui soient accessibles à des hommes de chair

ce qui est LE SALUT offert 251

et de sang. Us doivent admettre que notre nature ne peut pas changer totalement, et que tuut ce que l’on peut faire c’est d’arriver à une adaptation et à une domination sur soi qui produisent, dans une certaine mesure, l'harmonie? la paix et le contentement au sein delà société humaine.

L’idée que le corps humain puisse être entièrement changé, que la substance de ses tissus arrive jamais à devenir tout à fait différente, que son sang, qui est sa vie, soit remplacé par quelque chose d'autre qui lui soit supérieur, n’est pas-encore entrée dans le bon sens comme une chose possible, de par la volonté du Créateur. Encore moins admettrait-on que la conséquence d’un tel changement serait la disparition de nos appétits, de nos passions, de nos amours, de nos haines, qui céderaient la place à d’autres forces et à d’autres motifs. Non, aucun de ceux qui ont répandu les enseignements de Jésus n’eût suggéré cette idée.

De même, la mort, étant un fait de la nature, est considérée par tous les instructeurs humains comme inévitable. Le nombre de nos jours est limité, et nous devons quitter la terre après y être venus. A cause de la diminution de nos

forces et de nos facultés il ne semble pas désirable que nos jours soient prolongés au delà d’une période limitée. Nul ne songe à protester contre la nature, et personne n’admet que la mort puisse être évitée; une telle idée ne se trouve dans aucune doctrine humaine. La spéculation de la pensée doit venir à notre aide, et nous trouvons une solution au problème de notre existence, en niant la mort et en nous figurant qu’elle n’est pas la fin de notre existence consciente.

Si Jésus est allé jusqu’à croire que la nature n’est pas la puissance suprême, s’il a pu se figurer que lui-même avait le pouvoir de changer la constitution de son propre corps et de vaincre la mort, avait-il le droit de s’attendre à ce que ses compatriotes acceptassent une idée aussi chimérique? Si, par une raison inconnue, il avait la confiance de pouvoir faire cela pour lui-même, qui serait assez fou pour croire qu’il pourrait accomplir la même chose pour les autres? Cette idée ne saurait entrer dans la tête d’aucun homme sage et instruit.

La sagesse des hommes ne fait que confirmer, ou fortifier la croyance que la nature est suprême et ses lois irrévocables. Aussi lorsque

ce qui est LE SALUT offert 253

Jésus annonçait qu’il vaincrait le monde, la chair et le diable dans sa propre personne et qu’il s’affranchirait de la mort, et lorsqu’il offrait de faire la même chose pour ceux qui voudraient se mettre sous sa direction, il devait savoir déjà, avant d’en avoir fait l’expérience, qu’aucun homme sage selon le monde n’aurait confiance en lui. Le pouvoir qui se trouve derrière la nature est Dieu. Ceux-là seuls qui ont été convaincus par l’histoire ancienne du peuple juif que Dieu a pu, à l’occasion, agir en dehors de la nature et de la constitution des choses, pouvaient croire que les promesses faites par Jésus rentraient dans l’ordre des possibilités.

Des hommes raisonnables peuvent croire que l’esprit survit à la dissolution du corps, parce que, si cela ne peut pas être prouvé, cependant la nature et ses lois n’ont rien à dire à ce sujet, et la négation n’est pas plus possible que l’affirmation. Cependant, affirmer qu'un corps humain peut être changé au point que le sang ne soit plus sa vie, ni les passions les ressorts secrets de ses actions, serait se séparer de l’ordre de la nature jusqu’à un point que ni la raison ni la foi ne peuvent admettre.

De fait on croit encore, dans certains groupes

religieux, que tout ce que Jésus a annoncé sur lui-même est vrai. Il a vraiment vaincu sa nature charnelle, il s’est séparé de la vie physique, représentée par le sang, il a dominé la mort et il vit maintenant d’une vie qui est audessus et en dehors des lois de la nature humaine. Mais il serait curieux de savoir jusqu’à quel point ceux qui professent cela en paroles, l’admettent vraiment dans leurs cœurs.

Nous pouvons être sûrs qu’on trouvera, dans les cercles scientifiques, peu de personnes qui partagent une telle foi. Parmi les sphères les plus élevées du clergé, la foi dans les récits évangéliques s’affaiblit chaque jour, ce qui démontre le fait que la philosophie et la foi ne vont pas toujours ensemhle. Où trouverez-vous quelqu’un qui croie réellement que Jésus, tout divin qu’il fut, ait été capable d’accomplir pour ses disciples ce qu’il avait fait pour lui. même, et que Pierre et Paul aient eu un avantage immédiat à abandonner toutes choses pour se lier uniquement aux promesses de leur Maître ?

Les maux dont nous nous plaignons le plus sont ceux que nos semblables nousinfligent. Le pauvre souffre par le riche, le faible est victime du fort, les sujets sont opprimés par le gou-

ce qui est LE SALUT offert 255

vernement; partout règne l’ignorance, l’injustice, la cruauté, la violence, la tromperie, le vol et la guerre. Nous demandons d’être délivrés de tout cela Mais ce nouvel envoyé qui est venu pour aider les hommes, n’a pas promis de les délivrer de toutes ces choses. Dans cette sphère, leshommesd’État, les juges, les prêtres,les philosophes, etc., ont toute liberté. Jésus n’est pas leur compétiteur. 11 s’est seulement posé comme l’ennemi de la nature matérielle; son œuvre doit se fairè dans l’homme et non pas parmi les hommes.

Il ne prétendait pas rendre leshommes heureux dans leur matérialité, mais il affirmait pouvoir les délivrer des passions du sang. Il ne voulait pas réconcilier leshommes avec la mort en la présentant comme une bénédiction, mais plutôt les affranchir de la mort.

Il no mettait pas grande importance aux maux passagers causés par les hommes; les conditions de bonheur et de malheur qui résultaient de l’état de laSociété n’étaient pas ce qui attirait le plus son attention, mais il offrait aux hommes quelque chose qui devait les élever si haut que la persécution et la violence n’auraient plus aucune importance pour eux.

Les signes qu’il donnait et les merveilles qu’il accomplissait tendaient tous vers le même but — prouver son pouvoir sur la nature. Selon lui, la nature n’était pas plus qu’un mot. La nature pour lui n’était pas Dieu, mais, s’étant pervertie, quelque chose qui se dressait contre Dieu et dont il pouvait délivrer tous ceux qui accepteraient son intervention.

Le monde, à l’époque où Jésus apparut, ne le comprit pas, et il ne pouvait pas le comprendre parce qu’il ne pouvait pas croire qu’il fût ce qu’il prétendait être. Et aujourd’hui ilenest de même. Les plus sages et les plus prudents parmi ceux qui prétendent adorer sa nature, n’ont pas la plus faible idée de ce qu’est l’œuvre de cet homme divin. Jamais il ne fit ce qu’ils lui attribuent, mais aucun d’eux ne peut croire à ce qu’il fit réellement.

Il ne peut y avoir qu’une seule rédemption et c’est la victoire remportée sur la nature. Si Jésus remporta cette victoire pour lui-même mais non pas pour ses disciples, son œuvre a échoué, à moins que nous ne prétendions pas voir en lui quelque chose de plus qu’un homme qui a fait avancer le progrès d’un pas.

Supposons qu’il soitdans l’ordre de la nature que des hommes charnels deviennent immortels uniquement par le moyen de la mort. G'est estimerque J’œuvre de Jésus ne mérite aucune considération. Üu la mort a sauvé Abraham ou elle ne l’a pas sauvé. Si c’est la mort qui l’a sauvé, les promesses qui lui avaient été faites lurent vaines ; si ce n’est pas la mort qui l’a sauvé, il faut donc que Jésus l’ait ressuscité d’entre les morts, h moins qu’il ne doive être sauvé plus tard.

Ce serait une grande preuve en faveur de la foi et une gloire pour Jésus, si nous pouvions croire dans nos cœurs qu’il a accompli les promesses faites à ses disciples. Si nous ne le croyons pas, c’est sans doute parce que quelque influence néfaste a détruit en nous la capacité de croire

ce qui est si clairement révélé. Mais ainsi que les Juifs du temps de Jésus, les chrétiens aujourd'hui sont aveuglés par la pensée humaine.

Ce ne furent pas les sages et les savants qui crurent, et c’est là une chose encourageante pour ceux qui gémissent sous le fardeau du mal physique, et qui sont prêts à accepter la délivrance par des moyens que méprisent les grands et les orgueilleux.

Les personnes qui étudient profondément la Bible n’ont pas besoin qu’on leur affirme que ce que Jésus a fait, une fois, pour les Juifs qui pouvaient comprendre son œuvre, il le fera de nouveau sur une plus large échelle, dans cette génération ou dans une génération future. Si cela n’était pas, les oracles de l’Ancien et du Nouveau Testament ne pourraient pas s’accomplir; et il n’est pas difficile de prévoir qui seront les élus, lorsque le salut sera de nouveau offert aux mortels.

L’occasion viendra pour les Gentils : nous pouvons nous fier au Seigneur Jésus à ce sujet. Il est le Sauveur des nations aussi bien que celui du peuple choisi. A sa mort, il s’est séparé du sang juif qui coulait dans ses veines, et. main-

tenant il est un homme sans race ou lignage, et ses élus n’ont aucune teinte de nationalité spéciale. S’ils veulent accomplir dans leurs génération ce que Jésus a fait pour le peuple d’Abraham, il faut qu’ils s’adressent indistinctement à tous ceux qui font profession de croire à ce salut et de l’attendre.

Par rapport au caractère de leur mission, nous pouvons prévoir qu’ils feront leur œuvre de la façon qui leur est indiquée dans l’histoire du passé. Nous n’avons pas besoin de faire des suppositions au sujet du caractère qu’auraient les nouveaux Hérauts : nul besoin n’est de nous enquérir de leurs antécédents: leurs lettres de créance seront le pouvoir qu’ils auront de dominer la nature et de vaincre ce mal que les hommes subissent parce qu’ils le croient inévitable.

Ceux qui ne sont pas malades n’ont pas besoin d’un médecin, ceux qui ne sont pas en prison n’attendent pas un libérateur; les pécheurs seuls sauront reconnaître un sauveur, et il faut se sentir mortels pour prêter une oreille attentive aux promesses de l’immortalité. Ceux qui pleurent sont prêts à être consolés, et les âmes chargées soupirent après le

repos. L’état mauvais de nos natures nous pousse vers un Rédempteur, et ouvre nos yeux à cette puissance que l'on ne peut reconnaître que si l’on a besoin d’un Envoyé divin. L’expérience de chaque jour nous fait comprendre que nous ne possédons aucun pouvoir qui puisse vaincre les forces de la nature.

