Les objections de l\ raison
56. La Raison dit: Premièrement, pourquoi Dieu laissa-t-il croître l’arbre par lequel Adam fut tenté? Si Dieu n’avail pas fait le mal , rien n’aurait été mal, étant donné que tout procède de Lui. Lui seul est le créateur qui a fait tout, et ainsi, il a fait le mal et le bien.
59. La Raison pense aussi : Si ce que le diable et l’homme ont contemplé, et qui a produit le mal, n’avait pas existé, alors le diable aurait continué à être un ange, et l’homme serait resté dans le Paradis.
Réponse
60. Oui, chère Raison, maintenant tu as vu juste. Tu ne peux pas tomber si tu ne deviens pas aveugle.
61 . Écoute ! Pourquoi ne dis-tu pas à la Lumière : Pourquoi permets-tu que le feu soit ? Comme tu serais contente, si tu ne vivais pas dans le feu ? Je voudrais
DE L 0R1G1NE DU MAL
bien être avec toi, mais tandis que tu demeures dans le feu, je ne le puis.
62. Dis maintenant à la Lumière: sors du feu, et alors tu seras bonne et agréable, et si la Lumière suit tes directions, tu trouveras un grand trésor, et combien tu serais heureux si tu pouvais vivre dans la Lumière sans que le feu te brûlât .
63. La Raison va jusque-là, mais regarde la chose avec justesse et avec les yeux de la Magie. Alors cela te sera montré , à moins que tu ne sois complètement aveugle et sourd.
64. Vois ! si j’enlevais la Lumière du feu, alors, premièrement la Lumière perdrait son essence, et, du feu serait enlevé ce qui fait qu’il brille. Deuxièmement, il perdrait sa vie et serait impotent. Troisièmement, il serait captivé par l'obscurité et dominé; et il s’éteindrait en lui-même et ne serait plus rien ; car il est la liberté éternelle et un abime ; tandis qu'il luit il est feu ; et lorsqu’il s’éteint il n’est rien.
66. Maintenant, vois, si j’enlevais du feu la Lumière et le lustre, qu’est-ce qui resterait du feu ?
Rien qu'un désir sec et une obscurité ; il perdrait l’essence et la source de sa qualité; il désire, et cependant il n'est rien. Le soufre qui est en lui est mort; il se consume lui-même, tant qu'il reste un peu d’essence, et lorsqu’il n’y en aura plus il deviendra rien , un abime où l’on ne voit pas la moindre trace de pas, ni de quoi que ce soit.
69. La Lumière s’élève du Feu et sans le feu elle ne serait rien , elle n’aurait aucune essence. Le Feu fait la lumière et la mobilité ; il est Ja nature. Cependant il a une autre volonté que la Lumière, car il est avide et ne vit que pour consumer, il prend et reçoit seulement, et il s’élève dans son orgueil.
S lî GOND APPENDICE
70. La Lumière ne reçoit pas, elle donne , afin que le Feu puisse être préservé ; la source de la qualité du Feu est l’ardeur et la colère ; ses essences sont amères, sa morsure est hostile et désagréable.
71. Il est un ennemi de lui-même, il se consume lui-même, et si la Lumière ne venait pas à son aide , il se dévorerait lui-même, en sorte que de lui ne sortirait rien.
Cher Esprit qui cherche, considère cela et tu arriveras bientôt à la limite du repos.
72. Dieu Est, de toute Eternité le pouvoir de la Lumière; et il est appelé bon d’après l’Esprit de la Lumière.
Le Feu est appelé Nature ; il a, en vérité, la propriété du Feu ; mais il transforme , et, de l'ardente colère il fait l’Amour; de ce qui consume et dévore, il fait ce qui engendre ; de ce qui est l’inimitié, la haine, l’amertume douleureuse et le tourment, il fuit la douceur, le bien, l’agréable, l’aimable — un bonheur parlait qui satisfait et accomplit tous les désirs.
75. Car le désir de l’Amour attire la douceur de la Lumière en lui-même; il est une vierge fécondée, riz de l’Esprit, de l'Ingénuité, de la Connaissance, de la Sagesse et du Pouvoir de la Divinité.
70. Maintenant, cher Esprit qui cherches, ne conçois pas la chose autrement qu’ainsi : Dieu est la Lumière éternelle ; son pouvoir, sa source ou sa qualité demeurent dans la Lumière ; la Lumière produit la douceur, et de la douceur procède l'Être ou la Substance. Cet Être, ou cette Substance, est l’Être ou la Substance de Dieu; et la source ou la qualité de la Lumière est l'Esprit de Dieu. Là où se trouve la compréhension, il n’y a pas d'autre Dieu que celui-là. Dans la Lumière est le pouvoir, et le pouvoir est le royaume.
