Lettre d'un père à son fils sur le point de se mainer
Mon cher fils,
Les bonnes dispositions dont vous paraissez animé, la bonne conduite que vous avez toujours
eue jusqu'à ce jour, me permettent de concevoir les plus belles espérances sur votre avenir.
Laissez -moi néanmoins attirer votre attention sur quelques points qu'un homme avancé en âge a pu mieux observer.
Songez, mon bien cher fils, qu'à dater de ce jour, vous n'êtes plus seul: vos préoccupations vont augmenter, votre ardeur au travail doit redoubler.
Souvenez-vous que si vous pouvez, si vous devez même avoir de l'empire sur votre femme, vous ne devez l'employer qu'à réprimer en elle par la persuasion ce qui pourrait vous paraître nuisible à votre bonheur, et en un mot qu'à la conduire au bien. N'oubliez pas que le secret d'une affection durable est tout entier dans les bons procédés qu'un mari doit avoir pour sa femme, et que ces prévenances, ces égards, ces mille petits soins, auxquels elle sera sensible doivent être votre constante préoccupation.
Il n'est pas besoin de vous faire remarquer que vous vous êtes engagé à rendre heureuse celle qui va devenir votre épouse, devant Dieu et devant les hommes, et que, pour assurer la concorde et l'ordre dans votre ménage, vous devez d'abord renoncer à ces plaisirs qui sont uniquement l'apanage des jeunes gens. Gela vous détournerait de vos tra-
vaux aussi bien que de l'économie que la prévoyance vous commande, car il vous faut songer à l'avenir, aux enfants.
Je termine, mon cher fils, en vous souhaitant tout ce qui peut contribuer à votre bonheur à tous deux, et en vous priant de me croire voire affectionné père.
LETTRES