Dans ce qu’il est de mieux, l’homme n’est encore que vanité. Nous sommes enfermés et retenus dans les liens de la passion charnelle ; nos ennemis sont nous-mêmes ; le péché règne en maître. Nous ne pouvons pas être heureux sauf par l’oubli ou l’illusion qui nous permet de devenir optimistes. Nous vivons d’une vie factice, et, en niant la souffrance, nous croyons la détruire. Mais c’est en vain que nous essayons de nous croire parfaits, et de penser que le mal est un rêve « qui n’a ni substance ni réalité », la mort nous atteint et met fin à notre résistance contre la nature.

Tout cela, nous le faisons dans notre ignorance, poussés par la force des circonstances. Notre intelligence physique est trop faible et trop limitée pour résoudre le problème de notre existence actuelle. Il est bon que nous fassions tous les efforts possibles pour vaincre

les forces de la nature, mais lorsque nous sommes vaincus, il serait sage de reconnaître notre impuissance et de la confesser.

Une résistance prolongée, par les moyens que peut nous procurer une science mentale, finirait par produire un affaissement désastreux.

La modération dans nos désirs et le retour à des modes simples de vie, éclairciraient notre vision. Nous prononçons sur la nature, qui est devenue mauvaise, une bonne partie du blâme qui devrait s'appliquer à l'art, lequel est plus imparfait que la nature. Les craintes que nous cherchons à dominer ont été engendrées par nous-mêmes . Dans la mesure où nous réussirons à les vaincre, nous pourrons échapper aux maux que nous redoutons, mais on peut se demander si nos conquêtes méritent les efforts qu’elles nous coûtent.

Abraham, le premier des fidèles, ne luttapas contre les maux de la nature.

Quelque incompréhensibles qu’étaient pour lui les promesses de Dieu, il eut confiance en elles, et il vécut et mourut sans avoir à se mettre en lutte avec la nature. L’absence de crainte qui vient de la confiance en Dieu, réduit le mal à son minimum.

Le magnétisme d’une intelligence charnelle et sans culture a affaibli notre foi et jeté une ombre sur l’œuvre de Jésus. Nous ne voyons plus que nul ne peut arriver au Père autrement que par Lui. Nous voudrions, par une fausse science, accomplir pour nous-mêmes ce que Lui seul peut faire pour nous. Nous n’obtiendrons la paix et le salut final que lorsque nous aurons compris la futilité de nos efforts, et que nous retournerons à Lui comme de « petits enfants ».

Il est bon d’éprouver tout ce qui se présente à nous : ayons l’esprit ouvert à tous les remèdes que l’on nous propose pour guérir notre misère, mais lorsque nous aurons compris que tout cela est vain et illusoire, renonçons-y promptement. Tout ce que Dieu nous envoie mérite d’être écouté, il y aurait danger à le repousser sans examen. « N’oubliez pas l’hospitalité, car c’est par elle que quelques-uns, sans s’en douter, ont hébergé des Anges, » a dit l’Apôtre aux Hébreux. Depuis le temps de Jésus, le Christ, il ne s’est rien manifesté parmi les hommes qui pût prétendre être de Dieu, et aucun homme n’a pu se targuer de posséder le pouvoir de vaincre le mal.

Les nombreux prétendants àla science divine qui nous fatiguent par leurs prétentions discordantes et vaniteuses, ne peuvent nous faire aucun mal si nous ne nous lions pas à eux aveuglément comme s’ils étaient le Christ. Il suffit de connaître la Parole sainte et de nous rendre à peu près compte de l’œuvre de Jésus, le seul véritable Envoyé de Dieu, pour ne pas être trompés. Le mal sera finalement vaincu. Satan sera lié, car les paroles de la prophétie 11e peuvent être fausses. Les cordes avec lesquelles il sera lié sont dans les mains de Jésus : le Libérateur doit venir de sa part.

Parce que nous n’avons plus confiance dans l’Église, la science ou la philosophie, pour nous sauver, nous ne devons pas en conclure que le mal continuera toujours à régner et qu’il n’y a aucune puissance capable de nous délivrer. Nous ne croyons plus aux « pouvoirs qui existent parce que, après une loyale expérience, nous avons dû conclure qu’ils ne sauraient nous sauver; » mais en face de ces désappointements, prenons garde de ne pas nous laisser abattre. L’impatience est au fond de toutes les nouvelles religions qui surgissent chaque jour sous nos yeux. Elles ne feraient

pas tant d’adhérents si ce n’était que nous avons perdu « la patience de l’espérance, » et que nous voulons absolument voir le salut avant que son jour soit arrivé.

Ceux qui veulent être sauvés, « ici et maintenant, » et qui insistent sur un salut « plein et sans condition, » mais qui ne s’affranchissent pas eux-mêmes de quoi que ce soit, perdront ce salut qui libère de tous les maux, lorsqu’une fois on l’a reçu.

Avant tout nous devons déterminer, à la lumière delà révélation, de quoi nous désirons être sauvés. Jésus a reçu le pouvoir de délivrer seulement des maux réels ; ses messagers ne nous trouveront que si nous désirons consciemment ce qu’ils peuvent nous donner.

Jésus est venu une première fois dans un monde qui croyait ne pas avoir besoin de lui; les hommes ne voulurent pas répondre à son appel ; ilss’étaientconfiésàd’autres, et croyaient posséder tout ce qui leur était nécessaire ; de là l’apathie en face du grand Sauveur et de sa Parole. Si nous manquons de sagesse, nous ferons comme eux. Il nous faut apprendre à distinguer la vérité falsifiée de la vérité pure, et si notre foi et nos croyances sont erron-

K ÂMÊSÊËm

nées, nous devons être prêts à les abandonner au moment où le vrai nous est présenté. Nul n’est en danger d’exagérer ses besoins : le mal de notre nature est trop grand pour que nous puissions nous contenter d’un salut partiel. L’œuvre divine ne saurait s’accompîir trop profondément en nous-, et nous serions dans une grave erreur si nous nous figurions qu’il ne nous manque que peu de chose pour être bons et pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Il faut qu’une œuvre soit accomplie par nous si en nous, avant que nous puissions « monter comme sur les ailes des aigles. »

Où que ce soit que la culture religieuse ou les circonstances nous aient mis, nous devons être prêts à prendre la place la plus humble, parmi les plus misérables des pécheurs, si nous voulons être sauvés lorsque le jour de la miséricorde sera venu. Le salut ne peut s’appliquer qu’à un pécheur repentant. Ne nous laissons pas trop facilement aller à croire que nous sommes sauvés, tandis que rien dans nos vies ne vient prouver que cela soit.

Lorsque Dieu affirmera d’une façon très nette que nous sommes lavés de nos péchés et que nous avons passé de la mort à la vie, nous se-

rons sûrs de l’immortalité: le pécheur qui a conscience de son péché ne peut en appeler à rien d’autre qu’à la miséricorde de Dieu. L’homme qui se croit juste attend le salut parce qu’il croit qu’il le mérite comme récompense de sa justice. Lequel de ces deux caractères sommes-nous? Celui qui a le pouvoir « d’éprouverles esprits » lésait. Aucun mortel n’a le droit de dire quel est le fond de notre être et en quelle estime nous nous tenons; mais si nous sommes satisfaits de notre propre justice, nous n’avons rien à attendre de Celui qui doit venir.

Dans le second chapitre de l’Épître de saint Paul aux Hébreux, l’Apôtre nous indique nettement les conditions du salut. Certaines prédictions étaient faites aux patriarches, ainsi que des promesses qui étaient appelées « un salut à venir. »

Ces promesses se rapportaient à un temps et à des circonstances indéfinies; on y crut cependant, et cette foi, qui anticipait des évènements futurs sur un plan super-naturel, fut imputée à justice à ceux qui la possédaient, en sorte qu’elle leur donnait droit à la participation d’un salut qui s’était produit des siècles auparavant. Dans les temps passés, Dieu a manifesté ses intentions, qui s’accompliront, alors même qu’il peut rester caché pendant des générations.

Chaque fois que Dieu s’est révélé, Il a choisi des témoins qu’il a inspirés afin qu’ils inscrivissent ses actions. Le recueil de ces récits est la Bible. La Bible se termine avec la narration de la dispersion des Juifs, on peut conclure de ce fait ou bien que, depuis cette époque, Dieu n’est pas intervenu dans les affaires des hommes, ou qu’il n’a inspiré aucun témoin.

Par conséquent, croire que Dieu est enfermé dans l’Église chrétienne et que l’histoire de cette Église révèle d'une manière quelconque sa volonté ou son plan, c’est admettre qu’il est un être changeant, dont la volonté n’est plus la même que lorsqu’il agissait avec son peuple choisi. La dispensation chrétienne est évidemment une dispensation de liberté humaine.

Le Dieu de la Bible s’est retiré pour un temps dans les chambres secrètes de ses propres conseils. Parce qu’il ne se manifeste plus aujourd’hui comme autrefois, les hommes croient presque qu’il n’existe pas ou que son caractère est si changé qu’il n’y a plus lieu de Le craindre. Dieu est devenu une pensée, une conception de l’esprit humain, le génie d’une religion, une émotion, un pouvoir mystique invisible qui agit dans le monde physique et

au sujet duquel les hommes rêvent, discutent, parlent et écrivent.

Bien peu de personnes, de nos jours, se doutent qu’il est un pouvoir infini, omnipotent, patient et miséricordieux, inllexible dans sa justice, et que bientôt il sortira des chambres secrètes de l’Éternité. Bien peu d’années s’écouleront avant que les hommes n’aient plus l’occasion de mettre en doute les limites de la liberté humaine et l’étendue de la souveraineté divine. La Bible sera résumée lorsque Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, mettra « un mors dans la bouche des nations » et les forcera à se détourner.

Ce que les nations chrétiennes demandent aujourd'hui, c’est la foi en un avenir divin. Ce dont elles ont besoin, ce n’est pas d’un mystère mais de la révélation d’une loi de l'amour infini. Il faut que les mortels se sentent indissolublement unis à la miséricorde promise dans l’avenir, par la foi qu’ils auront en elle et la crainte du jugement qui va toujours, la main dans la main, avec la miséricorde. La foi seule peut unir tous les hommes dans cette bénédiction promise.