DE L ORIGINE DU il AL •
77. Mais, cependant, la Lumière sort en s'élevant du Feu, et sans le Feu elle ne serait rien. Cher Esprit qui cherches, considère cela et tu arriveras à la limite du repos.
78. Ainsi, nous savons bien ce qui est Dieu et la Nature, aussi bien que l1 Abîme et la profondeur de l’Éternité. Ainsi, nous comprenons que le Feu Éternel est magique, et qu’il est engendré dans la volonté qui désire.
79. Maintenant, puisque l’Abîme Éternel est magique, par conséquent tout ce qui est engendré de TÉternel est aussi magique ; car c’est du désir que procèdent toutes choses. Le ciel et la terre sont magiques, et Y Intellect , ou les sens et les pensées , sont magiques ; si seulement nous pouvions, une fois, nous connaître et nous comprendre.
80. Maintenant, que peut faire la Lumière si le Feu saisit quelque chose et le dévore — considérant que la chose qui est saisie par le feu est aussi magique ?
81. Et puisque cette chose est magique et qu’elle a la Vie et le Pouvoir, ainsi que la compréhension de la Lumière, pourquoi court-elle ainsi dans le Feu ?
82. Le diable était en vérité un Ange, et Adam une Image de Dieu; tous deux avaient encore le Feu et la Lumière , comme aussi l’Esprit divin, l’ingénuité, ou la compréhension. Pourquoi donc le diable imagina- t-ii selon le Feu et Adam selon la Terre ? Ils étaient Libres.
83. Ce n’est pas la Lumière et le Pouvoir qui entraînèrent le diable dans le Feu, mais l’ardente colère de la nature. Pourquoi l’Esprit arriva-t-il a être voulant ?
84. Quoi que ce soit que fasse la Magie ou l'imagination, elle le possède, le diable s’est fait Enfer, [et il l’a ; Adam s’est fait terre, et il l’est.
SECOND APPENDICE
De jour en jour, d’année en année nous nous créons nous-mêmes. C’est notre volonté pervertie, notre imagination insensée qui nous tente. Nous n’avons qu a vouloir le bien pour être bon et pour posséder Dieu, mais il suffit que nous laissions notre imagination errer dans les pensées mauvaises et que nous voulions le mal pour posséder le diable. Ces paroles de l’oraison dominicale : « Ne nous induis pas en tentation», s’adressent à Notre Père dans son Principe premier ou courroucé, et par conséquent pas à notre Père « qui est aux deux », ou uni à ce second Principe doux et aimant qui ne veut pas nous induire en tentation, mais qui veut nous délivrer du mal, et à qui appartient aux siècles des siècles le Règne, la puissance et la gloire. Amen.
TROISIÈME APPENDICE
LA BIBLE JUIVE
Au sujet des articles que nous terminons ici, il nous a souvent été demandé pourquoi nous donnions la préférence aux Écritures juives sur les Livres sacrés de l'Orient, et, de fait, sur tous les autres, et si nous ne considérions pas ces derniers comme également inspirés.
Il nous semble donc qu avant de prendre congé de nos lecteurs nous leur devons encore quelques mots d’explication à ce sujet.
Oui, nous croyons que ces anciens Livres, les antiques annales sacrées de l'Orient, et d’autres pays, étaient vraiment inspirés. Et dans notre ouvrage sur la Théosophie Universelle (1) nous avons cheiché à l'indiquer et à leur payer notre sincère tribut d’admiration. Mais nous avouerons franchement que ces Livres, tout inspirés qu’ils soient, n’ont pas pour nous le même
(1) The Mystory of the Ages qui a été eu partie publié en français dans Y Aurore. Le succès de cet ouvrage a été très grand en Angleterre et en Amérique.
TROISIÈME APPENDICE
intérêt que les Ecritures juives, et par cette simple raison que cette histoire du peuple d'Israël, ou des Enfants de la Lumière, a été prise pour type de l’histoire de l'âme de l'homme. Dans aucun Livre sacré nous ne trouvons si clairement développée cette idée de l'Union de l’humain avec la Nature Divine. Les païens s’étaient souvent représentés les dieux descendant sous la forme d’hommes, — leurs livres sont pleins de miracles de ce genre, — mais toujours le Dieu ne revêt cette forme humaine que pour un but passager et souvent trivial. Dans le Christianisme, au contraire, nous avons la véritable incarnation de Dieu dans l’humanité, comme le but même de l’existence et du développement qui devient possible lorsque le Sauveur ouvre la porte jusqu’alors fermée et montre le véritable chemin qui conduit à la vie éternelle. Pour le Christianisme, la rédemption consiste précisément dans le fait delà persistance éternelle de l’àme, en tant que personnalité acquise au moyen de la lutte.
