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LE CHRIST DANS L’ANCIEN TESTAMENT

L'argumentation et les preuves tirées des Prophéties sont les lettres de créance qui s’offrent à l’examen, le véritable sceau et la signature apposés aux Saintes Écritures par l’auteur du Plan Divin, et qui certifient leur origine et leur autorité divines; le signe et le sceau s’adressent à tout esprit, et portent en euxmêmes leur vérification dans les limites de la parole.

Le lecteur n’a qu’à comparer dans le même volume les deux portraits. Dans l’Ancien Testament, nous avens l’image de cet Être mys-

(1) Pour plus de sûreté dans nos citations, nous nous sommes adressée à l’admirable ouvrage de A. -T. Pierson, Les Evidences du Christianisme.

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térieuxcjui doit venir; dans le Nouveau, la peinture de Celui qui est venu. Que le lecteur remarque comment, jusque dans les moindres détails, les traits se ressemblent, qu’il voie comment, en tous points, l’histoire accomplit la Prophétie. 11 n'y a pas une seule différence, et cependant il ne peut pas y avoir eu de rapport entre le Prophète et le Narrateur, car la distance qui les sépare est de quatre à quatorze cents ans.

« Dans le volume du Livre , il est écrit sur moi. » Oui, il n’y a qu’un livre et qu’une seule personne. Le Livre est évidemment écrit pour la personne ; mais la personne a dû être avant le Livre pour l'inspirer, et après lui pour le couronner et le compléter. Comme saint Luc le dit : Il y a plusieurs preuves infaillibles. Mais avant toutes les preuves historiques extérieures, il y a la Prophétie qui est l’argument irréfutable. Parmi toutes les preuves intrinsèques et expérimentales, celle qui suffit à tout est la personne du Christ.

Abraham vit son jour, de loin, et lut joyeux; Moïse parla de Lui ; David Le chanta. Et tout cela est si évident que, comme le dit Notre Seigneur : « S'ils n'écoutent pas Moïse et les Pro-

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phètes, ils ne seraient pas non plus persuadés quand même quelqu'un des morts ressusciterait. »

Les Apôtres et Notre Seigneur Lui-même mettaient une grande importance à cet argument tiré de la Prophétie; c’est à peu près le seul argument qui est employé dans le Nouveau Testament. Il n’y avait aucun besoin, alors, de prouver les faits de la vie, de la mort et de la résurrection de Notre Seigneur. « Ces choses ne se passaient point à l’écart , » comme le dit hardiment Paul à Agrippa. A cette époque, les ennemis même de la foi n’osaient pas contester les faits. A la distance de dix-huit cents ans, il est possible que la critique nous mette au défi de prouver d’une façon certaine, que Jésus se leva d’entre les morts, mais il faut remarquer que, pendant les trois premiers siècles de luttes violentes, alors que chaque pas que faisait le Christianisme était marqué de sang, il n’était pas nécessaire de défendre le fait de la résurrection, car les ennemis même de la Croix n’osaient pas le mettre en doute.

A cette époque, les faits étant parfaitement cla rs, la seule chose nécessaire était de mon-

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trer leur merveilleuse correspondance avec les Prophéties de l’Ancien Testament, afin de porter la conviction dans les esprits impartiaux. Telle était donc, alors, la seule manière dont on prêchait l’Évangile, la base simple et solide d’argumentation sur lequel il reposait.

Notre Seigneur ressuscité, Lui-même, marchant du côté d’Emmaüs avec ses disciples « commençant par Moïse et continuant par tous les Prophètes, leur expliquait, dans toutes les Écritures, ce qui le regardait. » Ils avaient été désespérés à sa mort et incrédules à sa résurrection ; aussi leur expliquait-il que sa mort et sa résurrection, le troisième jour, avaient été attendues pendant des siècles, selon les Prophéties, et il leur reprochait leur découragement etleur incrédulité, disant : « O genssans intelligence et d'un cœur tardif à croire tout ce que les Prophètes ont dit! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, » afin que les Écritures fussent glorieusement accomplies?

Le jour de la Pentecôte, Pierre prêcha un sermon qui fit entrer la conviction dans l’esprit de trois mille auditeurs. Toute la base de son argumentation était ceci : Que, par la mort et la résurrection de Jésus, et même

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par sa crucifixion, les Prophéties, qui étaient lues chaque Sabbat dans la Synagogue, avaient été exactement accomplies ! Il leur montra comment David, prévoyant que le Christ viendrait, avait prononcé les mystérieuses paroles du Psaume XVI ; comment Joël, prévoyant la descente de l’Esprit, avait, depuis des siècles, raconté la bénédiction de la Pentecôte dont ils devaient être les témoins. Et ce fut par cet appel, dans lequel la Prophétie et l'Histoire se rencontraient, que des milliers furent saisis dans leur cœur.

Nous avons le discours de Pierre, sous le portique de Salomon et dans le palais de Cornélius ; les paroles d’Étienne à ceux qui le lapidaient; les sermons de Paul dans la Synagogue, à Antioche et à Thessalonique, où, pendant trois jours de Sabbat il les entretint des Écritures ; leur découvrant et leur faisant voir qu'il avait fallu que le Christ souffrit et ressuscitât des morts, » et que ce Jésus qu’il prêchaitétait véritablement le Christ de Dieu. Nous suivons ce même Paul jusqu’à ce qu’il arrive devant Agrippa. Son appel est toujours :

« Croyez-vous aux Prophètes ? » Et la dernière fois que nous le voyons à Rome, il est

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encore occupé à « annoncer le règne de Dieu, confirmant ce qu'il dit par divers témoignages , et tâchant de leur persuader, par la loi de Moïse et par les Prophètes , ce qui regarde Jésus. » (Actes, XXVIII, 23).

Pourquoi cet argument tiré des Prophéties était-il alors si souvent invoqué et si puissant, — et pourquoi, hélas, maintenant est-il si rarement employé avec une véritable force? Pourquoi était-ce l’argument que l’on avait choisi, entre toutes les armes, pour défendre une foi attaquée et pour forcer les assaillan ts à se rendre? Parce que cet argument est irréfutable ; parce que sa force est constante , et parce qu’il peut s’appliquer partout et toujours. Et, afin que nous puissions tous sentir ce; te persuasion puissante, ayons la patience d’entrer dans quelques détails.

Les Prophéties et les allusions au Christ, dans l’Ancien Testament, qui sont expressément citées dans le Nouveau, soit comme des prédictions accomplies par Lui, soit comme des prévisions qui s’y rapportent, sont au nombre de 333 (trois cent trente-trois).

Ces Prophéties peuvent se diviser en deux grandes classes. La première contient les Pro*

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phéties qui le peignent dans sa nature humaine, sa descendance, sa carrière, ses souffrances et sa gloire, dans ses manifestations successives jusqu’à la fin du monde ; puis celles qui décrivent son caractère et sa mission humaine et divine.

La plume audacieuse de la Prophéthie, avec un calme et une hardiesse qui viennent de la conscience d’une inspiration infaillible, ajoute trait après trait, ligne après ligne, et teinte après teinte, de façon que ce qui d’abord n’était qu’un dessein sans couleur, une simple esquisse, apparaisse comme un portrait parfait avec les tons de la chair vivante.

Cet Être mystérieux qui doit venir, devait être la semence de la femme, et naître d’une Vierge. Il devait être de la famille de Noé, de la branche de Sem, de la race des Hébreux, de la semence d’Abraham, dans la lignée d’Isaac, à travers Jacob ou Israël, de la tribu de Juda, de la maison de David. Il devait naître à Bethléem après une période de soixante-dix semaines (1) depuis la promulgation du décret pour la restauration et la reconstruction de

(1) Proprement heptades ou divisions de sept.

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Jérusalem. Sa passion, ou ses souffrances, sa mort sur la croix, son ensevelissement, sa résurrection le troisième jour, son ascension dans la gloire céleste, sa seconde apparition glorieuse à la « régénération » et son retour à la fin de l’àge pour le jugement des Juifs, tout cela est compris dans les lignes de son humanité et de sa carrière humaine comme fils de l’homme.

La seconde grande division de ces Prophéties messianiques, comprend son double caractère de fils de Dieu en même temps que fils de l’homme, comme le Saint, le Juste, la Sagesse de Dieu, l’Oracle ou la Parole du Seigneur Dieu; le Sauveur, le Rédempteur, l’Agneau de Dieu, le Serviteur de Dieu, le Médiateur, l’Intercesseur, l’Avocat, le Shiloh ou l’Apôtre ; le Prophète comme Moïse, le Prêtre, le Grand Prêtre comme Aaron, le Roi, comme David; à la fois le Prêtre, le Prophète et le Roi, comme Melchisédec; le premier Capitaine ou le Chel, comme Josué ; le Messie, le Christ, l’Epoux, l’Oint de l’Éternel, Roi d’Israël et Dieu d’Israël, Jéhovah, Seigneur des armées ; et, comme si tous ces titres n’étaient pas assez, le Roi des Rois, le Seigneur des Seigneurs.

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L’épanouissement graduel de cette tleur de la Prophétie messianique est marqué par ces trois étapes, ou périodes de développement. La première finit avec Moïse et peut être appelée Mosaïque; la seconde a son centre dans le règne de David et de Salomon et peut être appelée Davidique; la troisième se termine avec Malachie et peut être appelée proprement Prophétique. On peut dire que ces trois périodes correspondent, dans la vie de la plante, à la semence, au bouton et à la lleur épanouie.

I. La période Mosaïque nous donne le germe de tout ce qui se développera plus tard dans l’eflloraison parfaite et parfumée de la rose de Sharon, le lys de la Vallée. Dans la Genèse, III, 15, il nous est dit que la semence de la femme écrasera la tête du serpent. Pour sentir toute la force de cette Prophétie sur le germe, nous devons nous placer là où étaient nos premiers parents. Ils se trouvaient en face de ce fait terrible que le serpent ou le plaisir matériel de la chair avait fatalement mordu l’humanité au cœur même, et introduit la mort dans le monde, ainsi que l’Eden était perdu, la faveur de Dieu retenue et l’innocence disparue pour toujours.