C’est là la révélation ; « les Gentils arriveront

à l’éclat de son lever », et il faut qu’ils y arrivent ; car les roues du temps les entraînent vers des bénédictions, ou vers la condamnation, qu’ils le sachent ou non et qu’ils croient ou non à ce qui a été écrit autrefois. Le Dieu de Moïse et de Jésus apparaîtra au milieu de ces foules d’hommes qui gouvernent avec l’insolence du pouvoir et l’orgueil de la richesse, ou qui souffrent de l’oppression et de la misère, et II fera connaître son caractère et révélera sa personnalité.

On peut acquérir la vertu pour un temps et la moralité pour un jour, si c’est là le Dieu que l’on adore ; mais la vie éternelle par la résurrection d’entre les morts doit être reçue avec cette foi qui prévoit le temps où cette vie sera donnée par Celui qui est la résurrection et la vie.

Le caractère personnel vient de la constitution physique et mentale, de l’éducation et du milieu. Sa valeur dépend de l’estimation humaine : il est approuvé ou condamné, selon la moyenne de l’opinion de la génération à laquelle l’homme appartient. Mais la vie qui plaît à Dieu, la vie que l'on vit lorsqu’on a trouvé Dieu, est en dehors de ce caractère et au-dessus de lui. Selon l’interprétation humaine, Abraham est un menteur; selon l’estimation

divine, il est le prince des fidèles. David, que les hommes dénoncent comme un roi meurtrier et adultère, est appelé par les prophètes « un homme selon le cœur de Dieu. » Jésus, qui était accusé de blasphémer, et de violer le Sabbat, est venu à nous à travers les Évangiles, et il était le Fils de Dieu.

Le chrétien d’aujourd’hui se flatte d’être meilleur que les hommes de la Bible, et qui peut prouver que ses prétentions sont fausses? Le jugement humain est toujours l’opposé du jugement divin, et il en sera éternellement ainsi. Tant que le jugement est suspendu ou retardé, le pécheur peut espérer; si lui-même n’opprime pas son semblable, il peut invoquer la clémence divine contre les dénonciations humaines et ecclésiastiques.

Dieu a été, Dieu est et Dieu sera, voilà ce que nous devons croire de tout notre cœur, malgré l’obscurité où nous sommes par rapport au bien et quoique le mal éclate de tous côtés. Nous ne savons pas interpréter les milliers de voix qui nous crient : « Voici, Dieu est ici ou il est là. » Cependant l’amour, la miséricorde et la bonté sont toujours ici, et doivent faire le sujet de nos méditations.

Les religions telles qu’elles sont, et à part l’utilité qu’elles ont eu pour conserver les annales sacrées, n’ont guère servi au progrès du monde. Dieu n’est pas dans le sacerdotalisme. Il ne demeure pas dans les Églises ou dans des Congrégations soi-disant pieuses. Son esprit n’inspire pas la littérature religieuse. Depuis longtemps Sa présence a été cachée au monde, et le Prince de ce monde jouit d’une domination suprême mais qui ne sera que temporaire.

La foi intuitive en Dieu et l’action divine de ceux qu’il enverra, façonneront le monde à son image. La croyance aux prophètes et en la révélation, inspireront cette crainte de Dieu qui est le commencement de la sagesse, et cet amour plein de vénération que recompensera Celui qui n’a jamais trahi la confiance et la foi, lorsque celles-ci s’appuyaient sur sa parole. Cette crainte et cette confiance suffiront pour guider les mortels pendant la dispensation des Gentils, et ils pourront traverser en toute sécurité tous les mystères de la vie présente pour arriver enfin dans la présence de leur Seigneur.

Les promesses faites aux nations ne sont pas

si nombreuses ni si claires que celles qui furent faites à Israël. Les avertissements aussi sont moins explicites ; mais cela importe peu, car les leçons que nous pouvons tirer de l’histoire des Juifs peuvent nous suffire. Telle qu’a été « leur miséricorde, ainsi sera la nôtre; » mais notre destruction au jour du jugement ne sera pas aussi terrible que celle des Juifs.

Nous n’avons pas péché contre Dieu en persécutant ses prophètes et en crucifiant son Christ, nous avons seulement oublié Dieu et mal compris l’histoire de ses œuvres. Les Écritures de Sa vérité nous ont seules été données, et nous ne pouvons pas savoir comment nous recevrions un Sauveur, ou un Messager divin, parce que nous n’en n’avons jamais vu un. L’histoire des Gentils ne parle d’aucune opposition de ce genre, et nul ne sait sous quelle forme apparaîtront les saints Hérauts qui, aux derniers jours, apporteront les bonnes nouvelles et les paroles sacrées d’avertissement.

La colère ne peut pas être séparée de la miséricorde. Le pardon sera pour le pécheur qui se repent, mais la justice s’accomplira pour les nations, et les Gentils auront à rendre compte des persécutions qu’ils ont fait subir

à ce peuple qui fut le peuple de Dieu. Ce sera un triste jour, en vérité, pour les ennemis d’Israël que celui où la balance se fera dans le Livre de la Vie.

Les nations se vantent trop de leur sainteté : la justice propre de l’Église dépasse celle de la Synagogue, mais ce n’est qu’une profession de foi hypocrite. Jésus rend les hommes responsables, car Jésus réfléchit l’Intelligence divine.

Si la colère de Dieu doit se manifester contre toute hypocrisie et toute impureté, qu’est-ce qui attend ceux qui couvrent leurs coeurs pécheurs du voile d’une sainteté apparente? Mais qui mesurera la miséricorde de l’Ètre Infini pour le pécheur triste et repentant? Nous savons que les pauvres en esprit hériteront du royaume de Dieu, que ceux qui ont faim et soif de la justice seront rassasiés et désaltérés, et que celui qui pleure sera consolé ; non pas ici, peut-être, mais au-delà de ce monde.

Les Gentils doivent croire que ce qui s’est passé à la fin de l’époque juive va se reproduire bientôt pour eux. Dieu les visitera et, parmi eux, Il se choisira un peuple qui glorifiera son nom. Ils doivent savoir que la délivrance du péché et de la mort sera offerte aux

Chrétiens, comme elle fut offerte autrefois aux Juifs; que le Saint-Esprit se répandra sur les croyants et que ces croyants seront purifiés, comme du temps de Jésus et des Apôtres. Le résultat final sera la translation de l’état mortel à l’état immortel, et l’entrée dans le Royaume du ciel. Mais en outre, ceux qui, aujourd’hui, attendent ces événements avec une foi inébranlable, participeront sûrement à ce joyeux destin par la résurrection d’entre les morts.

C’est là l’Évangile qui n’a pas encore été prêché, le mystère des Gentils, le secret caché aux sages et aux prudents, mais qui est révélé aux enfanls.

l’homme a l’image de dieu

Là où est la vie, il doit y avoir une source de vie. Là où est l’amour, il doit y avoir une source d’amour. Là où est la force, il doit y avoir une source de force. Là où est la matière, il doit y avoir une origine de cette matière. Là où il y a une loi, il doit y avoir un maître qui a donné la loi.

Nous appelons la source d’où procèdent la vie, l'arnour, la force, la substance, ou la matière, Dieu, qui est l’incorporation éternelle et infinie, ou la concentration de ces cinq principes.

La vie est le résultat de l’opération des deux principes dont l’amour est composé : ces deux principes sont le masculin et le féminin.

Par conséquent, Dieu contient en Lui ces deux principes, car rien ne peut exister dont

l’homme a l’image de dieu 277

Il ne soit pas la première cause. Il est, par conséquent, la Mère infinie et éternelle de la création, de même que son Père infini et éternel — les deux principes forment un seul être.

L’homme, à l’origine, fut créé à l’image de Dieu, à sa ressemblance, — un être un, mais contenant au dedans de lui les principes mâle et femelle, et, au premier chapitre de la Genèse, il est dit : Dieu créa l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu; il le créa mâle et femelle.

Cette même affirmation est contenue dans les fragments des annales sacrées de presque toutes les anciennes religions que nous possédons. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons longuement développé dans notre volume intitulé Couverture des Sceaux (1). Le lecteur trouvera là la véritable explication que nous avons reçue au sujet des deux récits sur la création de l’homme, contenus dans les premier et second chapitres de la Genèse, et qui semblent contradictoires. Il suffira de rappeler ici que le premier chapitre parle de l’homme en tant qu’être spirituel, créé à l’image et à la

(1) Administration de YAurêre, 124, avenue de Wagram.

ressemblance de Dieu, tandis que le second chapitre le considère sur le plan matériel, fait de la poussière de la terre ; et c’est pourquoi il reçut le nom d’Adam, ce qui signifie « terre rouge ». Cet homme terrestre fut mis à l’épreuve et céda à la tentation d’un esprit animal du monde inférieur, en sorte qu’il tomba. Il en résulta que l’homme fut séparé de la femme; ne pouvant plus être unis, ils se trouvèrent séparés en deux moitiés et ne ressemblèrent plus à Dieu.

Depuis ce moment, et par suite de la séparation des sexes, la vie de l’homme, sur la terre, est devenue une vie de souffrance, de maladie physique et de péché.

Il en fut ainsi, parce que, avant la chute, c’est-à-dire avant la séparation des deux entités, les principes mâle et femelle étaient purs et la procréation se produisait d’une autre manière que maintenent. En outre, la translation d’un monde à un autre n’était pas accompagnée de la corruption de la chair, car l’homme d’alors n’avait pas une chair semblable à la nôtre. Mais lorsqu’il eut cédé à la tentation d’un esprit impur, appelé le Diable ou le Serpent, un courant de désir sensuel pénétra en

l’homme a l’image de dieu

lui, qui souilla et contamina toute sa nature morale et physique.

On a dit que l’amour ne peut pas agir sans la force ; l’homme devint alors le réceptacle d’une force impure au lieu cl’une force pure. Il procréa des rejetons impurs et malsains, il viola la loi de sa nature supérieure, et il laissa se déchaîner en lui les passions de rapine et de violence auxquelles ce courant de force sexuelle infernale avait donné naissance dans son organisme.

C’est là le secret de la maladie du monde.