Le Bouddhisme, au contraire, enseigne que la personnalité est une illusion qui appartient ala sphère inférieure de l’existence, et il fait consister la rédemption dans l’annihilation totale afin d’échapper à la souffrance. Le vrai chrétien accepte la souffrance et le sacrifice comme moyens de développement, dont le Christ lui-même a donné l’exemplejusqu’àlamortsurlacroix Parle Christ seul le don del’Esprit Divin est possible. Il n’aurait pu venir par Bouddha qui représente seulement l’intellect, tandis que Jésus, en tant que type, en expression, le plus élevé de l’élément-amour, représente les affections humaines, et il est essentiellement la semence de la Femme Divine, seul capable d’écraser la tête du Serpent. Ainsi il n’y a pas d’autre Livre sacré que la Bible juive, dans lequel nous trouvions le type de l’union de la nature humaine et
LA BIBLE JUIVE
divine en Une personne, comme but et intention de la création. La doctrine fondamentale de l’Ancien comme du Nouveau Testament est précisément le développement parfait de l’âme humaine, don de Dieu, jusqu’à ce qu’elle devienne l’image divine selon laquelle elle avait primitivement été créée.
Et afin d’atteindre ce résultat glorieux, l’Envoyé Divin est descendu du ciel et s’est incarné parle Saint-Esprit dans le sein d’une Vierge, prenant ainsi la nature de l’homme afin de racheter l’humanité du joug du péché. Y a-t-il un autre peuple sous le soleil qui puisse se vanter d’avoir été l’objet d’un honneur aussi grand ? Et ce privilège a été accordé à Israël, le peuple choisi ! (1)
Il est vrai que le Christ est venu pour racheter l’humanité tout entière, et non pas une seule race. Il fallait cependant que sa naissance se produisit dans une nation ou une autre, et cette distinction lut réservée aux Juifs. N’est-il donc pas naturel que ceux qui ont le bonheur d'être chrétiens aiment et vénèrent l’ancienne Bible d'Israël, puisqu’elle contient des prophéties sans fin sur leur propre gloire, et que les deux Testaments réunis soient leur plus grand trésor ? L’ancien Testament juif est déjà par lui-même un livre d’une grande valeur, car il nous donne le portrait de celui qui doit venir pour écraser la tête du serpent et qui sera la semence de la Femme Divine. Et le Nouveau Testament nous prouve que le portrait était vrai, car Celui dont il nous retrace l'histoire se trouve bien être la Lumière Divine qui éclaire toutes les chambres sacrées, la clef qui ouvre le lieu saint, la note dominante de cette parfaite harmonie.
(1) L'Etymologie du mot Israël est Isis, nature, Ra. soleil et El, Dieu.
TROISIEME APPENDICE
Gar si le Christ est patent dans le Nouveau Testament, il est sûrement latent clans l’Ancien. En remontant même aussi loin cjue la Genèse on trouve des allusions au moins à une dualité de personnes dans la Divinité : « Faisons l'homme à notre image. » Et cette image n’était pas une relique du Polythéisme, ce qui est prouvé par l’Arche de l’Alliance que le peuple choisi de Dieu porta à travers les Ages.
Nous ne trouvons cette histoire du développement parfait de l’àme humaine nulle part exprimée si clairement que dans les Écritures juives. Du Sinaï la loi morale fait résonner ses terribles sanctions. La colonne de lumière est toujours pour nous le symbole le plus frappant de la direction divine ; le courant d’eau et la manne dans le Désert sont encore des allusions à la seconde et meilleure alliance que Dieu lit avec ses enfants, ainsi qu’au pain et au vin de l’esprit avec lesquels il satisfait la faim et la soif de leur âme.