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11 semblait impossible que la délivrance pût venir; et, qu’elle pût venir par la semence de celle qui avait montré le chemin du premier péché, c’est ce qui était plus étonnant encore. Mais ce qu’il y avait de plus étrange, c'est que, non seulement elle apportait la guérison à l’homme perdu, mais elle frappait un coup mortel à la tête du serpent tentateur. Cependant, tout cela était mystérieusement enveloppé dans celte première énigme de la prédication messianique. Il devait y avoir tin triomphe de l’humanité sur leprincipedu mal représenté par la morsure du serpent, et exhibé dans la chute.

Puis, cette Prophétie de la semence se développe en détails de plus en plus minutieux, jusqu’à ce que les ramifications de l’arbre prophétique touchent aux plus petits rameaux ; et cependant, à chaque nouvelle descente ou ascension de détails, il semble que la Prophétie soit plus difficile à accomplir. Ses promesses vagues et générales deviennent plus précises ; le Libérateur doit venir dans la postérité de Sem. Plus loin, la promesse se particularise encore, et indique la descendance du Libérateur à travers Abraham, puis Isaac, Jacob, Juda, et finalement David.

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Les Prophéties de la période Mosaïque indiquent encore d’autres détails que ceux de la descendance. Ce n’est pas seulement la semence d’Abraham, mais toutes les familles delà terre, qui seront bénies en Celui qui doit venir. Il doit être un Sliiloh, le paisible ou le pacifique, et le peuple doit se réunir autour de Celui qui porte le Sceptre du commandement. Il doit être un prophète semblable à Moïse, mais revêtu d’une plus haute charge et doué d’une plus grande autorité, Législateur, Conducteur, Directeur, Rédempteur.

IL La seconde période de la Prophétie messianique a été appelée la période Davidique. Ici, Celui qui devait être un Conducteur et un Législateur, comme Moïse, devient un Roi guerrier, comme David, et cependant un Prince de la Paix comme Salomon; seulement son Royaume n’aura ni succession ni fin, ce qui ne peut être vrai que de quelque ordre de royauté plus élevé que la royauté humaine.

Dans les Psaumes messianiques, nous avons plusieurs aspects de la dignité, la royauté et la divinité de ce Roi attendu. Il est le Fils béni de Dieu. Son sceptre domine même sur les

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païens; l’humanité rachetée devient son épouse choisie, et le jour du mariage sera le jour de fête de l’Univers. ( Psaumes II. XLV. LXXII, etc.). Son empire doit être aussi vaste que le monde, aussi long que le temps, mais il sera spirituel , il procurera la paix par la justice. Ce Roi est aussi un prêtre de l’ordre de Melchisédec qui a été oint de l’huile de joie, plus beau que les enfants des hommes, et cependant lui-même fils de David.

Comme spécimen du témoignage que les Psaumes portent au Christ, prenons le Psaume XXII. Nous n’y trouvons rien qui, ainsi que dans la prophétie directe, fasse allusion au Messie. Ce n’est que la lamentation d’un Être souffrant qui a été abandonné à la malice de ses ennemis. Cependant, si vous placez Jésus là, semblable à une lumière dans l’obscurité, il illumine tout d’une clarté radieuse ! Le premier cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’astu abandonné ! » fut la dernière des sept paroles prononcées sur la croix. — Qui est cet abandonné?

Il estabandonné, méprisé, abject, criant, dans son angoisse, un reproche aux hommes. Il est environné d’ennemis. Ses souffrances sup-

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posent une soif ardente. La mort en est la conséquence. Il y a un percement de mains et de pieds, faisant penser à la croix, qui n’était nullement usitée comme instrument de supplice chez les Juifs, et qui ne peut se comparer à rien au temps de David. Une étude plus attentive fait découvrir beaucoup d’autres correspondances. Ce souffrant est raillé jusqu’au mépris. Ceux qui passent, secouent la tête en disant : « Il se repose sur l’Éternel, qu’il le délivre et qu’il le sauve, s’il a mis en lui son affection. » Nous avons là l’anticipation absolue de ce qui s’est passé à Golgotha. Ses souffrances sontdécrites dans un langage qui ne pourrait s’appliquer à aucun mode de punition employé par les Juifs. « Je me suis écoulé comme de l’eau et tous mes os sont déjoints ! Je compterais tous mes os. Ils me considèrent et nie regardent. Ils partagent entre eux mes vêtements et jettent le sort sur ma robe. »

Nous devons sauter par-dessus des siècles pour trouver le Calvaire comme solution de cette poétique énigme.

Certaines manières de répondre à l’argument de la prophétie sont si déloyales qu’elles méritent d’être indiquées, ne fût-ce que pour mon-

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trer la férocilé fie la haine que les cœurs méchants nourrissent à l’égard de la Parole de Dieu. Voltaire trouva quelques prophéties de l’Ancien Testament si remarquables que, forcé de reconnaître comment, jusque dans les moindres détails, elles avaient été réalisées par l’histoire, il va jusqu’à supposer que ces récits si exacts ne pouvaient avoir été faits qu’après les événements. 11 emploie le même moyen pour éluder les preuves au sujet des prophéties du Nouveau Testament.

Dans ce cas, Dieu n’a pas même laissé cet œil aussi petit que le trou d’une aiguille, afin que de tels chameaux puissent regarder à travers, car il y a un abîme de quatre cents ans entre Malachie et saint Matthieu.

Ce ne fut pas sans intention que Dieu permit que l’esprit de la prophétie mourût si tôt, et que les Livres de l’Ancien Testament tussent terminés des siècles avant la naissance de Notre Seigneur. 11 ne voulut pas qu’il pût y avoir aucune occasion de choc entre les Prophètes de l’Ancien Testament elles Évangélistes du Nouveau. II fallait qu’il y eût une longue période de silence absolu entre l’expression de la prophétie et son accomplissement, afin qu’aucun

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doute ne pût subsister au sujet de l’inspiration de la prophétie et du caractère divin du Fils de Marie.

L’Ancien Testament est également plein, au sujet du Messie, de paradoxes qui étaient et sont encore des mystères absolus, sauf dans la mesure où le Nouveau Testament nous aide à les résoudre. Celui qui était attendu devait être en même temps le Fils de Dieu et le Fils de l’Homme. Né d’une vierge, sa naissance devait en conséquence être sainte et immaculée. Sa forme devait être d’une beauté transcendante, et cependant il devait être sans forme. Il serait un homme dedouleur, qui connaitraitla souffrance, et cependant il recevrait Fonction de l’huile de joie, par dessus tous ses frères. Il devait être le hls de David etaussi le Seigneur de David; le Roi de la guerre, mais le Prince de la paix ; un enfant né d’une pauvre famille d’Israël, qui posséderait une sagesse et un pouvoir infinis; un faible enfant et cependant un Dieu tout-puissant. Et cet enfant du temps est le Père de l'Éternité.

Ces paradoxes semblent indiquer une énigme prophétique, que seule la personne du Christ peut résoudre. Il fut séparé de la terre des vi-

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vants, un homme jeune, mais sans rejeton, et cependant ses jours seront prolongés, il verra sa semence et elle sera si nombreuse, que sa grande àme en sera pleine de joie. Il sera mis à mort comme un malfaiteur et aura sa tombe parmi les méchants, et cependant le sépulcre du riche sera son tombeau. 11 sera méprisé et rejeté par les hommes, traité comme un coupable, et cependant c’est lui qui intercédera pour les pécheurs.

Il a fallu sept cents années avant que cette énigme divine fût résolue. Alors, au temps et au lieu indiqué, un enfant naquit d’une vierge, ayant été conçu du Saint-Esprit. Dans la chair il fut un homme, dans l’esprit un Dieu. Pour tout ce qui l’entourait, il était humble, pauvre, obscur ; en essence, il possédait la gloire, la dignité et les richesses de Dieu ; un homme de douleur, mais rempli de la paix incomparable de Dieu. Le fils de David selon la chair, et le Seigneur de David selon l’esprit.

Le fait est que le Christ se trouve partout dans l'Ancien Testament. Il est le fil d’or qui lie toutes sespartiesentre ellesetla lampe divine quiéclaire toutes ses chambres secrètes. Il est la clé de son mystère, et la note dominante de son bar-

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monie. Nous avons parlé de lui nous-même comme étant « le mystère des âges » (1).

Les rites et les cérémonies de l’Économie Lévitique n’ont presque aucune signification, tant que vous ne mettez pas le Christ au milieu d’eux pour les interpréter. La Croix était un centre de radiance; elle projetait ses rayons en arrière vers le premier sacrifice et en avant vers le dernier repas. Le lecteur attentif peut-il ne pas voir le Christ dans l’Agneau pascal? Lorsque l’Agneau était mis sur le feu, une broche le traversait dans toute lalongueur du corps et une autre transversalement, d’une épaule à l’autre. Chaque Agneau pascal était ainsi transpercé sur la croix.

Le jour de l’Expiation, dans le Lévitique, XVI, nous fournit, par ses rites, un exemple très net du pressentiment du sacrifice du Christ. Les principales figures centrales sont deux cabris qui se ressemblaient au point d’être identiques, et on les distinguait par un ruban rouge attaché autour du cou du bouc émissaire. L’un est présenté comme offrande pour le péché; l’autre est présenté vivant. Pendant que

(1) The Mystery of the Ages, by lady Cailhness, Duchesse de Pomar.

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les mains du Grand Prêtre reposent lourdement sur lui, les péchés du peuple sont confessés, et alors il est conduit au loin dans le désert de façon à ce qu’il ne puisse pas retrouver son chemin pour revenir au camp. Il est nommé Azcizcl » ce qui veut dire déplacement. Un enfant même verrait ici la représentation du double résultat de Fœuvre du Christ; premièrement V Expiation du péché, secondement le Déplacement de nos offenses qui sont la barrière entre nous et Dieu. Le souvenir même en est effacé; et les deux cabris se ressemblent le plus possible, parce que tous deux représentent des aspects dilïéients de cette œuvre de réconciliation.