Mais, si toutes les choses ne devaient pas, à la fin, être ramenées de nouveau à l’unité et concentrées sous une même tête, dans une créature consciente, pour l’intelligence et la joie de l’amour, le Créateur n’aurait pas de représentant, et l’Univers serait sans interprète, il serait de fait privé de centre et de couronne, — l’homme parfait, l’œuvre la plus noble de Dieu, laite à son image et à sa ressemblance, n’existerait pas.

Un tel Être ne pouvait pas être moins que le « Fils de Dieu », car il serait étrange, en vérité, que l’Infini ne fût pas un Père aussi bien qu’un Créateur. S’il n’avait pas de rejeton

direct, sa création serait une œuvre merveilleuse, sans doute, mais pas complète ; elle n’aurait ni signification ni fin ; ce serait une vaste maison très compliquée, mais sans habitant adapté à elle; un immense État, pourvu de tout ce qui peut satisfaire les sens, gouverné d’après des lois que la raison ne saurait assez admirer, mais sans personne pour en hériter.

Cette supposition est absurde, et cependant, il y a des penseurs qui affirment constamment que Celui de qui toutprocède et qui a créé toutes choses, n’a pas de véritable Fils, pas d’esprit de sa nature avec lequel il soit en sympathie. En conséquence, on rencontre, dans le monde de la pensée, des hommes distingués qui se débattent, comme si l’univers qu’ils cherchent à étudier était un chaos, comme si cet univers ne tirait son origine de personne et n'avait été créé en vue de personne. Ils semblent admettre que rien ne peut être connu et que l’homme n’est qu’un petit poisson, lancé dans le courant d’une force impersonnelle, non pensante, irrésistible.

Nous demandons avec étonnement : Comment cela pourrait-il être ainsi? Car il nous

l’homme a l’image de dieu

semble vraiment pervers de douter que l'homme possède dans sa nature la clef de la sagesse. Que l’homme reste frappé de terreur en face de la grandeur des forces de l’Univers, n’est pas une chose plus raisonnable que de supposer l’héritier d’un grand État debout et stupéfait devant une meule de loin.

Voici ce que le Seigneur dit à ses enfants :

« Il est mal de vous regarder comme moindres que la terre sur laquelle vous marchez, et moindres que le soleil qui pénètre les planètes de sa vertu. Vous êtes plus que toutes les étoiles ; elles ne sont que des demeures où habitent vos frères et vos sœurs. Tout ce qu’elles contiennent est pour votre usage et pour votre plaisir. Ne soyez pas effrayés en voyant les signes du ciel ; car toute cette agrégation de mondes solaires et planétaires est moins importante que l’esprit personnel de l’un de mes enfants. »

Vous, rejetons de Dieu, soyez dignes de votre parenté et marchez droit ; vous n’êles pas des esclaves de la création. Ce n’est pas la nature qui a engendré la puissance de votre pensée, ni votre amour, ni votre sentiment de vénération. Renoncez à vos étonnements, aceep-

tez l’héritage des distinctions que votre droit de naissance divine vous confère. Vous n’êles pas de simples fragments de la création ; vous êtes des personnes divines.

Nous sommes bien forcé d’avouer que, sous sa forme actuelle, engendré de la terre et rejeton de générationsbrutales, l’homme appartient à une espèce dégradée. Il est dans un état d’humiliation ; son unité originelle a été brisée ; il ne se connaît pas, et n’a pas fait l’expérience de lui-même, comme image et ressemblance de Dieu.

L’homme, « l’image », « la parole » — le rejeton et la révélation de Dieu, — comprenait, dans une indissoluble unité, les deux sexes. Sa dualité et son unité sont silencieusement réfléchies par toute la création. Les lois de l’attraction, de l’affinité, de la polarisation se concentrent en lui. La manifestion de Dieu et l’opération de son pouvoirgénérateurdépendent de l’action réciproque de ses deux parties et de l’harmonie qui règne entre elles. L’amour est l’action et la réaction éternelles entre deux parties qui, réunies, font un tout complet ; autrement Il ne pourrait pas être l’Amour, car l’amour ne vient pas d’ttn. mais de deux en

i/homme a l’image I)E dieu

un, et parce que la première chose qui caractérise Dieu, en tant que la nature éternelle, est l’unité du mariage. — Cette union devient donc la Loi centrale de toute existence dans le ciel et sur la terre.

Ce mystère sacré, par lequel les deux moitiés du cercle humain sont attirées l’une vers l’autre est, par conséquent, digne de notre plus grand respect. Ceux qui le pervertissent, le dégradent et le profanent, ne savent pas ce qu’ils font. « Que ton nom soit sanctifié ! » Et où pouvezvous trouver le nom divin dans sa plénitude, si ce n’est dans l’unité de l’homme, qui est deux en un? Deux âmes entrelacées, entremêlées, sont un enfant parfait de Dieu, et la couronne de toute unité.

L’homme est la forme plus extérieure de la femme, la femme est la forme plus intérieure de l’hommè. Elle est plus vite que lui touchée par l'étincelle divine, et elle est aussi plus profondément réceptive. Avant que l’homme connaisse la vérité, elle la sent. Les intuitions de la femme sont une merveille pour la raison de l’homme, et le pouvoir de réalisation de celuici excite l’admiration de la femme. Chacun complète la polarité de l’autre. De là le jeu

sans fin de l’attraction, de l’idéalisme, du roman entre les deux sexes. Séparez l’un de l’autre, et Dieu serait dépouillé, le ciel stérilisé, et le charme de l’humanité aurait disparu pour toujours.

Nous ne trouverons jamais l’image et la ressemblance de Dieu dans l’humanité, jusqu’à ce que nous les reconnaissions autant dans la femme que dans l’homme, et dans l’homme que dans la femme.

La femme, « au commencement », est contenue dans l’homme. Elle l’est aussi dans Jésus. Il est entré dans le monde par la femme, « né de la femme », il l’honore et la développe en lui. Chez lui, ce n’est ni le masculin ni le féminin qui domine, car les deux sont l'Homme. « Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l’homme, ni l’homme sans la femme. Car, de même que la femme a été tirée de l’homme, de même l’homme existe par la femme, et tout vient de Dieu. » (I Cor. XI, 11). Celui à qui appartient l’épouse, c'est l’époux. (Jean III, 29). Par conséquent, son influence fait le charme de l’homme comme de la femme; et II prépare l’âme de chacun pour cette unité parfaite qui

l'homme a l’image de dieu

est la félicité céleste. « L'ange me dit : Ecris, heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de V Agneau ! »

La séparation ou le déplacement de la dualité de l'homme est la croix centrale de notre monde, le veuvage du cœur, l’àme de la tragédie, et la plus grande incitation au suicide. La communion réciproque, parfaite, des deux en une seule vie est le Paradis, c’est « l'arbre de la vie », « la manne cachée » et la source de la jeunesse éternelle.

Que ce soit là la loi de la vie éternelle et du bonheur du ciel, est tacitement impliqué dans cette question posée par notre Seigneur : « Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces'l » (Math. XXII, 12). Tu n’es qu’une division, qu’un arbre sec; il n’y a pas de place pour toi dans 1 activité divine; tu n’as pas en toi la loi du renouvellement immortel .

Dans tous les fragments des anciennes religions qui sont venus à notre connaissance, nous trouvons la glorification de cette humanité de deux en un. Elle était tenue en grande vénération, et considérée comme la demeure et le véhicule de la Présence Divine. Les ché-

rubins sont des symboles très clairs de la dualité de l'homme. Il est impossible de lire les instructions minutieuses données à Moise sans être profondément impressionné de la haute et sainte signification des deux Chérubins (Ex. XXV, 16, 22; XXVII, 7).

Tout a été accompli dans le Christ, afin que tout soit, en dernier lieu, accompli de la même manière dans l’homme. Le Christ est le premier fruit de la race divine. Dans sa solitude sur la terre II est « l’homme de douleur ». Dans le ciel II est l’homme de glorie et de délice. Dans la vision de son Humanité complète et glorifiée, qui fut accordée à saint Jean, le disciple aimé, le divin féminin du Christ est certainement représenté vêtu d'une longue robe et ayant une ceinture d’or aux mamelles. Le mot employé signifie les mamelles d'une femme (y-aço;), (Apoc. 1,13). Prosternons-nous, comme saint Jean, dans une adora lion silencieuse devant cette Image et cette ressemblance de Dieu qui nous sont dévoilées. Et qu’aucun de nous ne s’attende à être un tabernacle de Dieu jusqu’à ce qu’il ait atteint l’unité de notre nature. Dieu demeure entre deux âmes qui sont également unies l’une à l’autre dans l’unité d’une affection

l’homme a l’image de dieu

parfaite. « Et je me trouverai là, avec toi, entre les deux chérubins.» (Voyez Ex. XXV, 18, 22). « Une lumière sortait de là, comme une présence, une gloire divine et humaine. » Le mot « entre » n’est pas employé dans le sens de quelque chose d’extérieur aux deux, mais signifie entre les deux comme une Présence répandxie intérieurement, une âme toute vivifiante dans les deux. En vérité, le lien du mariage idéal n’est pas moins que la vie et l’amour intenses de Dieu.

O triste solitaire ! o solitaire ardent ! attendez et croyez en Dieu. C’est la volonté de Dieu, c’est la loi de l’amour qui est la loi de l’univers, car chaque amant doit trouver son amour et chaque amour doit trouver son amant. Dieu conduit les deux solitudes divorcées qui se cherchent, et tout en les conduisant, il les prépare pour le jour de la rencontre. L’attente n’a pas d’autre but que de rendre la rencontre plus divine.

Il arrive souvent que l’une des unités humaines est dans le ciel et l’autre sur la terre. Dans ce cas, des courants de sympathie qui montent et descendent, établissent un circuit de communication secrète entre elles, ce qui

est un gage et une preuve de leur unité éternelle.

Si l’un, dans le ciel, a retrouvé la nouvelle virginité, l’autre sur la terre, doit faire de même, avant qu’ait lieu le « souper du mariage de l'agneau ». Chacun doit être complètement justifié et blanchi. Les délices célestes sont réservées à ceux qui ont le cœur pur. « Fais tes délices du Seigneur, afin qu’il te donne le désir de ton cœur. » La Sainte Virginité recevra la couronne de la dualité. Oh ! vous, veufs et veuves, vous tous, enfants de Dieu, isolés, ne craignez pas la crucifixion de votre moi héréditaire, mais plutôt priez pour qu’elle vienne. Tandis que vous lutterez à travers les étapes et le processus de la régénération, la révélation du secret le plus intime du ciel vous sera accordée ; elle fortifiera votre courage et vous inspirera l’espérance.