Quelques-uns des préceptes de Moïse s’adaptaient évidemment à l’obscurité de l'époque où il vivait, et, dans l'histoire biblique, nous trouvons des vestiges de polygamie, d’esclavage, d'idolâtrie, de vengeances sanguinaires, de persécutions religieusesqui sont comme les marques des écailles des hideux dragons dans le sol de la période Saurienne. Mais ce ne sont que les marques de coquillages qui ne sont plus habités, des peaux que le génie d’Israël avait rejetées et laissées derrière lui à mesure qu’il avançait sur sa route spirituelle. Ce ne sont que les derniers degrés de cette échelle céleste que la conscience religieuse des Hébreux avait franchis en s’élevant lentement jusqu'à la reconnaissance et à la proclamation des vérités religieuses les plus pures que l’antiquité eût connues.
Toutes ces reliques d’une étape inférieure de pensée
LA BIBLE JUIVE 545
et de conduite ne font que prouver l’évolution religieuse naturelle et progessive. Et à mesure que l'homme s’élève au-dessus de cet état grossier et brutal, pour arriver à une perception plus vraie de la Nature Divine, le caractère de la Divinité subit aussi ce procédé d’évolution ; tant il est vrai que l’homme fait Dieu à son propre image. L’Être auquel il obéissait autrefois dans la crainte, cesse d’être pour lui un objet de terreur et devient un objet d’amour. Comme le Dieu d’Esaïe était plus élevé que le Dieu de Moïse, le Dieu des Chrétiens est supérieur au Dieu d’Esaïe, et II finira par être reconnu de tous pour le Père tendre et aimant qui nous est révélé par notre Irère aîné, le doux, sublime et glorifié Jésus.
Chaque âge de l’humanité a été son propre révélateur, a interprété sa propre nature et vu l’Être Divin de son point de vue particulier. A mesure que la race s’élevait plus haut, son horizon s’agrandissait. Les hommes devenaient plus intelligents et ils doivent percevoir et comprendre toujours davantage à mesure que les siècles se succèdent dans le sein du temps.
God is God from the Créai ion,
Trulh aloae is man’s salvation,
But the God whom now you wor^hip Soon shall be your Go t no more;
For the soûl in its unfolding,
Ever more its thought renaoulding Learus more truly in its progress How to love and Ut adore ! (1)
Le voyage de l’âme se poursuit éternellement et le
(l) Dieu est Dieu depuis la Création. — La Vérité seule est le salut de l’homme. — Mais le Dieu que tu adores maintenant. — Bientôt ne sera plus ton Dieu. — Car l’âme dans son
TROISIÈME APPENDICE
temps n’est rien, car, à chaque moment, il s’étend toujours aussi infini devant nous. Ce qui était un long avenir devient un long passé. Ce que nous n’avons pas appris dans le passé, nous l’apprendrons dans l’avenir; à mesure que l’homme s’élève sur l’échelle de l’Ètre, il acquiert de nouvelles perceptions plus raffinées.
Le temps n’est que le diorama éternellement mouvant de l’Omnipotence qui amène au jour la pensée de l’Esprit infini, — toujours la même, car la vérité est toujours une. C’est l’histoire des Étoiles et de l’homme ; tout vient à celui qui sait attendre. Oui, ainsi que le maître le dit : « Cherchez et vous trouverez. »
La vérité est que ce n’est pas dans le court espace d’une seule vie que l’orbite du grand plan de Dieu peut tracer son plein cercle ; mais, dans la vie d’une nation, il y a du temps pour plus d’une révolution. Le sage étudiant de l’histoire peut prophétiser facilement, car ses études lui montrent l’action invariable de cette loi qui agit sur les nations comme sur les individus, et qui veut que chacun paye jusqu’au dernier denier de ce qu’il doit. Le cas est peut-être encore plus clair pour les nations que pour les individus. Ce vieux Testament que les critiques historiques les plus tatillons reconnaissent avoir été entre les mains des Juifs 200 ans avant le Christ, contient des peintures frappantes et claires d’évènements futurs, et pour justifier ses prétentions à une divine origine, en appelle calmement aux résultats à venir. Il met au défi l’histoire, l’archéologie, la science, toutes les formes des connaissances humaines, de montrer un seul exemple où la prédic-
développement. — Façonnant incessamment sa pensée à nouveau. — Apprend plus réellement dans son progrès. — Comment aimer et comment adorer !
LA BIBLE JUIVE
tion ait été en défaut. C’est vraiment une hardiesse divine. D’autres religions, comme le Mahométanisme et le Bouddhisme ont essayé d’appuyer leurs prétentions sur de soi-disant miracles, mais jamais elles ne se sont aventurées à prophétiser.