Une étude sérieuse des rites de l'Ancien Testament, dans leur relation avec l’œuvre de réconciliation de notre Seigneur, nous prépare à comprendre les' mystérieuses paroles de l’Apocalypse; et pourquoi l’Agneau qui avait été mis à mort, était le seul Être dans l’Univers qui fut trouvé digne à' ouvrir le livre, et de délier les sept sceaux. (Apoc. V, 5). L’Agneau égorgé est la seule clé qui ouvre le mystère de la Prophétie, du sacrifice et du symbole. Le livre entier est scellé sept fois jusqu’à ce que nous

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lui appliquions le sang; alors les sceaux sont déliés et les signes mystiques peuvent être lus clairement.

Que le lecteur se souvienne du titre de mon dernier livre : « l'ouverture des sceaux », qu’il se souvienne que ce titre n’a pas été dom*é par nous, mais qu'il nous a été indiqué d’En Haut. Notre chapitre sur le Jardin d’Éden et le péché d’Adam traite de l’origine du mystère, dont nous apercevons vaguement la solution aujourd’hui, par le moyen adopté pour son extinction finale — la naissance pure d’un enfant de Dieu, comme Sauveur, « qui n’est pas né d’après la loi d'un commandement charnel , mais par le pouvoir d’une vie sans fin, non pas par la convoitise de la chair, mais par la volonté de Dieu.»

Nous le répétons, il y a des preuves écrasantes que Jésus est dans l’Ancien Testament, et aucun esprit sincère ne pourra échapper à la conclusion qu’une plume divine a tracé la Prophétie, et qu’une personne divine a réalisé le portrait prophétique. Il semblerait qu’en dépit d’une critique qui détruit tout et ne construit rien, en dépit d’un scepticisme qui voudrait nous enlever le Seigneur, en sorte que « nous ne saurions pas où on Va mis, » tout

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homme honnête doive dire : Les Écritures ne pourraient pas avoir prédit le Christ si elles n’avaient pas été inspirées de Dieu ; et le Christ n’aurait pas été prédit s’il n’avait pas été tout ce qu'il prétendait être.

Ce qu’il y a de triste, c’est que nous ne savons où trouver un sceptique honnête, ou même un critique destructeur, qui ait sérieusement étudié les Prophéties centralisées dans le Christ. Il règne une ignorance, sinon une indifférence stupéfiante à propos de ce sujet.

Il y a des gens qui s’intitulent chrétiens et qui, au lieu de se nourrir du lait pur, ou de la forte viande de la parole, dévorent la menue paiile, ou s’ingurgitent le poison d’une science sans Dieu, et d’une philosophie sceptique; ou bien qui paient un Ante-Christ moderne, pour nous vendre en détail les blasphèmes et les railleries de Voltaire et de son temps ; et ils s’étonnent de leurs propres doutes! A leurs yeux, rien ne parait certain. Ils se demandent si, après tout, la Bible n’est pas l’œuvre d’un homme, et si Jésus est autre chose qu’un mythe, ou un mystère; si la mort n’est pas un saut dans l’obscurité, et le ciel le rêve d’une imagination exaltée. Pauvres âmes illusionnées !

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Pauvres humains aveuglés ! Comment pourraient-ils s’attendre à devenir forts, et à marcher fermement avec la confiance que donne une foi inébranlable, lorsqu’ils ne respirent que l’étouffante atmosphère d’une vie sans prière, et ne se nourrissent que des cosses que l’on donne aux pourceaux? — tandis que, chaque matin, la manne de Dieu peut être cueillie toute fraîche dans les champs de la Parole. La cure souveraine pour tous les malades qui doutent, c’est de se plonger dans la parole de Dieu afin de fortifier leur âme, comme ils se plongent dans la mer pour fortifier leurs corps. Rien autre que la véritable Parole de Dieu ne peut dissiper les incertitudes du scepticisme.

Lorsque nous étudions la merveilleuse histoire de ces trente-trois années, nous nous trouvons en face de la période la plus significative de l’histoire. L’épisode de Jésus-Christ est la preuve sur laquelle repose la destinée du monde. Les vérités qu’il a exprimées n’étaient pas des vérités qu’il avait apprises. Il était la Vérité !

Comme elle est sublime, l’attitude de notre Seigneur lui-même! Debout, une main placée sur le canon Juif, Il regarde éternellement en

LA CLÉ DLS ÉCRITURES

La doctrine de la Nouvelle Dispensation, enseignée purement et avec sagesse, sera un grand bienfait pour ceux qui la recevront avec un esprit bien disposé. En effet, elle développe ces vérités si longtemps cachées qu’elles sont presque perdues, qui ont rapport à la puissance de la pensée dirigée vers le bien. Elle nous montre la valeur intrinsèque d’une bonne pensée, et réduit à leur minimum les prétentions au pouvoir de la pensée mauvaise Et même elle nie in toto ces prétentions, en démontrant, faits à l’appui, que le mal peut être surmonté, si le bien règne dans les esprits des mortels.

Lorsque nous vivons mentalement dans les régions élevées de l’harmonie nous perdons la sensation de la discorde, et, en nous attachant à cet ange de Paix « la bonne volonté », nous devenons capables d’exorciser le démon de la haine. Selon cette Doctrine, le bien étant de Dieu existe par lui-même; il est une réalité éternelle, que les mortels le comprennent ou non, tandis que le mal est passager, étant le produit de la pensée humaine, et il cesse d’être lorsque nous n’accordons plus à son existence apparente l’appui de cette pensée.

Jésus, le représentant terrestre du Logos, a affirmé la possibilité de résister au mal, et de le vaincre mentalement par le processus de la pensée. Il fut le premier qui enseigna aux mortels le pouvoir de la foi en Dieu, ou le Bien ; le premier qui démontra qu’aucun mal humain ne peut résister à la pensée la plus haute du bien humain. Celui qui étudiera sérieusement les Evangiles remarquera que cet enseignement et cette pratique de Jésus devaient s’appliquer au monde plongé dans l’obscurité et assujetti au mal.

Mais II avait une mission encore plus élevée à remplir auprès du petit nombre de ceux qui

LA CLÉ DES ÉCRITURES

aspiraient à quelque chose de supérieur au bien, à la santé, à l’harmonie, à la raison de l’esprit mortel. A ceux-là il promettait de les délivrer du bien humain tout comme du mal humain. Il leur annonçait la transformation du corps et le renouvellement de l’esprit par la disparition de la chair, et de tout ce qui appartient au faux mental, et il prétendait posséder lui-même le pouvoir d’opérer cette merveilleuse transformation.

Petit à petit, les disciples contemporains de Jésus et ceux qui les suivirent, commencèrent à comprendre ce but encore plus élevé du Seigneur, et ils se confièrent en lui, afin que ce grand résultat se produisit selon ses promesses.

A mesure que grandissait leur appréciation de la beauté des promesses du Maître, et leur conviction qu’elles s’accompliraient, ils mettaient moins d’importance aux choses du temps présent. Ils acceptaient les souffrances, les tribulations, le chagrin, et les considéraient comme peu importants. La vie et la mort semblaient chose insignifiante à ceux qui s’attendaient à une délivrance immédiate dans un temps très proche.

Les premières questions que doivent s’adres-

ser les étudiants qui sont assez développés dans le sens de la pensée, pour s’apercevoir que la Doctrine implique la promesse d’une délivrance se rapportant à l’être charnel, sont les suivantes : les disciples de Jésus ont-ils oui ou non gagné le prix tant désiré d’une délivrance complète de l’esprit mortel et du corps mortel? Le Maître est-il revenu vers eux, selon sa promesse? Ceux qui conservèrent encore le sentiment de la vie physique jusqu’à son retour furent-ils transfigurés? Ceux qui moururent par suite de la persécution, ou qui s’endormirent, furent-ils éveillés et élevés d’une façon visible pour les mortels ?

Celui qui répondra affirmativement et avec conviction à ces questions, trouvera dans sa conviction une clé des Ecritures qu’aucune Eglise ni aucune secte n’a encore employée pour interpréter les oracles sacrés.

Les commentateurs critiques n’auront pas manqué de remarquer que Jésus a fait à ses disciples plusieurs promesses extraordinaires, et que ceux qui acceptèrent sa doctrine croyaient à ces promesses, et souffrirent toutes espèces de persécutions, soutenus par l’espérance que leur Maître absent accomplirait ses promesses.

LA CLÉ DES ÉCRITURES

Et cependant aucun étudiant sérieux de l’Evangile n’a voulu croire à cet accomplissement, et la tradition a accepté que ceux qui y avaient cru furent trompés dans leur attente.

D’après les nouvelles Révélations que nous recevons et qui, nous avons lieu de le croire, viennent de la source la plus élevée, nous affirmerons, sans crainte, que le Seigneur est revenu, selon sa promesse, exactement au temps de la chute du peuple juif; que les saints vivants furent enlevés, et que ceux qui étaient « tombés endormis » furent réveillés, en sorte que les fidèles croyants furent bien sauvés, et les incrédules et les persécuteurs condamnés. Le jour du salut pour les fidèles et le jour de la condamnation pour les infidèles est un seul et même jour, qui fut il y a 1850 ans.

Lorsque ce mystère du royaume des cieux sera reconnu, letudiant moderne de la Bible laissera de côté les instructions les plus élevées de Jésus au sujet de l’immortalité, et, regardant en arrière, il apprendra quel était le « chemin du Seigneur » dans l’accomplissement de ses promesses.

Nous citerons ici, afin qu’elles soient méditées sérieusement, les quelques promesses du

Maître auxquelles les disciples de Jésus ont cru avec tant de confiance. Car chacun devra répondre pour soi-même et dire s’il croit à ces promesses. Celui qui répondra affirmativement découvrira immédiatement que les Saintes Ecritures sont un livre tout nouveau. Mais celui qui répondra négativement, continuera à marcher, avec peine, dans l’obscurité par rapport à l’immortalité, et à la manière dont elle peut être obtenue.

« Mes brebis entendent ma voix ; je les connais et elles me suivent, je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main (Jean X, 27-28; Marc XI, 1 ; Luc IX, 27).

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand mê.i.e il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Saint Jean XI, 25- 26).

« Je vous dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne. » (Matlh. XVII, 28).

<c Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous dis en vérité, vous n’aurez pas achevé de parcourir les villes d’Israël que le Fds de l’Homme sera venu » (Saint Matthieu X, 23).