Bientôt le chant des 144.000 dont parle la Bible, résonnera à vos oreilles, et les sources cachées de la dualité dans l’unité, et de l’unité dans la dualité, seront la vue qui fera vos délices. La vie immortelle qui est Dieu dans l’homme et la plénitude de la joie ne peuvent demeurer que dans la plénitude humaine —

l’homme a l’image de dieu 289

l’union de l’àme, du principe mâle et du femelle dans l’homme. « R.éjouissons-nous, et faisons éclater notre joie, car. les noces de l’agneau sont proches et son épouse s'est parée. »

Nous conseillons à tous ceux que cela regarde de se « parer » de la chasteté céleste, de l’innocence céleste et de la sainteté ; mais de se mettre en garde contre les deux extrêmes de la sensualité ou de la spiritualité. Il y a une voie royale : essayez de la trouver et marchez-y.

Les hommes et les lemmes qui ne sont nés que de la terre ne se soucient pas de dépenser leur temps et leur force en aspirations vers le ciel. Qu’ils courent après la richesse, le plaisir ou la science, ils sont de la terre et terrestres. A. côté de ceux là se trouvent ceux qui sont spirituels d’une façon morbide. Nous employons cette expression de morbide, parce que leur spiritualité n’est pas du ciel, mais du genre de celle que l’on rencontre dans les couvents et les cloîtres; elle n’est pas générale et selon le Christ, elle varie avec les jours, trop souvent aussi elle est pharisaïque. La voie royale se trouve entre les deux . Les sensualistes s’égarent à gauche; les ascétiques et

tous les bigots durs et tristes errent à droite ; ils cherchent le ciel en répudiant la terre. Il est plus beau et plus divin d’unir que de diviser. Si votre ciel se sépare de la terre, ce n’est plus le véritable ciel; et, si la terre se sépare du ciel, elle n’est plus la terre du Seigneur, mais la terre d’illusion et de tromperie, la terre des espérances vaines et du désespoir certain.

Il y a un seul Dieu qui est le Dieu du Ciel et de la Terre. Pour les coeurs simples et semblables aux enfants, « le Ciel et la Terre sont pleins de sa gloire. » Il y a une sorte de spiritualité dédaigneuse et amère qui croit honorer Dieu en méprisant ses œuvres. Sachons Le voir, Le sentir et jouir de Lui dans ses œuvres et sentir ses œuvres en Lui. Et, après avoir fait nos délices des rayons du soleil, des nuages, des violettes et des buissons de roses, des fruits et des arbres embaumés de la terre, nous irons dans son paradis, plus beau et plus élevé, et, là, nous continuerons à contempler, à étudier et à admirer ses œuvres.

Pendant que nous sommes sur la terre, ornons-la, en y menant une vie utile. Épanouissons-nous et portons du fruit. Que nos cœurs soient des autels sur lesquels brûle l’en-

l’homme a l’image de dieu 291

cens, et tandis que le parfum montera vers le ciel, il planera cependant aussi sur la terre.

Nous sortons maintenant des siècles durs et masculins; le nouveau jour se lève aujourd’hui, le doux leu du divin-féminin descend du ciel et, comme une nouvelle atmosphère, pénètre et vivifie les âmes des hommes et des femmes; de là résultera un nouveau développement et une nouvelle efflorescence de l’humanité. Le nouveau siècle qui vient sera éminemment le siècle de la femme; la semence du serpent, ou de l’homme naturel ou terrestre, sera écrasée jusqu’à la mort, pour s’élever de nouveau a-vec le pouvoir et la ressemblance du Christ ressuscité.

Après la magistrature de Moise, avec ses rites desséchants, après les visions, tour à tour sombres et lumineuses, des prophètes, après la venue de Jésus qui apportait la révélation de la paternité de Dieu et qui fut suivie par un développement de la pensée, glorieux mais masculin — après toutes ces époques, relativement stériles, l’élément féminin et maternel de Dieu commence à agir sur les ressorts même de l’àme humaine, et doucement, comme sous l’action d’une force nouvelle et divine,

[es anciennes duretés disparaissent. Le soleil de la femme se lève et, à l’horizon, disparaît l’obscurité des temps où les affaires humaines n’étaient comprises que d’un seul côté.

La prochaine venue du Christ, cette venue qui sera plus complète, plus profonde, plus universelle, est représentée dans la vision que saint Jean désigne par ces mots : «. Il parut aussi un grand signe dans le ciel, savoir une femme revêtue du soleil », etc. Nous sommes à l'aurore de cette nouvelle époque, et sa chaleur se répand de tous côtés dans ta pensée humaine. Des voix retentissent dans le ciel : « Voici, je vais créer de nouveaux deux et une nouvelle terre » — « Toutes choses sont devenues nouvelles. » Le soleil maternel de l’influence divine, voilé pendant des siècles, apparaît lentement; il monte vers son zénith et ne se couchera plus.

Sur toute la terre, l’humanité va être guérie, sauvée, consolée. Nul ne pourra résister à la Femme des Cieux, « au Saint-Esprit dans son ineffable beauté », « à la mère de nous tous » — « Je vous consolerai comme une mère console son fils. »

Ces paroles n’auront aucune valeur pour

l’homme a l’image de dieu 293

ceux qui sont liés aux institutions surannées et à la routine des religions mortes. Néanmoins, elles sont l’expression d'une âme ardente, embrasée de la fervente chaleur de la nouvelle venue du Seigneur. Et ces paroles trouveront un écho et seront recueillies dans les demeures du peuple dispersé qui attend Son retour. Il vient, « voici l’époux qui vient, » Il est dans l’espace au dessus delà terre et« sessaints Anges sont avec lui. »

Pour ceux qui ont des oreilles pour entendre, mon message est : « Sortez au devant de lui. » Sortez de vous-mêmes, de vos vieilles pensées, de vos froides affections et « rencontrez-le dans les airs, d « Préparez le chemin du Seigneur, » afin qu’il puisse entrer dans le temple de votre esprit. Enlevez les obstacles qui sont sur son chemin pour qu’il puisse entrer droit dans votre cœur, et que son souffle créateur donne une nouvelle vie à vos âmes. Souvenez-vous que saint Paul disait qu'il était comme une mère en travail à l’égard de ceux qu’il instruisait « jusqu'à ce que le Christ soit formé en eux. » Soyons nous-mêmes des mères en travail jusqu’à ce que la nouvelle humanité divine soit formée en nous. La naissance ter-

restre ne produit qu’un bâtard — une humanité qui ne peut avoir aucune place ni aucun héritage dans le royaume de notre Seigneur qui approche. Avant que le Christ et ses saints Anges puissent prendre possession de nous, il faut que les couches superposées de vieilles idées héréditaires soient enlevées de nos intelligences. Si nous laissons tomber notre vieille âme, si nous abandonnons complètement à Lui chaque libre et chaque atome de notre être, la reconstruction de notre âme et de notre chair se fera aussi vite que la nature du cas le permettra. Avec une fermeté absolue de cœur et de résolution , nous devons vouloir que nos âmes et nos corps deviennent un terrain ferme pour la nouvelle vie que Dieu fait descendre aujourd’hui du ciel. Nos Anges nous demandent de leur faire place, pour qu’ils viennent allumer au dedans de nous la gloire du Christ qui brûle en eux.

Ce n’est pas l’illumination mentale et spirituelle seule qui pourra créer l’unité de la terre et du ciel, il faut encore la réalité organique d’un saint mariage intérieur. Leshommes et les femmes qui, depuis leur départ de la terre, sont devenus des Anges du Christ, nous

l’homme a l’image de dieu

aideront à purifier nos âmes et nos cœurs. Ils nous communiqueront la plénitude de la joie et de l’amour en s’unissant à nous de telle sorte que nous ne fassions qu’un avec eux dans nos âmes et nos corps.

Telle est la loi de l’Unité du ciel et de la terre.

Aux jours de Jésus, les Juifs persistaient à regarder en arrière vers Moïse, et leur nation restait pétrifiée et morte; les chrétiens resteront pétrifiés et morts, s’ils persistent à regarder en arrière vers la première venue du Christ et vers sa mort, au lieu de regarder en avant et d’attendre Sa venue dans la puissance et la gloire de son maintenant.

Les Juifs firentla sourde oreille aux enseignements du Christ, et il ne confia la signification intérieure de la loi à ses disciples que dans la mesure où ils pouvaient la comprendre. Souvent il leur répétait: « J 'aurais encore plusieurs choses à vous dire, mais elles sont encore audessus de votre portée. » La plupart de ses enseignements contiennent cependant un sens caché que ses disciples eux mêmes ne pouvaient pas comprendre.

Le temps est venu aujourd’hui où, à ce qui nous est dit, la véritable nature de notre Seigneur Jésus-Christ et de l’œuvre qu’il a accomplie sur la terre doivent être expliquées. Ceci était un grand secret, un mystère, mais maintenant qu’il a été révélé à quelques-uns des croyants les plus dévoués, on peut dire que ce

secret se résume dans les paroles prononcées par Jésus à propos de sa venue. « Je suis venu afin qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient même avec abondance. »

Dans le chapitre précédent, nous avons essayé d’expliquer les causes de la maladie du monde, et comment un être, créé spirituellement à l’image de Dieu, avait été corrompu par les mauvaises influences des passions dérivées de l’animalité matérielle de la création inférieure, et était devenu le réceptacle d’une force impure au lieu de celui d’une force pure et sainte. Et, ainsi, cet Être a violé les lois de sa nature supérieure, et a apporté le mal, sous la forme du péché, de la maladie et de la mort, dans le merveilleux monde de Dieu, ce que les animaux inférieurs n’avaient pas fait, car ils étaient restés fidèles aux instincts naturels implantés en eux par une sage Providence.

L’homme seul a péché et est tombé. La couronne de la création, l’Être qui avait été fait à l’image divine, et qui avait étéchargé de régner sur toutes les formes inférieures de la création, est tombé honteusement à un niveau plus bas que celui des bêtes de la terre, en désobéissant au seul ordre que lui eût donné son

Créateur, et en goûtant à la connaissance du mal qui lui avait été interdite. En conséquence, il ne futpas autorisé à manger du fruit de I’arbre de la vie qui croissait au milieu dujardin symbolique de l’Éden.

