Le Seigle Enivrant
vues de deux lignes saillantes » ; pour le linarifolium, « liges presque cylindriques »), et je n’ai jamais pu voir de différence entre les graines du premier, finement alvéolées, et celles du second qui, suivant les mêmes auteurs, seraient striées en long.
En résumé, comme je le disais en commençant, YHyp. humifusum est quelquefois assez voisin de YHyp. linarifolium; je n’oserais pas affirmer qu’ils sont reliés l’un à l’autre par une chaîne ininterrompue et qu’ils appartiennent au même type spécifique, je constate simplement qu’il existe entre eux des intermédiaires. Et, je le répète, les caractères tirés des feuilles, —assez courtes, élargies vers le milieu, planes, chez r humifusum ; allongées, linéaires, un peu embrassantes, enroulées sur les bords, chez le linarifolium ,— me semblent seuls constants; ils devront suffire à séparer les deux espèces si, comme je le crois, il faut renoncer à ceux que les floristos ont tirés des tiges, des calices et des graines.
Ajoutons que YHyp. linarifolium , tel que Valil l’a compris, est surtout une plante des schistes; la forme que j’ai désignée par la lettre C parait propre aux terrains sablonneux.
Carex Davalliana Sm. — Le Carex Davalliana, assez répandu en France dans les prairies marécageuses des montagnes, est rare dans les pays de plaines et de collines. Boreau, Flore du centre de la France, éd. III, ne l’indique que dans le Cher. J’ai donc pensé que sa découverte dans la Sarthe méritait de vous être signalée. Il a été trouvé, au printemps de 1890, par M. Ninck, élève du Prytanée de la Flèche, àThorée, dans des prés marécageux voisins du moulin de la Mécanique où nous avons constaté, M. Gentil et moi, qu’il est assez abondant.
Desportes, Flore du Maine , l’indiquait bien, dès 1838, au Breil, pâturages marécageux près de Pescheray, où Goupil l’avait observé. Mais, depuis Desportes, les botanistes, qui récoltent le Car. dioica dans les pâturages de Pescheray, n’y ont jamais rencontré le Car. Davalliana , et la découverte de M. Ninck a eu le mérite d’établir d’une manière certaine sa présence dans le département de la Sarthe.
M. Prillieux fait à la Société la communication suivante :
LE SEIGLE ENIVRANT, par M. Ed. PRILLIEUX.
Dans quelques communes situées dans le département de la Dordogne, près des limites de la Haute-Vienne, particulièrement sur les territoires de Firbeix, de Miallet et de Saint-Saud, le seigle de la récolte de l’an dernier a présenté des propriétés toxiques singulières et très nettement