« Jésus dit à Pierre : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis moi. Là-dessus le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. » (Saint Jean XXI, 22).

« Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où

LA CLÉ DES ÉCRITURES

tou» ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix et en sorliront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal, ressusciteront pour le jugement. * (Saint Jean Y, 28-29).

* Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des deux, ni le Fils, mais le Père seul. Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l'avènement du Fils de 1 homme. Car dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l’Arche ; et ils ne se doutèrent de rien jusqu’à ce que le déluge vint et les transporta fous : il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Alors de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé; de deux femmes qui moudront à la meule, Tune sera prise et l’autre laissée. Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra.» (Saint Matthieu, XX1Y, 34-42; Marc XIII, 30 ; Luc XXI, 32).

Nous avons choisi ces paroles de Jésus parmi beaucoup d'aulres, parce que leur signification est nette et sans équivoque.

On peut s’étonner que les pjus grands commentateurs de la Bible, dans les Eglises chrétiennes, n’aient pas compris l’importance de ces paroles pour les générations futures; mais on ne saurait les excuser, car à la base de cette ignorance, se trouve la prétention que l’Eglise

peut s’approprier et interpréter à sa guise tout ce que le Maître a dit.

L’Eglise abdiquerait elle-même, et serait convaincue de fausseté et d’ignorance, si ellê admettait à l’heure qu’il est que Jésus est revenu pour sauver ses élus qui, pour le suivre, avaient passé dans le feu de l'affliction. On n’est pas si aveugle à moins d’avoir quelque orgueil à ménager.

Mais l’étudiant sérieux et honnête méditera ces paroles, et, les yeux fixés avec confiance sur ces événements qui se sont passés il y a des siècles, il apprendra quelque chose au sujet de l’immortalité, et de la manière de l’obtenir.

Premièrement : la vie spirituelle, ou la vie éternelle, est un don du Messie qu’il fait à qui il veut. Elle n’appartient pas aux mortels par droit de naissance, mais vient de celui qui avait la vie en lui-même et qui, par conséquent, pouvait la communiquer aux autres.

Nous savons d’une façon certaine que ni la science, ni le savoir ne peuvent assurer l’immortalité, indépendamment de l’aide du Moi Supérieur qui est le Christ manifesté dans l’homme spirituel, ou le Seigneur de chacun de

LA CLÉ DES ÉCRITURES

ceux qu’il a appelés, comme le bon berger appelle ses brebis, et qui, ayant répondu à son appel, ont reçu le don mystérieux de la vie intérieure qui est éternelle. Par la vertu de cette vie spirituelle, ils sont à l’abri de tout mal, de tout accident sur terre et sur mer, de toute méchanceté de la part des hommes, sauf lorsque la volonté du Seigneur est qu’ils abandonnent la vie temporelle, comme il l’a fait lui-même en se livrant à ses persécuteurs sur la croix.

Ils possédaient cette vie cachée, alors qu’aux yeux des hommes ils continuaient à vivre de la vie mortelle.

Croyez-vous que les apôtres et les fidèles disciples de Jésus reçurent de lui le Saint-Esprit qui les délivra du mal et même de la mort? Si vous le croyez, alors vous aurez une fondation sur laquelle édifier votre étude des Ecritures.

Secondement : il y avait ceux qui, avant le temps de Jésus, crurent à sa venue.

Quelques-uns crurent à lui pendant son enfance, et ils s étaient endormis sans avoir eu conscience de la vie de l’esprit.

Le Maître pouvait-il ouvrir les portes de la mort et libérer les captifs qu’il réclamait comme les siens?

Cette assurance est contenue dans ses propres paroles.

Sa voix était la voix du pouvoir, et son autorité était reconnue par les formes orgueilleuses du mal. Quelles que soient les conditions du Hadès, ou de la mort, nous savons que ceux qui passent dans cet état continuent à être liés jusqu’ à ce qu'ils aient payé le dernier quadrain, à moins qu’ils ne soient délivrés par l’autorité de celui qui tient les clés de la mort.

Mais cette prétention de domination sur le dernier ennemi de l’homme pécheur, a-t-elle été justifiée?

Le dernier jour de l’époque juive a été marqué parles événements les plus merveilleux et inimaginables pour l’esprit mortel. Un petit nombre, les saints, les élus du pays furent rendus immédiatement immortels.

Ce jour-là toutes les paraboles de Jésus furent accomplies.

Les vierges sages qui attendaient l’époux, furent sauvées. Chaque ouvrier reçut son salaire. Le froment fut amassé dans le grenier, et la balle brûlée. Les bons poissons, dans le lilet, furent emportés à la maison, et les mauvais furent jetés. La vigne de la vérité futenle-

LA CLÉ DES ÉCRITURES

vée aux méchants vignerons, et donnée à d’autres ; et les méchants qui criaient : « Venez, tuons l’héritier, » périrent misérablement. Le souper du mariage du Fils du Roi fut distribué, et Jésus et son épouse, l’Ecclesia, furent unis, pour ne jamais plus être séparés.

Pouvez-vous accepter cela, et croire que ces événements se sont passés il y a longtemps, mais qu’ils contiennent un enseignement qui vous rendra sages en vue d’événements futurs, qui seront la répétition d’un salutse produisant au dernier jour des Gentils, comme ii s’est produit au dernier jour des Juifs?

Troisièmement : Le temps qui s’écoula entre le départ de Jésus et son retour pour délivrer les fidèles fut très court. Ce ne fut qu’un peu de temps, comme il le dit lui-même; mais ses disciples comprirent bien mal combien court devait être cet intervalle. Les douze avaient à peine eu le temps de « parcourir toutes les villes d’Israël, » en portant leur message et leur proclamation, que le retour et la délivrance se produisaient.

Le retour de Jésus, ou le second avènement du Christ, eut lieu avant que la génération de ce jour eût disparu.

Quelques-uns de ceux qui suivaient Jésus, avant la crucifixion, luttaient encore au milieu de l’adversité et des épreuves lorsque son pied se posa de nouveau sur le mont des Oliviers.

Ses amis et ses ennemis furent amenés, par le pouvoir angélique, à le rencontrer, les premiers pour entrer dans le royaume des cieux, les derniers pour souffrir ce jour-là dans le feu de la Géhenne. Il importait peu que les persécuteurs de la vérité eussent « passé » quelques années auparavant, ou que les persécutés eussent renoncé à la vie pour l’amour de l’Evangile; à la voix du maître tous se trouvèrent en sa présence, pour entendre ses paroles d’approbation ou de condamnation.

Arrêtons-nous un instant pour considérer ce fait, auquel les chefs de l’Eglise n’ont jamais fait allusion, que le retour de Jésus pour le salut et la condamnation est un événement passé et non à venir, comme cela nous a toujours été enseigné. La solution de beaucoup de questions transcendantes, que l’on appelle mystérieuses, devient aisée, une fois que l’on admet, que Jésus est venu une seconde fois accomplir les promesses faites aux apôtres et aux disciples qui l’entouraient, lorsqu'il donnait ses instructions.

Ce n’est pas un mystère, mais c’est un secret, que les esprits sérieux et croyants recevront avec empressement, parce qu’il leur donnera la solution de ces importantes questions qui se

rapportent à la révélation de Jésus le Christ. Ce secret n’a pas été dévoilé à la majorité des hommes, car le monde ne peut ni l’accepter, ni le croire. 11 ne devait être communiqué qu’à ceux qui étudient la Bible sans chercher à s'en servir dans un but personnel.

Les événements du dernier jour du monde, ou de l’époque juive, se passèrent sans témoins, ceux qui y participèrent disparurent pour être admis dans les demeures célestes qui avaient été préparées à leur intention. Les autres furent condamnés à la seconde mort où règne l'obscurité, et dont aucun récit ne peut atteindre les vivants. A ce moment le mont des Oliviers ne présenta qu’une scène de solitude et de désolation. Jérusalem n’était plus qu’un monceau de pierre§, et le Temple un monceau de cendres. Les Pharisiens et les Scribes, les Docteurs, les Rabbins et tous ceux qui appartenaient à la Synagogue avaient été tués, ou emmenés captifs pour être vendus parmi les nations.

Le monde ne sut rien de ce grand événement — le retour du Christ — et l’histoire ne l’inscrivit pas dans ses annales. Sans doute le Seigneur le voulut ainsi. Ceux à qui ce secret a été révélé ne sont pas chargés de le communiquer

publiquement au monde en ce moment; mais le temps n’est pas éloigné où il sera proclamé à haute voix. En attendant il est ordonné de le dire à ceux qui ont soif de vérité.

Murmurez-le à l’oreille qui est tendue, mais à la moindre objection, ou à la moindre opposition, gardez le silence. L’esprit du monde est l’esprit du mal, et non pas l’esprit du bien. Mais celui qui, dans le monde, est pénétré de l’esprit, sera prêt à saisir ce secret de l’immortalité, car il a compris les erreurs du monde, il sait qu’il n’y a aucun bien dans la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie.

Aucune philosophie, aucune religion, aucune église, aucune science ne peut délivrer les mortels de la croyance en la mort. La voix qui peut prononcer la parole capable de briser le pouvoir de la mort, appartient à un seul, et c’est Lui qui a déterminé le temps où cette parole sera prononcée. Nul ne peut obtenir la vie spirituelle s’il n’attend avec patience son heure. Ne commencez pas par vous demander : « Qu’adviendra-t-il de nous si le salut est un secret qui se rapporte à la fin de la période juive?» Si avant de voir vous voulez répondre à cette question un échec immédiat vous attend au début.

Mettez le moi en dehors de votre pensée, jusqu’à ce que la réponse vienne d’elle-même.

Depuis le premier appel aux disciples jusqu’au dernier jour où ils furent enlevés, ou élevés d’entre les morts, il y a des étapes, ou des degrés, que nous devons franchir, car, de semaine en semaine, ces élus grandirent dans la compréhension, la sagesse, la foi, la joie et la paix. Il est à craindre qu’il y en a peu parmi nous qui consentiraient à suivre le chemin épineux par lequel ces élus arrivèrent à se détacher de tout amour du mal, ou de tou te croyance en l’erreur, de telle sorte qu’ils furent prêts pour la délivrance finale. Un petit nombre, seulement, de ceux qui furent appelés à courir cette course céleste arrivèrent victorieux. La plupart s’évanouirent et tombèrent en chemin.