C’est cet arbre de la vie que le Sauveur, selon ses paroles, est venu restaurer dans l’humanité terrestre. « Je suis venu pour leur apporter la vie et pour qu’ils l’aient même avec abondance. » Et c’est précisément cette mission qui fait de lui le Sauveur de l’humanité.

Sa grande œuvre n’a pas été de répandreson sang innocent pour apaiser la colère d’un Dieu irrité, selon la cruelle doctrine que les hommes ont fondée à propos de l'épisode de sa mort sur la croix, par le fait de l’ignorance où ils étaient delà vérité. Il était nécessaire, cependant, que son sang fût versé pour que l’homme pût avoir la vie, mais non pas de la manière qu’on le suppose; non pas pour acheter le pardon des pécheurs et la vie à venir, mais afin de pouvoir posséder la plénitude de la vie, ici, sur la terre; cette plénitude de la vie que l’homme a perdue en cédant à la convoitise de l’animalité. Une lui était pas possible de la retrou-

verjusqu’à ce que notre Sauveur béni fût venu la donner à ceux qui étaient prêts pour la recevoir, en leur montrant le chemin par lequel ils peuvent arriver àlapossédercommelui. «Je suis le chemin, la vérité et la vie.» — « Je suis la résurrection et la vie.» Telle est la déclaration qu’il fit. Mais nous ne l’avons jamais cherché comme La vie; nous l’avons seulement adoré comme un Christ mort. Nous nous sommes rassemblés autour delà Croix, oubliant de voir la couronne. Nous nous sommes attardés auprès du Saint Sépulcre, sans nous rendre compte que le tombeau n’avait rien gardé de Lui, et ceci, malgré ce qu’avait dit l’Ange : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité. »

11 nous a été révélé aujourd’hui qu’il était nécessaire que son sang fût versé, afin de distribuer dans la nature les éléments atomiques du Divin-Féminin qu’il contenait. C’est pourquoi Jésus a dit : « En vérité, en vérité, je vous dis : Si le grain de froment ne meurt après qu’on l’a jeté dans la terre, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Les globules de ce sang et les atomes de cette chair, en passant dans la nature, furent semblables à une goutte d’un puissant médi-

cament infusée dans la vitalité d’un monde dont l’organisme tombait en décomposition. Et toujours, depuis lors, il lui a silencieusement communiqué sa force qui donne la santé. Il est vrai qu’il s’est écoulé une longue période de stagnation religieuse apparente, depuis ce sublime événement; mais cela n’a été qu’apparent. Bien que la semence parût morte, elle germait constamment. Les énergies se ramassaient lentement, se préparant pour la grande crise, que Jésus avait annoncée par ces paroles : « C’est maintenant que se fait le jugement du monde ; c’est maintenant que le prince de ce monde va être chassé. Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. »

C’est pour cette raison qu’il devait naître de la terre, par le moyen d’une femme naturelle, puis mourir et être élevé de la terre, car, de cette façon seulement, tout en étant le nouvel homme à l’image de Dieu, il pouvait acquérir une construction atomique qui lui permettrait d’avoir une affinité intime avec l’homme, et ainsi d’attirer tous les hommes à lui. Il n’y a pas, dans notre monde, un autre être que lui dont les éléments organiques soient dans un rapport

semblable avec les nôtres ; et c’est à cause de cela qu’il est notre Sauveur, le seul auquel nous devions nous attacher, et de qui seul nous puissions tirer les courants vitaux qui communiqueront la puissance nécessaire pour le salut de la race.

Dieu, dans son amour infini, a pourvu à une méthode par laquelle le principe Divin- Féminin peut descendre, à travers le Christ, vers tous ceux qui aiment leur prochain plus qu’eux-mêmes, et qui sont prêts à se sacrifier pour l'humanité, — qu’ils soient des Agnostiques, des Juifs, des Mahométans, des Bouddhistes, ou qu’ils appartiennent à n’importe quelle autre religion, philosophie ou croyance.

Il a fallu toutes ces années pour que la semence qu’il avait semée dans le monde, par son corps et son sang, eût germé; pour qu’une batterie pneumatique assez puissante pût être chargée, et qu’une chaîne atomique fût préparée, faite des organismes de ceux qui avaient passé dans le monde invisible, étant dans la foi et l’amour du Christ qui les avait mûris pour la vie immortelle, — chaîne qui doit transmettre les forces nécessaires pour la rédemption du monde. Cette énergie vitale devait avoir

été amassée ici et au-delà. C’est par cette chaîne que nous arrivons jusqu’au Christ, et que Lui nous atteint; et voilà ce qu’est, en principe, la Communion des Saints.

Aussitôt que la batterie terrestre sera assez puissante pour attirer en bas la vie qui est en réserve, attendant le moment de descendre sur nous, ceux qui, jusqu’à présent, nous ont été cachés par la mort, deviendront visibles ; ce sera la manifestation « des fils et des filles de Dieu » ; et lorsque les combinaisons atomiques seront complètes entre nous et ceux qui ont passé avant, « nous qui vivrons et qui serons restés sur la terre, nous serons enlevés tous en l’air, ensemble, avec eux, dans les nuées, au devant du Seigneur, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ». Il va sans dire que ceci ne signifie pas, à la lettre, une ascension dans nos corps actuels, mais une modification atomique de ces corps, — dont nous avons un exemple dans la transfiguration sur la montagne, — modification qui changera complètement nos relations avec la forme actuelle de la matière, et nous mettra en possession des mêmes pouvoirs qu’avait le Christ.

Alors, nous pourrons avoir — ce qui n’est

pas possible aujourd’hui — un contact plus direct avec Celui qui reviendra dans la gloire pour diriger ce grand mouvement rédempteur. C’est dans l’anticipation de cet événement, qui, à ce que l’on nous dit, ne tardera pas, que nous avons été appelée à l’œuvre de préparation. Elle a déjà commencé, par un processus qui, comme nous l’expliquerons, s’infiltre dans les cœurs, silencieusement mais sûrement, chez ceux qui s’ouvrent à cette iniluence. Aussi, a-t-il dit : « Voici, je viens comme un voleur ; heureux celui qui veille. » Pour quelques-uns, il est venu sans même les avertir, et ils ont été bouleversés par l’extase joyeuse de cette venue ; à ceux-ci s’appliquent ces mots : « Le Seigneur que vous cherchez entrera soudainement dans son Temple. » Mais ceux-là sont ceux qui vivent très près du Seigneur, qui cherchent sa présencecontinuellement, non seulement dans la prière, mais dans une pensée constante. Leur nombre est petit ; nous en connaissons personnellement quatre, peut-être six. Mais d’autres nous ont été révélés dans des livres, parmi lesquels nous mentionnerons Mme Guyon et plusieurs des mystiques ; mais, avant tous les autres, Sainte

Thérèse, la fiancée mystique du Christ. Thérèse, qui fut cloîtrée dès sa vingtième année, était une enfant du soleil du Midi, et le langage du cantique de Salomon venait naturellement sous sa plume, lorsqu’elle essayait de décrire l’extase de son union avec le Divin Seigneur. Il est constamment parlé de l’Église, dans l’Apocalypse, sous le terme de : la fiancée, l’épouse de l’Agneau, comme si les dernières paroles des Saintes Écritures devaient montrer à l’humanité, que ce n’est que dans l’extase de la passion divine de l’union nuptiale que peut exister une émotion céleste assez exquise et sainte, pour être comparée aux délices spirituelles intenses de l’union consciente de l’âme avec son Sauveur.

Sainte Thérèse sentit cela tout naturellement. Comme l’Église était la fiancée, l’épouse de l’Agneau, ainsi Thérèse d’Avila était mystiquement unie à Notre Seigneur. C’était 1 expression sublime de son sexe qui, trouvant une issue dans le mysticisme le plus élevé, portait témoignage, dans chaque phrase et tournure de phrase, de l’arbre d’où il sortait.

Pour ceux qui peuvent voir avec leurs yeux, entendre avec leurs oreilles et compren-

WtL . **

dre avec leur cœur, le livre de l’Apocalypse est tout plein de ce mystère : « Réjouissons-nous, et faisons éclater notre joie, et rendons-lui gloire, car les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est parée. Et il lui a été donné de se vêtir de fin lin, pur et éclatant; car ce fin lin, ce sont les justices des Saints ». (Apoc. XIX, 7-8).

Il est évident que, puisque c’est par la femme que la maladie et la mort sont entrées dans le monde, c’est de la femme que le remède doit venir, et que c’est en s’unissant au Féminin-divin que descendra sur elle la force qui chassera les impuretés de son organisme. Dans la personne du Christ se trouve le lien qui pourra permettre que cette union s’accomplisse; c’est pourquoi il s’appelle constamment « l’époux», et il dépeint sa relation avec la race humaine par la parabole des vierges sages et folles, par le mariage du Fils du Roi et par la parabole du souper des noces, d’où celui qui n’a pas un habit de noces est chassé. Ceci contient un grand mystère, car il est impossible pour tout homme, ou toute femme, qui sont dans leur condition actuelle, d’entrer en relation directe avec le Christ. Les

IN

rayons de sa gloire sont trop intenses pour qu’aucun être humain puisse en supporter l’éclat sans l’influence d’un medium transmetteur, et ce médium est composé des esprits des hommes justes arrivés à la perfection. Leur relation avec nous est complètement décrite dans l’épitre aux Hébreux. Ce sont eux qui nous fournissent l’habit de noces et le fin lin qui sont les justices des Saints.

Les forces qui agissent dans la partie invisible de l’univers sont infiniment plus puissantes que celles qui travaillent ici. Néanmoins le progrès et le succès de ce qui est visible dépend absolument de ceux qui sont sur la terre, et la régénération de l’univers ne peut avoir lieu que par le moyen de l’action de l’homme sur sa planète. La raison en est que c’est sur cette planète que la maladie a pris naissance, et c’est par l’influence du Divin-Féminin sur l’homme que sera introduit le levain qui doit faire lever toute la pâte; car, c’est par l’influence que la femme tombée a eue sur l’homme, que le virus qui a infecté la race est entré dans le monde. C’est afin de douer la femme d’une force nouvelle qui lui permettra d’agir sur l’homme, qu’a été établie la chaîne

des Saints, au moyen de laquelle les éléments du Divin-Féminin pourront lui être transmis directement du Christ. Comme elle écouta une fois la voix du serpent tentateur, ainsi maintenant elle doit tendre l’oreille au murmure de l’Ange. De même qu'une fois, elle ressentit le choc d’une vibration infernale qui a convulsé et rabaissé son organisme, ainsi, maintenant, elle doit ressentir le tressaillement d’une impulsion divine qui le purifiera et l’élèvera. Ainsi,, qu’une fois, elle a donné à l’homme le fruit de l’arbre de la connaissance du mal, maintenant elle doitlui donner le fruit de l’arbre de la vie pure, qui lui est librement offert. Et comme, une fois, elle l’a trompé par un langage mensonger, maintenant elle doit lui dire la parole de vie. Puisque c’est elle qui fut cause de son expulsion dujardin d’Éden, c’est elle qui doit l’y ramener. Elle est la prêtresse de l’autel de la pureté, devant lequel l’homme doit, désormais, adorer pour y représenter le grand prêtre, son époux.