Les religions payennes appuyaient leurs prétentions sur les réponses des oracles; mais quelle distance sépare ceux-ci des oracles de Dieu ! La plupart du temps ces oracles païens étaient d’une nature triviale, soit comme contenu, soit comme intention, et bien peu dignes d’être les réponses d’un Etre divin. Leur but était toujours égoïste et l’influence qui les mettait en mouvement incapable d’émouvoir un Dieu, car ses mobiles étaient le gain, l’ambition et quelquefois la peur. La caractéristique générale des oracles païens était l’ambiguité, l’obscurité et la convertibilité, en sorte qu’une réponse pouvait s’appliquer à des évènements divers et souvent opposés. Si l'on réfléchit sur les lois ou les « Canons » de prédictions, on verra combien il est difficile de composer une prédiction qui ait chance d’être exacte. En premier lieu, il est évident que personne ne peut prédire avec succès une chose qu’il ne prévoit pas. Secondement, nul ne peut prévoir des évènements futurs auxquels les évènements passés ne fournissent pas de clef, à moins qu’il ne soit aidé par la clairvoyance divine. Troisièmement, lorsque les évènements prédits sont nouveaux par nature et uniques comme constitution, il faut, pour les prédire, recevoir de Dieu une connaissance supérieure à la connaissance humaine.
Il suffira à un esprit impartial d’appliquer à ces principes évidents la balance du jugement pour sentir leur poids et comprendre la valeur de la prophétie énoncée dans la Parole divine. Dans la Bible juive nous voyons des hommes qui prédirent des évènements lointains,
TROISIEME APPENDICE
n’ayant aucun rapport à des circonstances passées; et ils les prédirent avec une exactitude et une précision qui n’a de parallèle dans aucune prédiction non inspirée. Parfois, il y a quarante ou cinquante détails. Si un seul ne se trouvait pas exact, la prédiction serait nulle. Lorsque, dans de tels cas, chaque détail peut être vérifié, il est difficile de comprendre comment un homme impartial pourrait ne pas être convaincu que la prophétie a été divinement inspirée.
Mais les prophéties de la Bible font plus que de nous assurer qu’il y a une Providence Elles nous indiquent l’avenir, en sorte que nous avons des aperçus de la gloire future et du triomphe de Dieu et de la Divinité. Elles unissent irréparablement le passé et l’avenir au présent et nous montrent, sous des couleurs intenses, le grand tableau de l’existence. Par là, nous avons un avant-goût de l’avenir. Les anciens Hébreux, à travers le verre de la prophétie messianique, contemplèrent l’agneau de Dieu, la semence de la femme qui enlève le péché du monde, et aussi la croix du Christ se dressant déjà dans les âges passés, et la rédemption étant un fait actuel et accompli pour Abraham et David. Pour nous, aujourd’hui, les prophètes du Nouveau Testament sont la lunette d’approche qui met à notre portée les sommets bienheureux du mont de la Rédemption et rendent visibles à nos yeux les tours de la Cité céleste.
Par conséquent rien ne peut avoir plus d’importance pour les vrais chrétiens que de posséder les Ecrits prophétiques. Les prophéties qui se sont déjà accomplies mettent le sceau de Dieu sur la Bible juive ; (Voyez l’introduction à ce livre) et celles qui concernent l’avenir, en éprouvant notre foi, nous transportent au jour final de la victoire. Ecoutez l’Apôtre Pierre :
LA BIBLE JUIVE 549
« Nous avons aussi la parole des prophètes qui est très ferme à laquelle vous faites bien de vous attacher et qui était comme une lampe qui éclairait dans un lieu obscur , jusqu'à ce que le jour commençât à luire , et que l'étoile du matin se levât dans vos cœurs; sachant premièrement ceci ... que la prophétie n'a point été apportée autrefois par la volonté humaine ; mais les saints hommes de Dieu étant pauvres, par le Saint-Esprit ont parlé».
La prophétie prétend être exactement ceci : le sceau posé par la propre main de Dieu sur le parchemin sacré (1).
C’est le mode choisi par Dieu pour rendre clair aux hommes le fait dont II a parlé. Il dit aux loyaux sujets de son grand empire : Par ce signe infaillible vous saurez que ma main a proclamé ma volonté. Par mes messagers choisis, je vous montrerai les choses à venir. Et ceci sera le chemin qui conduit à la conviction, chemin assez droit et uni pour que nul ne s’égare. Soyez donc convaincus que lorsque un évènement futur est clairement prédit, évènement que l’esprit le plus fin ne saurait deviner, s'il correspond exactement à la prophétie, c’est une preuve de l’action d’un pouvoir supérieur à la nature. La prophétie est un miracle en expression Le miracle est la prophétie en action. Tous les deux supposent un pouvoir surnaturel, l’un en parole, l’autre en action et par conséquent tous les deux portent la sanction de Dieu.