Résolvons cette première question avant de passer à une autre. Jésus est-il revenu, selon sa promesse, pour sauver les siens? Si accepter cela implique plus que l’admission du fait de l'amour du Sauveur; si cela implique aussi l’acceptation de la condamnation de ses ennemis, de leur destruction en sa présence et de la gloire de sa puissance, verriez-vous là un obstacle à la croyance au salut des saints? Ceux

qui croyaient à l’Évangile que Jésus et ses disciples prêchaient devaient être sauvés. La foi au salut des uns suppose la croyance à la condamnation des autres. (1)

Si vous reculez en face de cette alternative, et que vous refusiez de croire à la condamnation des incrédules, vous ferez bien de renoncer à l’étude des Écritures, car vous ne les liriez alors qu’à la lumière de l’esprit mortel qui fait ce qu’il veut des paroles sacrées. Mais si les principes de la pensée spirituelle vous sont familiers, vous verrez combien est . réelle la transformation subie par les saints, et combien non réel l'état de ceux qui furent « jetés dans les ténèbres du dehors où il y a des pleurs et des grincements de dents », paroles qui décrivent bien cette terre d’épreuve, sur laquelle nous devons apprendre à dominer notre moi inférieur.

Mais cette vie terrestre, ne l’oublions pas, n’est qu’un rêve; être délivré d’elle est la plus véritable des réalités. Un changement de condition, du bonheur à la misère, par exemple,

(1) Le mot salut s’applique évidemment ici à l’entrée immédiate dans la vie céleste, et le mot condamnation au fait d’être jeté, pour un temps encore, dans les Tcnèb es du dehors , comme cela est dit plus loin.

n’est qu’une différence d’état de conscience par rapport au mal — mais le salut est pour toujours, parce que c’est une entrée dans l’état de conscience de l’être spirituel.

La condamnation n’est que temporelle parce qu’il ne peut pas y avoir de conscience du mal éternel.

Le mot aionien, souvent employé dans ces Révélations, a une grande importance, il signifie ce qui appartient à la fin du temps. La vie que Jésus communique à ses saints est éternelle, parce qu’elle est spirituelle. Mais la mort infligée aux incrédules juifs n’était pas éternelle. C’était simplement la mort à la fin d’un Cycle. La vie peut être éternelle mais non pas la mort; celle-ci est seulement aionienne, ou ne dure qu’un temps.

Ce que nous venons de dire permettra d’accepter plus facilement le secret du Nouveau Testament tel qu’il est maintenant révélé. Si vous ne désirez pas trouver la clé de la connaissance, et si vous n’êtes pas prêts à renoncer à toute opinion préconçue afin de la découvrir, vous ne la trouverez pas, malgré la force des arguments qui vous seront présentés. Si vous ne croyez pas en Jésus et en ses disciples,

« vous ne seriez pas non plus persuadés quand même quelqu'un des morts ressusciterait. »

Ceux qui liront ces paroles avec bonne volonté auront bientôt beaucoup appris. Jésus n’est plus le seul Christ, ou l’homme spirituel; il est uni à ses saints, l’Ecclesia, ou l’Eglise, l’Epouse. Il est multiplié dans ces milliers de régénérés qui ont été rachetés de l’erreur et de la mort, en sorte que, dans notre conception mentale, la personnalité de Jésus est agrandie par ce nouveau point de vue, du « premier né d’entre plusieurs frères », indissolublement uni à ces frères dans une unité éternelle.

Tenez-vous ferme à cette nouvelle conception du Christ. Elle a une grande signification qui nous apparaîtra toujours plus clairement à mesure que nous avancerons sur celte nouvelle ligne de révélation.

Un Aion, ou Epoque, celui des Juifs, est passé depuis longtemps; son œuvre a été accomplie. Ce Cycle s’est terminé, glorieusement pour ceux qui ont été de fidèles adhérents aux paroles des prophètes et de Jésus, lamentablement pour ceux qui ont rejeté ces paroles, ou les ont faussement interprétées.

Un autre Aion approche de sa fin ! Et même il est ici. Des scènes semblables à celles qui marquèrent la fin de La Dispensation précédente vont bientôt indiquer la fin de celle-ci!

« Et les méchants agiront avec méchanceté, et aucun des méchants n’aura de l’intelligence. Mais les intelligents comprendront ces choses, et ceux qui sont intelligents luiront pour toujours.

Dans les chapitres précédents nous avons brièvement résumé quelques-unes des promesses que Jésus avait faites à ses plus intimes disciples. Nous avons montré, comment, selon nous, ces promesses ont été accomplies, il y a 1850 ans, par le retour de Jésus-Christ qui délivra les Saints de la chair, du monde et de la mort, en sorte qu’ils furent mis dans un élat conscient d’immortalité ou de spiritualité, en devenant un avec le Seigneur.

Nous avons dit que le dernier jour de l’époque juive était un secret des Ecritures. Si on nie cela, alors le Nouveau Testament demeurera un livre scellé. Si on accepte ce fait merveilleux, il sera suffisant pour résoudre tous les mystères, et l’humble étudiant, à l’aide de cette

lumière, découvrira quelques lignes de plus du plan divin, qui se dévoilera encore davantage à ses yeux dans le salut qui se produira de nouveau à la fin de l’époque des Gentils. Ce salut à venir sera d’autant plus intéressant pour nous que nous comprendrons qu’il est proche.

Jésus a promis à ses disciples une illumination spéciale, à l’aide de laquelle ils pourraient comprendre pleinement ses paroles. Il est raconté dans les actes des Apôtres, que ses premiers disciples furent illuminés selon la promesse du maître. S’il en fut ainsi, nous devons penser qu’ils comprirent les paroles de Jésus plus clairement et plus sûrement qu’aucun des disciples qui vécurent après eux. Mais la modestie est chose si rare que nous ne rencontrons pas un seul homme parmi les grands et les savants commentateurs des Evangiles, qui admette que les Apôtres de Jésus-Christ ne furent pas trompés dans leurs convictions, ou déçus dans leurs espérances. Les plus érudits admettent que les Apôtres attendirent en effet le retour du Seigneur dans le temps de leur génération, mais affirment « qu’ils furent sans aucun doute trompas ».

La question reste ouverte devant nous. Jésus

et ses disciples furent-ils illuminés sur ce grand et important sujet de l’immortalité, ou bien le monde est-il à tel point dans l’obscurité, qu’il ne peut ni comprendre ni croire à cette miséricorde infinie? Cette dernière explication est la vraie. Le monde ne devait pas comprendre le pouvoir et la sagesse, du Christ parce que « le Prince de ce monde n’a rien en lui ». Il faut que le monde soit renversé et ses promesses détruites, avant que la masse des mortels tourne ses regards anxieux, ou son cœur croyant, vers les promesses du Rédempteur.

Quelques-uns cependant peuvent abaisser l’orgueil de leur intelligence jusqu’à cette humble attitude qui permet de croire naïvement aux paroles du Nouveau Testament. C’est pour ceux-là seulement que nous écrivons. Les Apôtres interprétèrent les promesses de leur Seigneur de la manière la plus simple et la plus directe. Ce qui doit nous étonner, c’est qu’ils aient pu croire que Jésus serait capable d’accomplir ses promesses, car elles supposaient tant de choses étranges et qui dépassaient les conceptions de l’esprit humain ! Ce qui inspirait leur foi c’était la nature même de la résurrection. Si Jésus pouvait vivre après avoir souf-

fert la mort de la crucifixion, il pouvait faire toutes choses.

Indiquons, en ordre, ce qu’ils ont dit sur ce sujet et qui coïncide avec les promesses auxquelles ils croyaient si ardemment. Voyons d’abord les paroles qui montrent leur conviction, que Jésus viendrait les délivrer et que le temps de son absence serait court :

« Attendez patiemment jusqu’à l’avènement du Seigneur, car l’avènement du Seigneur est proche }>. (Jacques V. 7. 8.)

« Car encore un peu de temps et celui qui doit venir viendra ». (Hébreux X. 37.)

« Car c’est ici l’heure de nous réveiller puisque le salut est maintenant plus près de nous que lorsque nous avons cru ». (Rom. XIII, II.)

« Au reste, la fin de toutes choses est proche, soyez donc sobres et vigilants dans les prières ». (I Pierre IV 7.)

« Mais voici, je vous dis, le temps est proche; que ceux qui pleurent soient comme s’ils ne pleuraient point; ceux qui se réjouissent comme s’ils ne se réjouissaient point; ceux qui achètent comme s’ils ne possédaient point. » (I Cor. VIT, 29. 30.)

Ne méconnaissez pas ces paroles en essayant de les adapter à vos conceptions, ou de les appliquer à l’Église soi-disant chrétienne. Elles expriment exactement la conviction de ceux qui les écrivaient, et elles avaient pour but

d'éveiller une conviction encore plus profonde dans les esprits des croyants auxquels elles étaient adressées. Elles n’ont pas d’autre application directe aux Eglises fondées par les Apôtres eux-rnêmes. Leur signification appartient à l’histoire non écrite. Ce sont des paroles spéciales, et si nous essayons de les généraliser, elles perdent de leur signification et deviennent sans force.

Il ne s’écoula pas plus d’un demi siècle entre l’Ascension de Jésus et son retour sur le Mont des Oliviers. Ces années passèrent rapidement pour les disciples de Jésus, et, à mesure qu’elles passaient, Iavision des scènes des derniers jours devint un objet d’intérêt et d’expérience pour les conducteurs des troupes de fidèles.

En second lieu voyons les paroles qui définissent l’espérance des disciples sur les choses qu’ils s’attendaient à voir accomplir au retour du Seigneur.

« Mais quand le Christ, qui est votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez avec lui dans la gloire. » (Col. III, 4).

« Bien-aimés, nous sommes enfants de Dieu et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté, mais nous savons que lorsqu’il paraîtra nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. » (Jean III, 2).