Ce sont là les droits de la femme qui feront plus pour elle que toutes les lois qu’elle tache d’obtenir en sa faveur ; et c’est un des signes qui montrer a que son long temps d’esclavage

308 Eli SECRET DU NOUVEAU TESTAMENT

est passé, et que sa véritable émancipation va être établie, par le moyen de cette œuvre de transformation qui est sa mission divine. Et c’est ainsi que la semence de la femme finira par écraser la tête du serpent.

« Donc mes frères, puisque nous avons, par le sang de Jésus, la liberté d’entrer dans les lieux saints, par le chemin nouveau qui mène à la vie (la distribution atomique des éléments du Divin-Féminin dans la nature), — chemin qu’il nous a frayé à travers le voile, qui est sa propre chair (ou l’organisme humain), — et puisque nous avons un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous de Jmi avec un cœur sincère, avec une confiance pleine et parfaite, ayant les cœurs purifiés des souillures d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure (la pureté divine). Retenons constamment la profession de notre espérance, sans varier, car Celui qui a fait les promesses est fidèle. » (Héb. X, 19-23).

l’avènement du saint-esprit

C’est' le Saint-Esprit qui communique à l’homme laconscience duDivin-Féminin — par un processus qui sera présentement décrit — delà même façonqu’il le communiqua au Christ lorsqu’il descendit sur lui sous la forme d'une colombe. La nouvelle révélation descend par l’opération du Saint-Esprit dans l’organisme, et pénètre l’homme de cette vérité fondamentale qu’il est un être bi-un au service d’un Dieu bi-un, et qu’il ne pourra pas être uni de nouveau à ce Dieu jusqu’à ce qu’il ait retrouvé l’image perdue de son maître, selon laquelle il fut, à l’origine, créé.

En premier lieu, le Divin-Féminin descend dans la Femme, par le moyen du Christ en elle, lequel est lui-même masculin-féminin, — le Verbe divin, ou, comme les Juifs le disent

plus exactement dans la Kabbale, la Parole et la Voix (1), car, sans la voix, la parole ne pourrait pas être prononcée.

Procédant du Christ, le Saint-Esprit descend, par couples angéliques (Verbe et Energie vitale), dans les régions supérieures du monde invisible, et de ces couples à d’autres couples plus bas, s’atténuant, pour ainsi dire, à mesure qu’il passe et s’approche de la terre. Enfin, il arrive à ce couple qui a reçu la mission de le transmettre à la femme terrestre, après l’avoir préparée par des étapes de discipline, et avec laquelle il se trouve dans une affinité atomiques spéciale.

Pour mieux saisir ce processus, il est nécessaire de comprendre que la propagation de chaque être humain, dans la partie visible de notre univers, est précédée de sa génération dans la partie invisible. En d’autres mots, les âmes naissent des âmes comme les corps naissent des corps. De même que, par la mort, nous sortons du monde visible pour naître au monde invisible, ainsi, lorsque nous naissons ici, nous mourons au monde invisible après avoir été engendrés par la Source infinie, au moyen de

(1) Bath-qôl — ou fille de la voix.

i/avexicment du saint-esprit

l’action successive et réciproque d’éléments atomiques mâles et femelles à travers une longue série d’êtres spirituels. Représentez-vous une étincelle de vie, ou un germe-âme qui finit par tomber dans des organismes humains pour y recevoir, de leurs parents terrestres, un corps atomique matériel, qui tire, plus ou moins, son origine de leurs natures physiques et morales, mais tout en conservant ses caractéristiques propres, par rapport à la sensibilité atomique et à la capacité de former de nouvelles combinaisons.

La condition morale et intellectuelle d’un être qui vient au monde, ne dépend pas autant de ses parents humains — de qui il tire son enveloppe charnelle et plusieurs de ses caractéristiques héréditaires — que de ses progéniteurs plus immédiats, quoique invisibles, qui sont généralementen affinité avec ses parents et atomiquement reliés à eux par la ressemblance de la constitution morale et du tempérament.

Cela intéressera peut-être mes lecteurs de savoir comment j’eus, pour la première fois, connaissance de cette théorie sur la génération de l àme.

Il y a plusieurs années que, dans une de ses innombrables communications, celle qui est, je le sais maintenant, ma mère spirituelle, ou mon âme-mère, me donna, par l’exemple poétique qui suit, l’explication de ce processus divin. Elle me dit :

« Le rosier, dans votre jardin, n’est pas l’arbuste réel, le véritable rosier est le rosier spirituel, dont la nature .est double, etlaforce divine agit continuellement sur lui pour faire pousser de nouveaux boutons sur le plan extérieur. Ces boutons ne sont qu’une émanation, une incarnation, si vous voulez, mais jamais une ré-incarnation, parce qu’il n’est jamais fait usage à nouveau des mêmes éléments soit spirituels, soit matériels. Et cependant, votre rosier est un fait permanent qui, constamment, vit, respire et s’épanouit à l’extérieur par la force d’impulsion de l’intérieur, manifestant sans cesse le principe intérieur.

« C’est, en réalité, une manifestalion de l’Esprit Divin; et de même que pour le rosier, ainsi en est-il pour tous les autres arbres du jardin de Dieu et pour le plus petit rameau du plus petitbuisson, lequel, saison après saison, renouvelle ses feuilles qui sont sa vie objective,

l’avènement du saint-esprit

et tire d’elles sa nourriture. Et il en est de meme des arbres humains dans le jardin de Dieu : ils ne sont pas les arbres réels, mais seulement la manifestation extérieure de ceux qui ont des racines plus solides que la terre ne peut en donner, car ils sont plantés dans un sol céleste et ne sont, par conséquent, qu’une expression de l’homme réel et spirituel avec sa double nature. »

Cette déclaration m’a été plusieurs fois confirmée dans des communications subséquentes. Par là, j’ai eu la preuve que nous sommes seulement des personnes ( pcrsona , comme lut le Masque des anciennes comédies grecques ), jusqu’à ce que nous soyons assez développés pour recevoir d’en haut l lnfluxdivin, que nous expliquerons dans ce chapitre, comme étant l’un des secrets du Christ. C’est parla que nous est conférée cette individualité, ou indivisible dualité qui doit finalement faire de nous un Fils de Dieu, en nous restaurant d’après cette image divine, — perdue par suite de notre désobéissance, mais d’après laquelle l’homme avait été créé au début (J).

(1) Dieu donc créa l’homme à son image; illeçréaà l’image de Dieu; il le créa mâle et femelle.

Le fait que c’était seulement par la descente du principe Divin-Féminin dans l’organisme de la Vierge que le Saint-Esprit pouvait être développé dans l’enfant, la revêt d’un caractère de sainteté d’un ordre très élevé, car elle est le lien atomique entre le progéniteur invisible et le fils de l’homme. Marie représente lame, et, en cette qualité, elle est la matrice du principe divin. Bien que, dans la traduction des Écritures, on ait trop souvent confondu l’esprit et l’àme, les deux sont absolument distincts. Cependant, nous lisons dans le premier chapitre de saint Luc que, répondant à la question de Marie, l’Ange lui dit : « Le Saint-Esprit (Divin Féminin) surviendra en toi, et la vertu du Très-Haut (le Divinmasculin, attribut du pouvoir ou de la force) te couvrira de son ombre; c’est pourquoi aussi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé le Fils de Dieu. » Cette salutation, qui concerne le Christ , a fait supposer à l’Église que Jésus n’avait pas de père naturel.

Et n’en est-il pas ainsi pour le Christ conçu dans chacun de nous, car, la véritable épouse de famé est I’Esprit Divin, qui est ainsi le véritable père du Christ, ou l’homme régé-

l'avènement du saint-esprit

néré. « Mes petits enfants, pour qui je sens de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. » (Galates IV, 19). Ainsi, Joseph ne nous est pas montré comme le véritable époux de Marie, l’âme vierge, pure et immaculée, ou comme le père véritable de son fils, cette ce chose sainte » qui naquit d’ELLE; quoique, d’après les paroles de Pierre et de Paul, il semble qu’il soit le père charnel de I’Homme-Jésus, qui était le fils de l’homme, mais qui, à son baptême, fut déclaré être le Fils de Dieu.

La signification réelle du baptême est de symboliser la descente du Divin-féminin. L’eau a toujours été un emblème de la Mère Divine» qui est quelquefois appelée l’Océan delà Vie, ou la profondeur -, de même que l’emblème de Dieu le Père est le feu pur, car c’est bien décrire Dieu que de le comparer à un leu pur et simple, brûlant à l’infini, et dont une flamme subsiste dans toute créature. Le kosmos est un arbre qui a des branches innombrables dont chacune, est reliée à la racine principale d’où elle tire sa nourriture. Et Dieu est semblable à un feu qui brûle dans cet arbre, mais sans le consumer. Dieu est « je suis» Telle

1516 LE SECIiET DU NOUVEAU TESTAMENT

est la nature de l’être infini et essentiel, et il est Dieu au commencementet avant les mondes. L’esprit est essentiel, est parfait en lui-même, n’ayant ni commencement ni fin. L’esprit est abstrait. L’àme est secondaire et perfectible, étant engendrée de l’esprit. L’àme est concrète et le but de toute la création, ou manifestation, est révolutions des âmes. L’esprit est le premier Adam ; l’âme est Ève, la femme prise du côté de l’homme. L’esprit est le premier principe, l’àme en est une résultante.