Etablir la vérité d’une prophétie c’est emporter toute la forteresse de l’ennemi, car cela établit l’inspiration de la parole de Dieu. Etablir la vérité d’une prophétie
(1) Tout le long de la Bible, Dieu en appelle à la prophétie accomplie. Deut. XVIII, 21-22; Esaïe XLI, 21-23; Jérémie XXVni, 9 ; II, Pierre I, 19-21.
550 TROISIÈME APPENDICE
du Christ, c’est prouver non-seulement son autorité comme instructeur, mais aussi sa divinité, car cela met le sceau et la sanction de Dieu sur les témoins du Christ. Voyez l’appel qu’il fait lui-même à ses prophéties : « Et je vous le dis maintenant , avant que la chose arrive , afin que , quand elle sera arrivée , vous croyiez ». Saint Jean XIV : 29.
Telles sont donc nos raisons pour considérer la religion chrétienne, fondée sur la Bible juive, comme ayant une origine divine et une suprême sanction. Nos preuves peuvent se diviser en preuves « extérieures » et preuves <c intérieures ». Les preuves intérieures comprennent le caractère du Christ lui-même, ainsi que de la doctrine et de la moralité enseignés par le christianisme, son adaption aux besoins humains ; la logique de la Bible et les signes de vérité, de pureté, de sincérité chez ses divers auteurs. Les preuves extérieures, ou historiques, sont celles qui se trouvent dans le besoin qu’avait l'homme d’une révélation venant de Dieu; l'authenticité et le bien fondé de l'histoire des Écritures, l’argument que la prophétie et le miracle mettent le sceau sur une pareille révélation et la sanctionnent ; l’argument historique qui montre l’Evangile se répandant partout, malgré l’opposition, et les bénédictions positives qu’il a répandues sur l’individu comme sur la société.
Ainsi, pour nous, la Bible est, en vérité, le grand Livre, et le Christ qu’elle a prédit si neûement comme celui qui devait rétablir l'Image Divine dans l'humanité, est la grande personnalité de la Religion chrétienne.
Par la parole sûre de la prophétie nous savons que l'intention éternelle de Dieu est que son Royaume vienne enfin sur la terre; son plaisir, de donner ce Royaume à ses enfants et que sa volonté soit laite sur la terre
LA BIBLE JUIVE
comme aux cieux. Joseph meurt en Egypte, et en mourant il dit : « Dieu vous visitera sûrement ». Moïse meurt en face de la Terre promise, et il exhorte Josué à être vaillant et à conduire le peuple en avant; et ainsi de l’un à l’autre passe la prophétie. Chacun s’engage solennellement, par son successeur, à accomplir l’œuvre jusqu’à ce qu’enfin toute la terre leur appartienne.
Et ainsi en est-il de la promesse plus grande encore, faite à l’âme de l’homme par le Créateur des âmes. La splendide espérance doit être confiée comme un legs sacré par chaque génération à celle qui lui succède. Cette promesse par laquelle toute la création gémit et est en travail jusqu’à ce jour est que, sur cette terre, le Temple mystique du Très Haut soit enfin construit, et que toute la race humaine entre dans ses cours et y adore dans une union parfaite. La promesse qui a été faite est qu’un jour viendra où la connaissance de la gloire du Seigneur couvrira la terre comme les eaux couvrent la mer, alors qu’aucun homme ne dira à son voisin : connais le Seigneur, « car tous, du plus grand jusqu'au plus petit, le connaîtront, »
Cette heureuse consommation des temps, devait venir par la semence de la femme qui seule pourrait écraser la tête du serpent, ou, en d’autres mots, vaincre le vil serpent de la matérialité terrestre par le pouvoir de son origine spirituelle et céleste.
Nous avons vu, dans les pages qui précèdent, que cette semence de la femme vint au temps marqué, c’est-à-dire, lorsque la terre (l’humanité) fut suffisamment préparée pour la recevoir. Nous avons vu que ce fut par l’opération de la Mère Divine, le Saint-Esprit, ou le Principe divin-léminin de Dieu, qu’une pure jeune Vierge fut préparée à recevoir cette semence céleste promise, qui fut communiquée par la « puissance du
TROISIÈME APPENDICE
Très-Haut. » Ainsi cette vierge conçut et mit au monde son premier né qui fut appelé Jésus par l’ange de Y Annonciation, et aussi nommé « Emmanuel , » « Dieu avec nous, » ou le Fils de Dieu.
