‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 255 sur 725 · Modèles · texte numérisé non relu

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1 1 . Jeu de mots sur cathoHcon, qui signi ■ fiait proprement électuaire, remède universel, et qui rappelle le mot catholique (de zaOo/.ijc'jv, univfrse'). Les auteurs de la Ménippée imaginent le roi d'Kspagne faisant vendre un catholicon fielaté, n'ayant rien de comnmn avec le véritable catholicon qui sauve les âmes. « Ayant appris que le catholicon simple de Rome n'avait d'autres effets que d'édifier les âmes, et causer salut et béatitude en l'autre monde seulement, se l'aschantd'un si long terme, (il) s'estoit advisé de

de qualité double, supérieure ; expression sophistiquer ce catholicon, si bieu qu'à empruntée à Rabelais (II, 8 et IV, 4). 11 y force de le manier, remuer, alambiquer, a aussi ici un jeu de mots sur les doublons calciner, sublimer, il en avoit composé... d'Espagne. Cf. a la pagesuivant : 0 déifi- un électuaire souverain, etc.» {Sat.Mén. ques doublons d'Espagne, etc. | éd. Labitte, p. 4).

une meilleure vie! C'est ce que dit nostre bon Dieu parlant à son père en sainct Mullliieu, cliap. xi : Abscondiati a prudentibus et sijneiitibus, et rcvelasti ca parvulis ?^ Certes, Messieurs, il me semble reveoirce bon temps, auquel les chrestiens, pour expier leurs crimes, se croisoyent ^ et alloyent faire la guerre oultre mer, comme pèlerins, contre les mescreants et intideles...

(Satyre Menippée de la vertu du caiholicon d'Espagne et de la tenue des Estats de Paris. — Édition Ch. Labitle, p. 79.)

2, Hr-rangue du sieur de Rieux, sieur de Pierre-Font ", pour la noblesse de rUnion.

Messieurs, je ne sçay pourquoi on m'a député pour porter la parole en si bonne compagnie, pour toute la noblesse de nostre party. Il faut bien dire qu'il y a quelque cliose de divin en la saincte Union, puisque par son moyen, de commissaire d'artillerie assez malotru, je suis devenu gentilhomme, et gouverneur d'une belle forteresse : voire que je me puis esgaler aux plus grands, et suis un jour pour monter* bien liaut à reculons, ou autrement =. J'ay bien ocasion de vous suivre ^, monsieur le lieutenant ', et faire service à la noble assemblée, à bis ou à blancq *, à tort ou à droit, puisque tous les pauvres prestres, moynes et gens de bien, dévots, catlioliques, m'apportent des cliandelles ^, et m'adorent comme un sainct Macabee du temps passé. C'est pourquoy je me donne au plus viste des diables, que si aucun de mon gouvernement s'ingère à parler de paix, je le courray^" comme un loup gris" : vive la guerre ! il n'est que d'en avoir, de quelque part qu'il vienne. Je voy je ne sçai quels degoustez de nostre noblesse qui parlent de conserver la

1. Tu as caché ces choses aux savants et aux sages, et les a révélées aux petits.

•i. Prenaient la croix.

3. Le sieur de Rieux, ancien petit commis dos vivres, aventurier, pillard, avait reçu des Seize la garde du châte;>u de Pierrefonds, qui était tombé en I5S3 au pouvoir des Ligueurs. Il le défendit contre lesattaques du ducd'Épornon (1591) et du maréchal de Biron ( Ib92j. Il y vivait de vols, rançonnant le pays et pillant les voitures publiques. Surpris dans une de ses courses par la garnison royaliste de Compiègne, il fut pendu à Noyon (lSi94). — Le château de Pierrefonds,

vendu à Henri IV parle gouverneur que les Seize mirent à la i)lace de Rieux, fut détruit dans les luttes civiles qui eurent lieu au commencement du règne de Louis XIII. