‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 204 sur 725 · Par · texte numérisé non relu

Par

G. Avertissement.

leurs paupières, et par sa chaleur, comme par son amour, il alla dessiller leurs yeux et les pressa de voir son jour.

Au contraire, ces pauvres errans * n'avoient-ils pas tort de crier dans ce bois :Hé! qu'avons nous fait au soleil, pourquoy il ne nous a pas^ fait voir sa lumière comme à nos compagnons, afin que nous fussions arrivez au logis, sans demeurer en ces effroyables (enebres? Car qui ne prendroit la cause du Soleil, ou pluslost de Dieu en main, mon cher Theolime, pour dire à ces chelifs mal-encontreux : Qu'est-ce, misérables, que le Soleil pouvoit bonnement faire pour vous qu'il ne l'ait fait ^ ? Ses faveurs estoient égales envers tous vous autres qui dormiez : il vous aborda tous avec une mesme lumière, il vous toucha des mesmes rayons, il répandit sur vous une chaleur pareille : et, mal-heureux que vous estes, quoy que vous vissiez vos compagnons levez prendre le bourdon ' pour tirer chemin ^ vous tournâtes le dos au Soleil, et ne voulûtes pas employer sa clarté ny vous laisser vaincre à sa chaleur.

{Traité de l'amour de Dieu, IV, 5; tome IV, p. 268.)

MOINTAIGNE

Michel Eyqdem de Montaigne, né en 1533 au château de Montaigne en Périgord, apprit le latin, comme Henri Estienne, en l'entendant parler autour de lui. Après de fortes études à Bordeaux, il fit son droit, devint conseiller à la cour des aides de Périgueux, puis au Parlement de Bordeaux (1556) où il se lia d'amitié avec E. de la Boëtie. Il vint plusieurs fois à la cour où il était fort apprécié de Henri II, de Catlierine de Jlédicis, de Cliarles IX, et de Marguerite de France. En 15C9il pubHa une traduction française delà Theologianaturalis de Raymond Sebonde, auteur espagnol du quinzième siècle ; en 1680, il donna deux livres de

Page 1