« Marie dit à la salutation de l'Ange : Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais point d'homme ? L'Ange lui répondit : 1° Le Saint-Esprit viendra sur toi et 2° la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le Saint Enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » (Saint Luc I, 24).
Il nous a été dit, par la source céleste, d’où nous recevons notre inspiration, que ce fut la voix qui communiqua le germe de la vie spirituelle à l’enfant divin ainsi conçu, et par conséquent ce fut à la lettre « la Parole de Dieu » qui vint dans le Christ, fils unique de Dieu. Cette interprétation n’est que la confirmation des paroles de saint Jean : « Et la Parole a été faite chair et a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons vu sa gloire, une gloire telle qu'est celle du Fils unique, venue du Père. » (Saint Jean 1, 14).
Comme preuve que ce processus divin fut, à la lettre, la semence de la femme ou du Principe féminin de la Divinité, voyez la page 442 de ce volume, où il est montré que la Parole du même ne peut être manifestée que par les Deux en Un (two in one) c’est-à-dire par la Parole et la Voix, car, sans la Voix, comment prononcer la Parole ? De là, la signification des langues fendues et de feu qui descendirent, à la Pentecôte, sur ceux qui étaient assemblés dans la chambre haute, quand ils reçurent le don du Saint-Esprit. De là aussi la belle signification delà Voix céleste de la Mère Divine, lorsque le Saint Esprit descendit sur Notre Seigneur (lors de son baptême dans le Jourdain), sous la forme d’une colombe, et qu’elle affirma qu’il était son Fils bien-
LA BIBLE JUIVE
aimé. « Tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute mon affection. (Saint Luc III, 22).
La seconde naissance est décrite en tout homme comme l’effet de ce pouvoir féminin, ou baptême du Saint- Esprit, par lequel l’homme arrive à être complètement affranchi du péché, état auquel aucun homme n'avait pu parvenir avant le jour de la Pentecôte. Mais cette promesse bénie ne peut devenir une réalité que par la coopération consciente de l’intelligence et de la volonté de l’homme avec l’intelligence et la volonté de Dieu, et nous craignons bien que des milliers d’années s’écoulent encore avant que cette promesse soit accomplie. En attendant, tous, hommes et femmes, doivent y travailler. Il en est de l’homme, en général, comme de chaque frère et sœur en particulier, tous sont encore loin d’être en possession de leur véritable nature. Les enfants de la lumière doivent vaincre les païens et recouvrer leur héritage éternel, pouce par pouce. Tous, nous devons réduire nos cœurs en obéissance comme les Israélites le firent. Ils avaient devant eux un grand but à atteindre, rien moins que la possession de toute la terre promise. Notre but individuel à nous est encore plus grand, il consiste à devenir les fils etles filles de Dieu. Souvenons-nous que notre Seigneur et Sauveur béni, nous a montré le chemin, et que nousn’avons qu'à suivre ses traces. Il est le chemin , la vérité et la vie ; en même temps qu’il est le premier né entre plusieurs frères. En apportant de nouveau la semence divine dans l’humanité tombée, et en réunissant la nature humaine à la nature divine, ce qui est la réconciliation ( at one ment), il nous a donné le pouvoir de devenir les fils de Dieu.
Nous devons d’abord nous faire un idéal élevé de nousmêmes. Regardons fixement le portrait divin suspendu dans la galerie céleste, — notre propre image telle que
TROISIÈME APPENDICE
Dieu la contemple — et puis efforçons-nous de le réaliser trait après trait, en pensant, en agissant comme notre moi idéal le ferait. La loi éternelle est que le pouvoir s’acquiert par l’action. Etudiez les mathématiques et vous deviendrez fort dans cette science. Pensez et vous deviendrez sérieux ; supportez et vous deviendrez fort. Accomplissez des œuvres de miséricorde et vous deviendrez miséricordieux. Faites des actes aimables, et l’âme de la bonté habitera en vous. Aimez et vous deviendrez l’amour même. Dominez-vous constamment et vous deviendrez le maître de vous-même. Laissez la lumière de Dieu entrer par toutes les portes de votre être, qu’elle pénètre vos pensées et vos actions, et la gloire de Dieu rayonnera de vous, en sorte qu'en vous contemplant, les hommes croiront voir le visage d’un Ange, et en effet, ce sera le visage d’un Ange qu’ils verront.