L’àme est le médium par lequel l’esprit est individualisé et dans lequel il devient concret ; en sorte que, par le moyen de la création, Je Dieu un devient le Dieu Infini. Le but qui est donc proposé au saint est de vivre de façon à rendre l’àme lumineuse et de l’unir fermement à l’esprit, afin que, parla, l’esprit puisse être perpétuellement un avec l’âme, et rendre ainsi son individualité éternelle. Celte union parfaite est représentée dans l’Écriture par l’allégorie du mariage du (ils du Roi.

Sans la création, il n’existerait qu’un état conscient, vaste, diffus, non individualisé, contenu dans une immense substance. C’est la force, ou esprit, qui fait que toutes les choses

L AVÈNEMENT du saint-esprit 317

se forment de cette substance, qui est la Mère Divine ; et l’âme grandit en sortant delà matière parle moyen de l’évolution, c’est-à-dire parla force inhérente qui agit sur la substance. Et ainsi, l’âme naît dans le sein de la matière, et au dedans d’elle est conçu l’élément personnel, qui, quoique séparé de Dieu, est cependant Dieu dans l’homme, car Dieu n’est ni multiplié ni diminué, mais il est séparé en plusieurs. La matière est la cire, l’âme est la mèche et Dieu est la flamme qui illumine.

« Si on te demande la raison delà création, tu répondras : l’évolution et l’élaboration de l’âme, et des âmes, dans le but de peupler le Royaume céleste. »

Mais, pour en revenir à notre dernière citation de saint Paul, qui semble avoir trait au parentage humain du Seigneur Jésus, il fait allusion à cet important incident de la vie terrestre du Sauveur des hommes, qui est rapporté avec insistance par chacun des quatre évangélistes et que nous citerons ici avec les paroles de saint Jean.

« Le lendemain, il vit Jésus venant à lui et il dit : Voici l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde . C’est celui dont j’ai dit :

Après moi vient un homme qui m’a précédé, car. il était avant moi. Je ne le connaissais pas, mais c’est afin qu’il soit manifesté à Israël que je suis venu baptiser d’eau. Jean rendit ce témoignage: J’ai vu le Saint-Esprit descendre du ciel comme une colomde et s’arrêter sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et s’arrêter, c’est celui qui baptise du Saint-Esprit. Et j’ai vu et j’ai rendu témoignage qu’il est le Fils de Dieu. (Jean I, 29-34.) »

Et ici, 1 ordre m’est donné par quelqu’un qui doit être obéi, de dire que ce passage de saint Jean contient les trois grandes vérités qui sont le salut du monde. Premièrement, Jean- Bapt is te déclare que Jésus est « Y Agneau de Dieu qui ôle le péché du monde ». Nous avons déjà montré de quelle façon il doit accomplir cette mission divine — savoir en rétablissant l’image dénaturée de Dieu dans sa première condition de pureté bi-sexuelle. Secondement, le précurseur vit : « le Saint-Esprit de Dieu descendre sur lui sous lu forme d’une colombe », — ce saint principe féminin dont tous doivent

L’AVÈNEMENT DU SAINT-ESP1UT 319

être baptisés pour être sauvés. Et troisièmement, il rend témoignage qu’il est « le Fils cle Dieu ».

Le parentage immédiat du Christ dans le monde invisible nous est caché. Tout ce qui nous est indiqué est qu’il fut engendré directement par le Séraphin dans une complète bi-unité. Ceci est indiqué par les termes de la salutation angélique que nous avons déjà citée, lorsqu’il est dit à Marie que le Saint-Esprit viendra sur elle, et que « la puissance, (la force) du Très-Haut la couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » Le Saint-Esprit et la Puissance (ou force) étant respectivement les principes Divin-Féminin et Divin-Masculin, ce fut par le moyen de cette puissance, concentration bi-sexuelle sur un organisme vierge préparé, que le Christ descendit dans le monde en s’incarnant dans un corps humain.

Mais, avant que sa contre-partie féminine pùt se manifester intérieurement à Jésus, il était nécessaire que le Saint-Esprit, ou Divin- Féminin, descendit directement sur lui personnellement. Le Christ devait donc recevoir le baptême du Saint Esprit pour développer

en lui la pleine conscience du principe féminin, qui se manifesta sous la forme d’une colombe. Après que ceci se fut passé, le Baptiste reconnut immédiatement en Jésus la double nature ; car, lorsque les Juifs vinrent à lui en désignant le Christ comme un rival qui avait aussi baptisé, Jean leur répandit : « Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel. Vous-mêmes en êtes témoins que j’ai dit : Je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. Celui à qui appartient l’épouse, c’est l’époux. Mais l’ami de l’époux, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l’époux (Jean III, 27-29). » 11 est impossible de trouver un témoignage plus clair, quant à la nature bi-une du Christ et à sa complète bi-sexuaüté, que celui qui est contenu dans ces paroles et cette allusion à son épouse, allusion faite par le seul homme, vivant alors, qui fût capable de saisir ce profond mystère.

Jésus lui-même reconnaît en lui cette double nature lorsqu’il dit à ses disciples : « Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger pendant que l’époux est avec eux? Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûne-

l’avènement du SA1NT-ESDRIT 321

ront. » (Math. IX, 15. Marc. II, 19 et Luc V, 34.)

Remarquons que ces paroles de notre Soi gneur sont citées par trois des Évangélistes, ce qui semble indiquer la grande importance qu’ils y mettent — car, par là, Jésus semble prévoir que les enfants des« amis de l'époux » — qu'il appela de ce nom, parce que ce sont ceux qui commençaient à recevoir la vie-biune, — perdraient bientôt le peu de sentiment conscient qu’ils en avaient, lorsque l’époux leur serait ôté, et qu’ils souffriraient alors de l’absence de ce principe vivifiant que leur communiquait cette vie.

Un des obstacles les plus puissants à l’approche du Christ comme époux, est cette tristesse constante, et le fait de ne voir en lui qu'une victime sur la croix. C’est un obstacle pour deux raisons : Premièrement, parce que la plupart des gens s’obstinent à contempler le sacrifice du Christ, croyant, parla, échappera la damnation éternelle ; et, secondement, si cette damnation éternelle existait, ils ne pourraient pas employer de meilleur moyen de se l’attirer qu’en acceptant une victime parfaitement innocente, pour servir leurs inté-

rêts, et apaiser ainsi la colère d’un Dieu cruel.

Bien que cette doctrine ait eu son utilité comme agent moral et emblème du sacrifice personnel, elle semble aujourd’hui retenir les hommes loin de leur Maître, en les enracinant dans le sol même où était planté cet arbre symbolique de la vie qui devait, comme disait le Christ, élever tous les hommes à lui.

La croix doit être tenue en vénération, non pas comme l’emblème de la mort du Christ, mais de la vie qu'il est venu rendre à l’humanité, — car elle est le véritable emblème de l’arbre de la vie en tant que symbole de la bi-sexualité, — la ligne verticale indiquant le principe masculin et la ligne horizontale le principe féminin. Ainsi, la manière même dont notre Seigneur est mort exprime d’une façon spéciale la perfection de son humanité.

Mais l’étendard du Christ Hotte devant nous et non pas derrière nous ; etses plis sont blasonnés de la pure et blanche colombe, — emblème de son épouse, — au lieu de la croix placée sur les bannières des armées engagées dans des guerres sanglantes faites en son nom, comme au temps des Croisades. Chaque

l’avènement du saint- esprit 323

fois qu’un crime allait être accompli par l’Église, soit en Orient, soit en Occident, la croix était dressée comme pour en fournir le mandat; ainsi que cela fut au temps de l’Inquisition, alors que le corps et le sang du Christ étaient, pour ainsi dire, traînés en effigie dans la boue, par les mêmes personnes qui croyaient que, chaque fois que les sacrements étaient administrés, ce corps et ce sang subissaient un changement miraculeux, en sorte qu'elles pouvaient manger l’un et boire l’autre.

C’est ainsi que le saint emblème de l’arbre delà vie est véritablement devenu un obstacle qui empêche les hommes de s’approcher de l’épouse. L’époux cependant est venu pour nous rendre cette vie qui, parce que sa signification intérieure a été supprimée et son sens extérieur faussé dans un but d’intérêts sacerdotaux, a perverti entièrement notre conception du Christ, de son œuvre sainte et de nos devoirs par rapport à lui. Car il est un guerrier conquérant, et il nous appelle au champ de bataille qui doit précéder les noces si souvent décrites dans l’Evangile, comme le mariage du fils du roi, et par les bouddhistes, comme l'union du Duddhi-Manas, ou esprit

et àme. Cette union est destinée à nous restaurer selon l’image divine d’après laquelle nous fûmes créés à l’origine, mais que nous avons perdue en acquérant la connaissance du mal, et en tombant dans un état de matérialité inférieur à celui des bêles de la terre.

Nous ne pourrons nous approcher de lui que dans la mesure où nous nous rendrons compte de cela, et où, comme le dit saint Paul, « oubliant les choses qui sont derrière, et nous avançant vers celles qui sont devant, nous courrons vers le but, vers le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. »

l’apocalypse de saint jean

Plus nous étudions ce livre merveilleux, plus nous sommes convaincue qu’il est un message envoyé par l’Apôtre aux Églises de l’Asie Mineure. Nous croyons, en effet, que ce livre était parfaitement compréhensible pour ses premiers lecteurs, les premiers chrétiens qui, dans les cruelles persécutions qu’ils subissaient, attendaient avec impatience l’heure de la délivrance où, selon sa promesse, le Seigneur devait venir pour la seconde fois, afin déjuger leurs ennemis.

Est-il vraisemblable que l’Apôtre se serait moqué de leurs souffrances en leur adressant dé sombres paraboles au sujet d’époques lointaines, comme voudraient nous le faire croire ces sages d’aujourd’hui, qui ne cessent de se creuser le cerveau pour dévoiler et interpréter le message troublant?

Quelle raison y aurait-il eu d’envoyer aux sept Églises ce document, accompagné d’une bénédiction, avec l’ordre de le méditer, si ce qu’il contenait ne les intéressait pas immédiatement ? Cette considération ne nous donne-t-elle pas la clef en question en nous montrant que ce livre traite nécessairement de choses se rapportant à l’histoire contemporaine?

Les premières phrases, comme les dernières du livre, indiquent nettement la proximité des événements auxquels elles font allusion.

« La Révélation de Jésus-Christ que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt et qu'il a fait connaître par l'envoi de son Ange à son serviteur Jean — lequel a attesté la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ et tout ce qu'il a vu. Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites! Car le temps est proche. » Suit la

Page 1