« Lorsque le souverain pasteur paraîtra vous remporterez la couronne incorruptible de gloire. » (Pierre V, 4).

« Béni soit le Dieu et le Père de notre Seigneur Jésus- Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a fait renaître en nous donnant par la résurrection du Christ d’entre les morts, une espérance vive de posséder l'héritage qui ne peut se corrompre, ni souiller, ni flétrir, et qui nous est réservé dans les cieux, car nous sommes gardés par la puissance de Dieu par la foi, pour obtenir le salut qui est prêt d'être manifesté dans les derniers temps. * (1 Pierre 1, 3-5).

« Afin que par la mort, il détruisit celui qui avait l’empire de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il en délivrât tout ceux qui, parla crainte de la mort, étaient toute leur vie assujettis à la servitude. » (TJéb. II, 14, 15).

a De même aussi le Christ ayant été offert une fois pour ôter les péchés de plusieurs, paraîtra une seconde fois à ceux qui l’attendent pour obtenir le salut. » (Héb IX, 28).

« Au reste la couronne de justice m’est réservée, et le Seigneur, juste juge, me la donnera en ce jour-là, à moi et à tous ceux qui auront aimé son avènement. » (II, Tim. IV, 8).

« Car je sais à qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là. » (Il Tim. 1, 12).

La vie, la gloire, la justice, un héritage incorruptible et la ressemblance avec Jésus, sont des faits sublimes dont l’expression est condensée dans le mot Salut; mais qui d’entre nous, même avec le pouvoir actuel de la pensée, peut concevoir ces choses spirituelles ?

Ces mots nous sont familiers, mais nous ne comprenons rien de ce qu’ils veulent dire, car il nous manque à tous l’illumination qu’avaient les saints du Nouveau Testament. Nous pouvons croire que ces fidèles entrèrent dans la possession spirituelle, mais nous devons avouer l’impossibilité où nous sommes de comprendre ce qu’elle était.

A l’époque où ces paroles furent écrites ceux qui les écrivaient comprenaient clairement ce qu’elles signiJiaient, mais ils avaient la conscience de ne pas posséder les choses auxquelles elles faisaient allusion. Ils étaient seulement certains de leur foi, et s’attendaient à posséder ces choses au dernier jour. N’y a-t-il pas là une leçon pour nous, qui avons encore confiance dans l’inspiration des Apôtres?

Sans le même Saint-Esprit dont ils avaient été remplis, pourrez-vous comprendre les choses qu’ils n’ont entrevues que vaguement?

Répondez franchement : Non. Renoncez à l’erreur qui vous ferait croire que vous êtes plus sage que Jésus, et plus développé spirituellement que ses apôtres.

Si le jour du Christ vint enfin, et si l’espérance des saints a été vraiment réalisée, regar-

dez cela comme un événement du passé ; considérez ce fait à sa propre lumière, alors vous deviendrez humble.

Reconnaissez que votre conscience mortelle n’est pas encore sauvée ni éclairée, et vous prouverez que les Ecritures sont capables de vous rendre sage jusqu’au salut.

Voici les paroles qui indiquent quelques-uns des modes spéciaux, par lesquels le salut devait s’accomplir au jour du retour du Seigneur :

« Et qu’il vous donne à vous qui ôtes des affligés, du repos avec nous lorsque le Seigneur Jésus venant du ciel paraîtra avec les Anges de sa puissance, exerçant la vengeance avec des flammes de feu, contre ceux qui ne connaissent point Dieu et qui n’obéissent pas à l’Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ, lesquels seront punis d’une perdition éternelle parle bannissement de la présence du Seigneur et de la gloire de son pouvoir, lorsqu’il viendra pour être glorifié dans ses saints, dans tous ceux qui auront cru en ce jour-là. » (II Tliess. I. 7-10).

« Si donc l’esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui, qui a ressuscité le Christ d’entre les morts, rendra aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous. » (Rom. VIII. 11).

« Etant persuadés que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi par Jésus, et nous fera paraître en sa présence avec vous. » (II Cor. IV. 14).

« Voici un mystère que je vous dis; c’est que nous ne serons pas tous morts, mais nous serons tous changés. » (I Cor. XV. 51).

« Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l'incorruptibilité, et que ce corps mortel soit revêtu de l’immortalité. » (I Cor. XV. 53).

« Je ne veux pas que vous soyiez dans l’ignorance sur ce qui concerne les moits, afin que vous ne vous affligiez pas comme font les autr es hommes qui n’ont point d‘espéiance. »

« Car si nous croyons que Jésus est mort, et qu’il est ressuscité, nous devrons croire aussi que Dieu ramènera, par Jésus, ceux qui seront morts, afin qu’ils soient avec lui. »

« Car nous vous déclarons ceci, par la parole du Seigneur, c’est que nous qui vivrons et qui resterons sur la terre, à la venue du Seigneur, nous ne préviendrons point ceux qui sont morts. »

« Car le Seigneur lui-même descendra du ciel, dès qu’il aura donné le signal, par la voix d’un archange et par la trompette de Dieu; et ceux qui seront morts en Christ ressusciteront premièrement. »

« Ensuite nous qui vivrons, et qui serons restés sur la terre, nous serons enlevés tous ensemble avec eux dans les nuées, au devant du Seigneur, en l’air, et ainsi nous serons toujours avec leSeigneur » (I.Thess. IV. 13-17).

Quelle foi étonnante ! on dirait même que la crédulité s’était emparée de ces hommes que nous appelons les Apôtres. Quelques-uns devaient continuer à vivre, jusqu’au retour de Jésus; d’autres «passèrent» durant la persécution. Mais peu leur importait d’être morts ou vivants! Les vivants seraient « changés »,

les morts ressusciteraient, tous devaient être saisis, d’une façon ou de l’autre, afin de rencontrer le Seigneur, et, avec lui, d’être témoins de la destruction aionienne de leurs persécuteurs, pour partir ensuite loin des regards des mortels, etn’être plus vus pendant des siècles.

LES DERNIERS TEMPS

Il n’y a pas lieu de s’étonner si les commentateurs des Ecritures ont pensé que les Apôtres étaient dans l’erreur, et si les chrétiens n’ont jamais pu croire que de telles espérances furent réalisées. Et vous-même, cher lecteur, êtes-vous prêts à examiner sans parti pris, les preuves que nous fournit l’histoire au sujet de la destinée de ce grand nombre de croyants qui, à l'époque de la destruction de Jérusalem étaient disséminés en Judée, en Asie mineure et en Europe? Il est vrai que vous rencontrez beaucoup de preuves négatives au sujet de la croyance, que l’Eglise des Apôtres fut enlevée secrètement du monde. Une étude de ce genre est hors cle la portée de la plupart de ceux qui aspirent à l’immortalité. Aussi est-il suffi-

sant de croire les paroles que vous lisez et de la manière la plus simple.

Croyez-vous? Si vous croyez méditez tranquillement ces paroles, et que votre imagination vous représente ce que votre foi rend réel. Les saints furent sauvés. Le dernier jour arriva, et les signes qui devaient indiquer son approche se succédèrent dans leur ordre. C’étaient des guerres et des bruits de guerre. De taux Christ apparurent et trompèrent plusieurs par les merveilles magnétiques qu’ils produisaient. L’amour d’un grand nombre se refroidit et ils abandonnèrent toute espérance. La grande tribulation enveloppa la nation juive. En terre sainte et dans tout le monde, des chefs séditieux appelèrent le peuple aux armes et le conduisirent à la bataille contre les légions romaines.

Chorazin et Bethsaïde, Capernaum et les villes dans lesquelles de puissantes œuvres avaient été accomplies par Jésus et ses disciples, tombèrent devant les armes des conquérants païens, et furent ravagées d’une façon qui rappela la chute de Sodome et de ïyr . La Galilée et la Samarie furent balayées par le feu; les troupes fugitives, épargnées par les sièges ou

LES DERNIERS TEMPS

les combats dans le nord, se réfugièrent au dedans des murs de Jérusalem. Les Eglises de l’Asie Mineure, désignées dans l’Apocalypse par des chiffres mystérieux, prévoyaient les scènes terribles qui attendaient les Juifs dans les grandes villes du pays. En Italie et en Grèce les plus humbles croyants furent témoins des insanités des Juifs, qui, ayant rejeté Jésus comme le Messie, essayaient en vain Je vaincre le pouvoir de la grande bête par leur propre force. Ils virent 200.000 de leurs concitoyens périr dans Jérusalem, où les apôtres et tout le corps des croyants Hébreux, dont la demeure avait été « la terre de la promesse», restèrent, selon le commandement de Jésus, jusqu'à ce qu'ils fussent témoins de l’abomination de la désolation dont Daniel le prophète avait parlé. Les scènes les plus terribles que des mortels eussent jamais contemplées se passèrent. Après avoir vu les signes prophétiques les croyants se réfugièrent dans des cavernes, jusqu’à ce que les trois années et demi de misère fussent accomplies (i). Dans ces re-

(I) Est-ce que ces trois années et demi expliquent la. prophétie mystérieuse «le 1 Anye dans le demie r chapitre de

traites cachées ils attendirent la destruction de la cité Sainte et l’incendie du Temple. Ils attendirent patiemment jusqu’à ce que le peuple juif eut été dispersé; ils virent la chute de Mercada la dernière ville juive, et finirent par se trouver les seuls survivants de la nation condammée.

Alors le soleil s’obscurcit, la lune refusa de luire, des météores sillonnèrent les deux et le Maître apparut au milieu des nuées d’Anges. Ses pieds se posèrent de nouveau sur le mont des Oliviers. A son appel les Anges amenèrent devant lui ses fidèles disciples qui venaient des quatre coins de la terre : de Babylone et de Damas, des cités de l’Asie, de la Macédoine et de Corinthe, de Crète et d’Arabie, de Rome et des villes de l’Italie. Tous, où qu’ils fussent, entendirent l’appel, et se rendirent à la vallée de Josaphat, et aucun ne manqua, « car leurs noms étaient écrits dans le livre. »

« De deux hommes qui étaient aux champs, l’un fut pris et l’autre laissé. » « De deux

Daniel, que la fin serait dans un temps, des temps et la moitié d’un temps ? Il est certain que le non moins mystérieux nombre des jours (1290), nous donne à peu près exactement trois ans et demi .

