‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 194 sur 725 · JEAN CALVIN · texte numérisé non relu

JEAN CALVIN

que leurs pieds sont légers à cspandre le sang; qu'en leurs voyes il n'y a que perdition et dissipation; que la crainte de Dieu n'est point devant leurs yeux *. 11 foudroyé de ces paroles rigoureuses non pas sur certains hommes, mais sur toute la lignée d'Adam; et ne reprend point les mœurs corrompues de quelque aage, mais il accuse la corruption perpétuelle de noslrc nature. Car c'est son inleulion en ce lieu-là; non pas de simplement reprendre les hommes afin qu'ils s'amendent de leur propre mouvement : mais plustost de les enseigner, qu'ils sont tous depuis le premier jusques au dernier enveloppez en telle calamité, de laquelle ils no peuvent sortir, sinon que ^ la miséricorde de Dieu les en délivre. Pource que cela ne se pouvoit prouver, qu'il n'apparusl que nostre nature est tombée en cesle ruine, il allègue ces tesmoignages, où il est monstre que nostre nature est plus que perdue. Que cela doncqucs soit résolu que les hommes ne sont pas tels que sainct Paul les descrif, seulement par coustunie perverse, mais aussi d'une perversité naturelle.... Il despouille l'homme de justice, c'est-à-dire d'intégrité et de pureté : puis après d'intelligence, du défaut de laquelle s'ensuit après le signe, c'est que tous hommes se sont détournés de Dieu; lequel chercher est le premier degré de sapience ^. S'ensuivent après les fruits d'infidélité, que tous ont décliné, et ont esté faicts quasi comme pourris tellement qu'il n'y en apas un seul qui face bien. D'avantage, il met toutes les meschancetezdont ceux qui se sont desborder, en injustice souillent et infectent les parties de leurs corps. Finalement il tesmoigne que tous les hommes sont sans crainte de Dieu, à la règle de laquelle nous devions compasser* ton les nos voyes. Si ce sont là les richesses héréditaires du genre humain, c'est en vain qu'on requiert quelque bien en nostre nature. Je confesse que toutes cesmeschancettz n'apparoissent point enchascun homme, mais nul ne peut nier qu'un chascun n'en ait la semence enclose en soy. Or comme un corps, quand il a desja la cause et matière de maladie conceue en soy, ne sera point nommé sain, combien

1. Non est justus qulsquam ; non est intelligens; non est rcqiiirens Deum. Omnes declinavcrunt : simiil inutiles facti sunt : non est qui faciat boiiuni, non est usquo ad unum. Sepulchrum patcns est gultur eoruni ; linguis suis dolose agebant : \encnum aspidum sub laliris corum. Quorum os nialedictione et aniarituilinc plénum est. Veloces pcdes coruni ad ottcndendum sanguineni ; contritioet iofelicitas

in viis eoruni ; et yiam pacis non cogno-l verunt. 'Son est timor Dei ante oculus eoruni. ^Epistola Pauli ad Romauos, ni,

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