‹ Le secrétraire illustréChapitre 154 sur 156 · Autre lettre à un mari trompé · texte numérisé non relu

Autre lettre à un mari trompé

Mon cher ami.

Il y a déjà quelque temps que ma femme et moi nous nous sommes aperçus de certaines choses qui vous concernent, et qui nous ont émus pour vous. Nous nous disions toujours : Gomment ne voit-il pas? Gomment ne s'est-il pas encore aperçu? Sans doute il va arriver un moment fatal où cela éclatera, où tout sera découvert par lui-même, peutêtre bientôt; et puis devons-nous malgré nos liens d'amitié nous immiscer dans ses affaires intimes? Enfin, nous voyons trop que cela se prolonge et que le scandale ne peut être évité.

CE qu'il ne faut pas écrire 297

11 nous faut vous le dire dans l'intérêt de votre réputation, de votre honneur, vous êtes indignement trompé en votre absence par votre femme ! Vous, l'homme excellenl, le mari tendre et attentionné, vous êtes la dupe de votre confiance aveugle! Tous vos voisins, vos amis, sont témoins des manèges de cette épouse infidèle, et s'il faut vous désiller les yeux, rien n'est plus facile, car malheureusement ce n'est un mystère que pour vous, mon pauvre ami.

Vous ne pouvez souffrir plus longtemps, sans être la fable de tout le quartier, cet état de choses, et, entre nous, il y a là un exemple à faire. Dites un mot, et avec chagrin nous vous prouverons, si vous en doutez encore, ce que nous avançons en vous mettant à même de surprendre les coupables.

Croyez à notre amitié cordiale et affligée.

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