Mais vous répondez : pour cela j’ai besoin de l’inspiration de Dieu. En effet, mais de quelle manière l’obtenir? Par des pensées aimantes, des actes de bonté et de charité, de hautes résolutions et de nobles intentions, Dieu prend possession de vous. Ouvrez vos poumons et l’air s’y précipite. Ouvrez votre âme et le Saint-Esprit y pénètre Ne dirons-nous donc pas, chers bien-aimés : Pardonne, ô Esprit d’Amour, pardonne toutes les actions égoïstes par lesquelles je t’ai si souvent affligé ; toute la triste indolence et la mondanité par lesquelles j’ai si souvent éteint la flamme de l’inspiration; toute l’irritation, la colère, les mauvaises pensées, les désirs impurs qui ont fait que tu as si souvent souffert de la dureté de ton enfant. Fais moi être davantage à ta ressemblance.
Puissé-je aimer comme tu aimes, et t’aider ainsi à supporter le dur poids de cette terre pécheresse. Que
LA BIBLE JUIVE
plus jamais je n’ajoute un atome au poids de ce péché que tu veux enlever des âmes des hommes. Que ta gloire luise sur la terre. Père-Mère dans les cieux, associe -moi à tes travaux divins.
Puissé-je me réjouir toujours comme Jésus s’est réjoui, de faire ta volonté. Puissé-je pardonner à tous mes frères et mes sœurs pour l’amour de toi, comme Lui a pardonné .
Que mon cœur sôit plein de compassion divine comme l’était le Sien.
Que chacune de mes pensées soit enfin soumise à Ta Loi éternelle — la Loi d’Amour.
Marie de Marie.
TABLE DES MATIÈRES
Avant-propos . i-iv
Introduction . i-xxu
Pages
Chap. Ier. — La clé des Écritures . 1
— II. — Le retour de Jésus a déjà eu lieu.. 13
— III. — La croyance et l’espérance apos¬
toliques . 21
— IV. — Les derniers temps . 31
— V. VI. VII. — Les prophéties sur la des¬
truction de Jérusalem . 41-52 62
— VIII. — Jésus pleure sur la ville de Jéru¬
salem . 71
— IX. — Transfert des annales sacrées aux
Gentils . 77
— X. — Les Églises fondées par saint Paul,
l’apôtre aux Gentils . 87
— XI. — La raison d’être de la Sainteté. . . 96
— XII. — Signes des temps . 108
— XIII. — Le royaume du Ciel sur la terre. 120
— XIV. — Le règne des Saints . 132
— XV. — Les dons de l’Esprit . 144
TABLE DES MATIERES
Pages
Ghap. XVI. — Le royaume du Christ sur la
terre . 153
— XVII. — Les brebis de l’autre troupeau. 164
# — XVIII. — Des guides immortels apparaîtront . 176
— XIX. — La plénitude des Gentils . 188
— • XX. — La Seconde venue du Christ . 201
— XXI. — La foi dans le plan divin . 212
— XXII. — Jérusalem . 225
— XXIII. — Jérusalem telle qu’elle est
aujourd’hui . 237
— XXIV. — Ce qui est le salut offert par le
Christ . 248
— XXV. — Le même Salut offert aux Gentils . 257
— XX\I. — La foi dans Celui qui est la
résurrection et la vie . 267
— XXVII. — L’homme à l’image de Dieu .. . 276
— XXVIII. — La véritable mission du Sauveur du monde . 297
— XXIX. — L’avènement du Saint-Esprit. . 309
— XXX. — L’apocalypse de saint Jean . 325
— XXXI. — Les deux alliances . 352
— XXXII. — Le Christ porteur de la nou¬
velle semence . 365
— XXXIII. — Le témoignage de Jacob
Boehme, le théosophe inspiré du xvi° siècle (1575) . 380
— XXXIV. — Les Juifs . 394
— XXXV. — L’Église invisible . 4 il
— XXXVI. — Les secrets du Nouveau Tes¬
tament . 427
— XXX VII. — Le sang vivifiant du Christ. . 451
TABLE DES MATIÈRES
Chap. XXXVIII. — La nouvelle race humaine
divine .
— XXXIX. — Le principe divin féminin. . . . La Venue du Saint-Esprit, Communication d’en
haut .
Premier Appendice .
Pages
Alençon. - Imprimerie GUY, Veuve, Fils et Cl®, il, rue de la Halle-aux-Toiles.
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