Voir Sainte-Beuve, Tableau, p
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plus de souplesse que n'en avait le (aient de Du Bartas pour s'accommoder à l'immense variété des sujets qui se présentaient tour à tour sous sa plume. Du Bartas est tendu et toujours guindé. 11 manque d'ailleurs de goût; sa langue est souvent provinciale et gasconne, comme ses rimes. Chez lui la trivialité, qu'il prend pour de la simplicité, côtoie l'expression noble et ambitieuse. Il use et abuse en disciple maladroit des mots composés dont Ronsard a donné le modèle. Que dire, par exemple, de ces vers :
Le feu domie-clarté, porte-chaud, jette-flamme.
Source de mouvement, chasse-ordure, donne-âme. (Sem. II.)
... Herme gidde-yiavire Mercure eschelle^-ciel, invente-art, aime-lyre. {hJ., I!I.)
On trouve plus de trois cents composés de ce genre dans ses poésies^. Malgré ces graves défauts, on lit avec intérêt plus d'une page de la Semaine. Tel est le début du quatrième chant, admiré par Gœthe, où l'auteur compare Dieu, après la création, à un peintre qui contemple complaisamment les diverses parties d'un tableau champêtre qu'il vient d'achever; l'aspect de la terre au moment où les eaux du déluge rentrent dans leur lit ^ : la menace de la fin du monde ; l'image de Josué arrêtant le soleil, la conquête du cheval, la peinture de la vie des champs, etc. Mais aucun de ces fragments n'est vraiment supérieur, et des taches nombreuses viennent gâter les plus beaux passages.
La Judith'', moins connue que la Semaine, nous paraît supérieure : l'auteur était plus jeune, et n'avait pas encore pris ce ton solennel et grave qu'il ne quitte pas dans la Semaine; le style y est plus vif et plus animé ^
D'AuBiGNÉ^ est un poète calviniste comme Du Bartas, mais d'un talent plus ferme et plus vigoureux. Dans ses poésies de jeunesse, telles que le Printemps, il se montre disciple original de Ronsard, pour qui il professe la plus vive admiration. Les cent sonnets en l'honneur de Diane (M^^^ de Lezay), qu'il inti-