LES DERNIERS TEMPS

femmes qui étaient à moudre ensemble, l’une fut prise, l’autre laissée. » Bien que disséminés sur un quart du globe, en un instant ils se trouvèrent tous présents devant le Seigneur. Et les morts eux-mêmes ne furent pas oubliés. Abraham et les Patriarches, les Juges et les Prophètes, Rahab la prostituée et tous ceux qui avaient eu foi dans les promesses. Stéphane le martyr, Jacques qui avait été tué avec l’épée, et Pierre qui mourut comme son Seigneur, tous sortirent de leurs tombes appelés par la voix qui, quarante ans auparavant, avait fait sortir Lazare de son tombeau, et ils prirent place aux côtés de ceux que les Anges avaient rassemblés parmi les vivants. Et les incrédules aussi, parmi les Juifs, qui avaient raillé le Maître ; les Scribes, les Pharisiens et les Prêtres qui, au jour fatal, avaient crié « Crucifie-le », qui avaient arrêté ses disciples et les avaient jetés en prison, qui avaient persécuté les petits, les battant de verges et les accusant de tromperie lorsqu’ils guérissaient les malades ; tous ceux-ci furent réunis par les messagers angéliques, et les morts eux-mêmes furent ressuscités par la même voix puissante qui avait rappelé les Saints à la vie, mais pour prendre

place à la gauche de Jésus dans la vallée de la Gehenne.

Tous parurent en jugement devant Jésus, et quelle singulière scène cela dut être si nous nous en rapportons aux paroles des Ecritures! elle ne ressemble en rien à quoi que ce soit qui rappelle la justice humaine. Le caractère personnel, et la conduite des hommes selon la notion qu’a le monde du bien et du mal, n’y entrait pour rien. Voici les paroles qu’adresse cette Justice à ceux qui étaient à droite dans la vallée de Josaphat :

J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez recueilli ; j’étais en prison et vous êtes venu me voir.

Et les justes répondirent disant :

Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et que nous t’avons donné à manger, ou avoir soif et que nous t’avons donné à boir e ? Et quand est-ce que nous t’avons vu étranger et que nous t’avons recueilli ; ou nu et que nous t’avons vêtu?

Et le roi répondit :

Je vous dis en vérité qu’autant que vous avez fait ces

LES DERNIERS TEMPS

choses à l’un de ces plus petits de mes frères, vous me les avez faites.

Alors, à ceux qui étaient à gauche dans la vallée de la Gehenne il dit :

J’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; j’étais étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; j’étais nu et vous ne m’avez pas vêtu; j'étais malade et en prison et vous ne m’avez pas visité.

Eux aussi lui répondirent :

Seigneur quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim ou soif, ou être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et que nous ne t’avons point assisté?

Et il leur répondit :

Je vous dis en vérité qu’autant que vous ne l’avez pas fait à un de ces plus petits, vous ne me l’avez pas fait non plus.

Retirez-vous de moi, maudits, et allez dans le feu aionien préparé pour le diable et ses anges; allez à la punition aionnienne (1); mais les justes s’en iront à la vie éternelle.

(t) Cela ne suppose pas une condamnation éternelle mais seulement aionienne, c’est-à-dire temporaire, pour un Cycle, ou le retour sur la^, terre pour de nouvelles incarnations.

Vint ensuite le baptême du feu, par lequel les fidèles furent nettoyés des erreurs de la chair, et ce qui était charnel ou incrédule fut condamné. Le Roi et ses Saints furent unis pour toujours ; les Pharisiens et les Scribes furent rejetés; Abraham, Isaac et Jacob entrèrent dans le royaume de Dieu.

Direz-vous que ceci est une esquisse fantaisiste? Elle est absolument d’accord avec les paroles inspirées. On vous demande de considérer cela non pas comme un événement qui est à venir, mais comme un événement du passé. Si vous croyez que ceci a eu lieu, vous serez graduellement délivrés de toutes les vaines théories dont on a enveloppé les traditions des Anciens. Il existe, maintenant, un Jésus de Nazareth spirituel et glorifié. Il est un avec les milliers de saints qui furent aussi glorifiés à la fin du Aion (ou monde) Juif. Tous les croyants, depuis Abraham jusqu’au dernier de ceux qui furent appelés à la dernière heure, reçurent chacun son salaire.

Combien nous voudrions que vous lisiez le Nouveau Testament à sa vraie lumière ! Comprenez que ces faits appartiennent au passé, et que le ^alut s’est produit il y a dix-huit cents

LES DERNIERS TEMPS

ans, et vous apprendrez à connaître le chemin de l’infinie Sagesse, qui brisera les illusions de l’erreur et délivrera les hommes de la mortalité, du péché et de ses causes. Les saints sont dans le royaume des cieux avec Jésus. Ils sont l’homme spirituel : I'Image et la ressemblance du Bien Eternel. Ils n’ont plus conscience du mal, et ne réflètent que l’Amour infini et la pureté absolue. Ils sont régénérés, nés de l’Esprit par la conception el la naissance spirituelle, ils sont l’idéal multiplié de l’homme, l’Ego de la nature divine. Ils manifestent la totalité ou la sainteté, la vérité et le Principe éternel.

Le Père Céleste vit dans ses divins rejetons ; ils sont revêtus de « fin lin », ce qui signilie la justice des saints. Ils mangent de la manne cachée, et ils connaissent leurs nouveaux noms. Ils n’ont plus faim ni soif ; ils ne disent plus « Je suis malade » et ils ne peuvent plus mourir. Car sur eux « la mort n’a point de pouvoir. » Heureux saints des temps passés, qui sont entrés dans les demeures préparées pour eux. Ils ont lavé leur robe et l’ont blanchie « dans le sang de l’Agneau » (1). Ils eurent beau-

(1) « Le sang est la Vie » la vie du Christ, ou de l’agneau de Dieu, est la Vérité.

coup de tribulations, mais ils les comptaient comme un gain. Ils eurent des ennemis, tandis qu’ils luttaient contre le monde, la chair et le mal ; mais maintenant ils sont consolés. Ils furent fidèles en quelques choses et maintenant ils gouvernent beaucoup de choses. Ils sont entrés dans la joie de leur Seigneur. Ils ont suivi le Maître à travers la douleur, les privations et la mort. Il fut fidèle à ses promesses et brisa les portes de leur prison. Le monde ne sait pas cequ’ils devinrent depuis le moment où le nuage se referma sur leur humble carrière ; mais il le saura lorsque le temps sera venu. Ils furent les doux qui héritèrent la terre. Ils ont eu faim et soif de justice et maintenant ils sont rassasiés. Us furent pauvres en esprit, mais maintenant ils possèdent le royaume des deux. Us pleuraient, mais maintenant iis sont consolés. Us ont procuré la paix et maintenant ils sont appelés enfants de Dieu.

Heureux Saints, heureux Saints !

Personne ne peut douter de l’importance immense qu’acquièrent les histoires sacrées des Juifs et des Chrétiens par suite de la Nouvelle Révélation contenue dans ces pages.

Nous engageons ceux qui désirent décider dans leur esprit si elle est vraie ou non, à lire en entier les chapitres XXIV de saint Matthieu, XIII de saint Marc, XXI de saint Luc, et XIV de saint Jean ; car ces Evangélistes sont semblables à quatre piliers solides qui portent témoignage à la vérité de cette Nouvelle Révélation. Nous sommes persuadé que tout lecteur impartial, qu’il soit Juif ou Chrétien, qui lira attentivement les paroles prononcée^s^qotre Seigneur Jésus-Christ,, au sujet /^e^J^,J^^ruction de

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Jérusalem, de son Temple splendide, et de sa venue après ce terrible événement, ne pourra manquer de voir la vérité de cette nouvelle lumière jetée sur ce temps terrible, et de l’importance qu’elle a pour nous aujourd’hui. Car il comprendra que le temps dont il est question est passé et non pas à venir.

On s’étonnera seulement que cette vérité n’ait pas été découverte depuis tant de siècles, et qu’il ait fallu la Révélation actuelle pour la faire connaître aux Nations.

Nous pouvons seulement supposer que, selon les paroles de saint Paul, l’aveuglement est tombé sur Israël.

« Je ne veux pas, mes frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne regardiez point comme sages, c’est qu’une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée (dans l’Eglise). (Romains XI, 25).

Ecoutez ces paroles du Christ :

(( Te vous le dis, en vérité, cette génération ne passera point que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. »

Et cette déclaration est répétée dans Matthieu XXIV, Marc XIII et Luc XXI, et avec encore plus d’emphase dans Jean XIV, 29.

Je vous ai dit ces choses avant qu’elles arrivent afin que lorsqu’elles arriveront vous croyiez.

On ne peut pas fixer d’une façon exacte les années où furent écrits les quatre Evangiles.

La critique moderne la plus sérieuse place la rédaction de l’Evangile de saint Matthieu l’an 38 après J. -C., et son récit de cette prophétie est le plus complet et le premier. Marc écrivit dans les années 67 et 69 après J. G'., Luc l’an 63 et Jean l’an 95 après J.-C.

Le siège de Jérusalem, sous Titus, se termina le 8 septembre de l’année 70 après J. -G. La première mention qui fut faite de cette prophétie par Matthieu date de trente ans avant l’événement, et les deux autres récits ont été écrits de deux à sept ans auparavant. Jean, le seul des quatre Evangélistes qui ne rapporte pas tout au long la prophétie, se contente de citer les paroles de Jésus que nous venons de rappeler.

Dans cette terrible prophétie de notre Seigneur, rapportée par les trois Evangélistes, il ne s’agit nullement de prédictions vagues ou générales, mais d’une phalange serrée de faits précis et détaillés. Notre Seigneur fait la pein-

ture de l'événement à venir avec tous les détails de temps, de lieu, de personnes, de circonstances, et ajoute des trails si précis, qu’il nous est facile de reconnaître si la peinture est bonne ou non.

