SOUFFLÉ , ANTOINE , LE VALET
LE VALET , à Antoine en montrant Soufflé. Oui , Monsieur le voilà
ANTOINE
C'est bon. ( Le valet sort. ) Oscrai-je vous demander , Monsieur , quel est votre nom ?....
SOUFFLE
Monsieur, l'on m'appelle Sou i fié
A>TOmE.
Oii étiez-vous avant de venir- ici ?
S<;UFFLE.
Je lie sais pas trop si je dois m'en vanter..... Je sors de cbes M. le vicomte de Sauvecourt
ANTOINE
C'est cela même.... Je Tai vu ce matin.... il m'a parle' de vous...;
souffle'.
II m'en veut joliment n'est-ce pasi*.,..
ANTOINE
Mais.... il n'est pas de vos amis...
SOUFFLE
Je m'en doutais bien...
11 paraît qu'il sarait que vous dcvif z venir , car il m'a défendu de vous |)lacer ; et comme c'est l'iniimc ami de noire maître..,,
SOUFFLÉ
Allons, encore un de ces estomacs ingrats dont je pariais toutà-l'heure Je vois bien qu'il faut...
( Reprenant son chapeau. )
ANTOINE
Heureusement pour vous , M^tleuu i«elle Élise, la fille de Monseigneur, vous porte beaucoup d'iiitéict.
SOUFFLÉ
Mademoiselle Elise!... c'est sinjiulier.... Ali !... j'y suis mainteïiant j elle m'aura vu eu venant dîner chez M. de Sauvecourt.
ANTOINE
Apparemment; elle vous a recommandé elle-même , et tous sentez bien que je n'ai pu refuser.... Ainsi , dès ce moment , vous pouvez vous lézarder comme attache à la maison. SOUFFLÉ , reposant son chapeau.
Enfin !...
ANTOINE
C'est ici que vous travaillerez,...
SOUFFLÉ
Ici... je ne vois pas trop comment. ( y4 part. ) II n'y a pas seulement un fourneau î
ANTOINE
Quant à vos honoraires, ...
SOUFFLÉ . à part.
Mes Itf M.iraires !... style d'iKtei ; moi, j'aurais dit mes gages.... {Haut.) Vous dites donc que m -^ honoraires,..
ANTOINE. '
Se monteront à cinq mil'o frai'r>
S'iUFFLÉ , stupéfait.
Cinq mille franc.- I!I Qut'.h mai>^ou I
ANTOINE
De plus , vous in.ingerez -, la iabl« de son excellence...
SOUFFLÉ
Par exemple !... voilà qui est trop fort.,, ça ne se doit pas....
Passe pour les cinq mille francs.... je !cs prendrai.... mais diucr avec son ticelkucc !
Air : yauJe\ille des Landes.
II ni' 'oiierail toujours h table.
Ça f'r;)it rougir nia pudeur...
Un éloge psI iign'able
Daos la bouchf iVwn seigneur,
SOUFFLÉ
Ç.1 n'es' pa- ça qui nie tombe 5 J''suis bu i> sur fl.nis mon emploi De bii fa rt" ommu la l)niK-be, El àaïf- la place où je m voi
Je pi évo- ( bis ) Qu'il n'pouria vivre sans moi-
ANT l'NE.
Enfin, vous êles cnlrclcnn , hibilie aux frais de son excellence.
Sf>rFFLE.
Ça , ce n'est pas le plu<: cher... car, dans noire e'tat , on n'use pas... et si ce n'e'tait les taches....
ANTOINE
Oui quand on écrit sous la dicfe'e Ah! çi , vous trouverez là ce qu'il vous faut, des plumes, de l'cucrc , du papier
soBfTLE , à part.
Eh bien ! par exemple voilà une bat'erie àf cuisine d'une
nouvelle espace. ( f/aut. )Dit(S-raoi un p^u .... quelle est au juj^te la place que MadeaioiseLc Ehse a demandée pour moi?
ANTOINE
Eh bien ! celle de secrétaire.
SOUFFLE
De secrétaire !... Comment , je suis secrétaire !...
ANTOINE
Est-ce que vous n* êles pas content ?
SOUFFLÉ
Si fait... si fait.... J'avais bien autre chose en vue... mais dès que Mademoiselle Elise a dennndé pour moi la place de secrétaire et cinq mille frjncs de traitement. ( ^ part, ) On m'avait bien dit qu'avec des protections on arrivait à tout....
ANTOINE
On va vous conduire à votre appsrleHitnt.... Je vous engage à
faire un peu de toi!ette... Vous irouverez tout ce qu'il vous faut^ habit, veste, culotte...
SOUFFLÉ, en sortant.
Ob ! pour des vestes.... j'en ai...
ANTOINE, le recnndii'sant.
Je vous saine.... ( Lui pa/l:int pendant qu l est dehors. )^\i bien ! !)ù i!ie^-vous doac ?.... vous rlf-ceiidez.... Ce n'est pas cela, ..
c'est au prem er.... bien,... vous y vui'à Si je l'avais laisse faire. ...
il allait loui Iroit à la cuisine Je suis fort content de notre
secrc'tairc. Mm coup - d'oeil ne me trompe juuais, c'est un
homme du [)reaiier niéiito Allons, allons, già.:e à moi , voilà
la maison de l'ambas.sadcnr qui se ra»nte jolun; iit il ne nous
manque plus que notre cuisinier El quand i\I. le vicomte voudra nous pre'seoter son protège'....