‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 196 sur 725 · Confession de foi · texte numérisé non relu

Confession de foi

Nous tenons que le péché originel est une corruption

espandue par nos sens et affections, en sorte que la droite intelligence et raison est pervertie en nous; et sommes^ comme povres aveugles en ténèbres, et la volonté est sujette à toutes mauvaises cupiditez, pleine de rébellion et adonnée à mal; brief, que nous sommes povres captifs détenus sous la tyrannie de péché : non pas qu'en mal-faisant nous ne soyons poussez par nostre volonté propre, tellement que nous ne saurions rejeter ailleurs^ la faute de tous nos vices ; mais pource qu'estans issus de la race maudite d'Adam, nous n'avons pas une seule goutte de vertu ^ à bien faire, et toutes nos facultez sont vicieuses.

De là nous concluons que la source et origine de nostre salut est la pure miséricorde de Dieu, car il ne se trouvera en nous aucune dignité '' dont il soit induit à nous aimer. Nous aussi estans mauvais arbres ne pouvons porter aucun bon fruict, et par ce moyen ne pouvons prévenir Dieu pour acquérir ou mériter grâce envers luy ; mais il nous regarde en pitié pour nous faire merci, et n'a autre occasion d'exercer sa miséricorde en nous, que nos misères. Mesmes nous tenons que cette bonté, laquelle il desploie envers nous, procède de ce qu'il nous a eslus devant* la création du monde, ne cerchant point la cause de ce faire ^ hors soj-mesme et son bon plaisir. Et voyla nostre premier fondement, "^ que nous sommes agréables à Dieu d'autant qu'il liiy a pieu nous adopter pour ses enfants devant * que nous fussions nais * ; et par ce moyen, il nous a retirez, par privilège singulier, de la malédiction générale en laquelle tous hommes sont plongez.

1. Et que nous sommes, etc. ; et que la | 5. Avant, volonté. J 6. De faire cela.

2. Itcjetcr sur quelque autre cause. 7. Le premier fondement de notre foi.

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