Nous avons environ vingt-cinq points distincts de prédiction. Selon la loi des probabilités, la chance qu’elles portent toutes sur un même événement est de 1 sur 20 millions. Et cependant tous ces traits se rencontrèrent dans la destruction de Jérusalem, et ne se sont jamais rencontrés dans aucun autre événement ! Il y a aussi, dans ces paroles de la prophétie, une allusion positive, non seulement à la destruction de la ville, mais à ce que l’on appelle généralement la fin du monde, et qui, comme nous l’avons vu, signifie la fin de la Dispensation, ou d’une époque Aionienne , ainsi que cela nous a été expliqué. Une preuve très remarquable de la main providentielle de Dieu, soit dans la prophétie, soit dans l’histoire qui la réalisa, se trouve chez les autorités elles-mêmes qui racontent son accomplissement.

Le principal récit que nous possédons de la destruction de Jérusalem n’aurait pas correspondu plus exactement au fait, alors même qu’on

l’aurait écrit avec intention pour confirmer la prédiction de notre Seigneur. Son auteur, était le prince des savants Juifs de l’époque, et un général juif qui, au début, résista vivement au pouvoir romain à Iotapata.il défendit cette place forte de la Galilée pendant quarante-sept jours contre Yespasien, l’an 67 après Jésus-Christ. Fait prisonnier, il resta enfermé jusqu’à ce que Titus succédât à Vespasien. Il assista au siège de Jérusalem, et, après sa chute, retourna avec T'tus à Rome où il écrivit ses Annales. Titus lui-même fut si satisfait de l’exactitude de son histoire qu’il lui donna son approbation et en demanda la publication. Cet historien, on le devine, est Josèphe. Certes il fut un témoin compétent, cet homme remarquable qui vivait, dans l’intimité du Commandant romain, ayant toutes les occasions possibles d’observer de près les événements et d’avoir des informations exactes. Qui douterait du témoignage d’un juif qui vécut et mourut en Pharisien strict, opposé au Nazaréen crucifié et à ses prophéties?

Dieu choisit un ennemi de la foi chrétienne pour transmettre jusqu’à nous le récit le plus minutieux de l’accomplissement de 1a. plus détaillée des prophéties ; en sorte que son

principal témoin est quelqu’un dont le témoignage ne peut être mis en doute, ni par les juifs, ni par les païens ! Josèphe n’établit aucun lien entre le terrible événement qu’il raconte et les paroles du crucifié Jésus ; car il cherche constamment à trouver une raison pour le terrible jugement qui frappa son pays et sa nation. Ainsi, par exemple, il essaye d’expliquer la ruine du temple par le fait que les Juifs avaient augmenté l’étendue de ses cours en prenant des terrains consacrés, etc., etc. (Cfuerres754, p. VI, V, IV).

Il s'élèvera des faux prophètes qui séduiront la multitude (Matth. XXIV, 11, 24. — Marc XII, 22).

Texte de Josèphe :

« Il ne restait plus hors du temple qu’une galerie où six mille personnes, hommes, femmes et enfants, s’étaient réfugiés pour échapper à la mort. Les soldats irrités y mirent le feu sans attendre les ordres de Titus. Les uns furent brûlés; les autres se tuèrent en se jetant en bas pour éviter de l’être; de sorte qu’il ne s’en sauva pas un seul.

« Un faux prophète fut la cause de la perte de ces malheureux. Il leur avait assuré que ce jour-là même Dieu leur enverrait son secours, et ils étaient montés de la ville dans le temple. Car les factieux se servaient

de ces sortes de gens pour tromper lé peuple, afin de retenir, par de sembables promesses, ceux qui voulaient s’enfuir vers les Romains.

. « Ce malheureux peuple était d’autant plus à

plaindre qu’ajoutant aisément foi à des imposteurs qui abusaient du nom de Dieu pour le tromper, il fermait les yeux et se bouchait les oreilles pour ne point voir et ne point entendre les signes certains et les avertissements véritables, par lesquels Dieu lui avait fait prédire sa ruine. »

(Josèphe, Guerre des Juifs, livre vr, chap. 30.)

Il y aura des signes , etc. (Matth., Marc, Luc).

Texte de Josèphe :

« Je rapporterai ici quelques-uns de ces signes et de ces prédictions.

« Une comète qui avait la forme d’une épée parut sur Jérusalem, durant une année entière.

« Avant que la guerre fut commencée, le peuple s’était assemblé le 8 avril pour célébrer la fête de Pâque. On vif, à la neuvième heure de la nuit, durant une demi-heure, autour de l’autel et du temple, une si grande lumière que l’on aurait cru qu’il était jour. Les ignorants y virent un augure favorable; mais ceux qui étaient instruits des choses saintes le considérèrent comme un présage de ce qui arriva depuis.

« Environ la sixième heure de la nuit, pendant cette même fête, la porte orientale du temple, qui

était d'airain et si pesanle que vingt hommes pouvaient à peine la pousser, s’ouvrit d’elle-même, quoi • qu’elle fût fermée avec de forles serrures, des barres de fer et des verrous qui entraient profondément dans le seuil, fait d’une seule pierre. Les gardes du temple en donnèrent aussitôt avis à leur chef. II se rendit sur les lieux et n ‘éprouva pas peu de difficulté à la faire refermer. Les ignorants T'interprétèrent encore à bon augure, disant que c’était une marque que Dieu ouvrait, en leur faveur, ses mains libérales pour les combler de toutes espèces de biens; mais les plus habiles jugèrent que le temple se ruinerait de lui-même et que l’ouverture de ses portes était le présage le plus favorable que les Romains pussent souhaiter.

« Un peu après la fête, il arriva, le 27 mai, une chose que je craindrais de rapporter, de peur qu'on ne la prit pour une fable, si des personnes encore vivantes ne l’avaient vue, et si les malheurs qui l’ont suivie n’en avaient confirmé la vérité. Avant le lever du soleil, Ton aperçut en l’air, dans toute la contrée, des chariots plein de gens armés traverser les nues, et se répandre autour des villes comme pour les enfermer.

« Le jour de la fête de la Pentecôte, les sacrificateurs de service, la nuit, dans le temple intérieur pour célébrer le service divin, entendirent du bruit, puis une voix qui cria à plusieurs reprises : « Sortons d’ici ! »

« Quaire ans avant le commencement de la guerre, lorsque Jérusalem jouissait d'une paix profonde et d’ur.e grande abondance, Jésus, fils d’Ananus, simple paysan venu à la fêle des Tabernacles, qui se célèbre chaque année dans le temple en l’honneur de Dieu, se mit à crier ; « Voix du côté de l'Orient; voix du « côté de l’Occident ; voix du côté des quatre vents ; « voix contre Jérusalem et contre le temple ; voix « contre les nouveaux mariés et les nouvelles mariées; « voix contre tout le peuple 1 » il ne cessai* point, nuit et jour, de parcourir la ville en répétant la même chose. Quelques magistrats, ne pouvant souffrir des paroles d’un si mauvais présage, le firent prendre et fouetter rudement, sans qu’il prononçât une seule parole pour se défendre ni pour se plaindre d etre si maltraité, et il répétait toujours les mêmes avertissements. Croyant, comme il était vrai, qu’il obéissait à un ordre divin, les magistrats le conduisirent à Albinus, gouverneur de la Judée. Il le fit. battre de verges au point de le mettre tout en sang, et n’en tira ni une prière ni une larme; mais à chaque coup, il répétait d’une voix plaintive et lamentable : « Malheur, malheur sur Jérusalem ! » Quand Albinuslui demandait qui il était, d’où il était, ce qui le faisait parler de la sorte, il gardait le silence. Aussi le renvoya-t-il comme un fou, et on ne le vit parler à personne jusqu’au commencement de la guerre. Il répétait seulement sans cesse les mêmes imprécations : « Malheur, malheur sur

Jérusalem! » sans injurier ceux qui le frappaient, ni remercier ceux qui lui donnaient à manger. Toutes ses paroles se réduisaient à ces tristes présages, et il les proférait d’une voix plus forte les jours de fêle. Il continua de crier pendant sept ans et cinq mois, sans relâche, et sans que sa voix en fût affaiblie ou enrouée.

« Quand Jérusalem fut assiégée, on vit l’effet de ses prédictions. Faisant alors le tour des murailles, il se mit encore à crier* : « Malheur, malheur sur la ville ; « malheur sur le peuple ; malheur sur le temple ! » Une fois il ajouta : « Malheur sur moi-même ! » Et une pierre lancée par une machine le renversa. Il expira en proférant les mêmes malédictions. »

(Josèphe, Guerre des Juifs , livre VI, chap. xxxi.)

Texte de Tacite :

« On vit des bataillons s’entrechoquer dans les airs, des armes étinceler, et des feux, s’échappant des nues, éclairer soudainement le temple. Les portes du sanctuaire s’ouvrirent d’elles-mêmes, et une voix plus forte que la voix humaine annonça que les dieux en sortaient ; en même temps on entendit un grand mouvement de départ. »

(Tacite, Histoires , livre V, 13.)

Quelles sont les autres autorités que nous pouvons citer pour prouver que la prophétie de notre Seigneur fut exactement accomplie? Après Tacite, historien romain et païen. Gibbon,

le prince des sceptiques, l’historien anglais qui, même pendant qu’il écrivait pour prouver que le succès du Christianisme pouvait s’expliquer par des causes naturelles et secondaires, était forcé, malgré lui, de mentionner des faits qui prouvaient que notre Seigneur fut un véritable Prophète.

Un jour, Frédéric le Grand dit à l’un de ses maréchaux qui était un chrétien sincère : « Donnez-moi en un mot une preuve de la vérité de la Bible. » « Les Juifs », fut la réponse laconique et irréfutable qui lui fut faite.

Comme nous l’avons dit, en prenant l’ensemble des Evangiles, nous trouvons vingt-cinq prédictions distinctes qui ont rapport à la destruction de Jérusalem, et pour l’instruction de nos lecteurs, nous les citerons, groupées selon un certain nombre de classes, par A. T. Pierson, un savant docteur en divinité.

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LES PROPHÉTIES SUR LA DESTRUCTION DE Jɬ RUSALEM, GROUPÉES PAR LE DOCTEUR A. T* PIERSON.

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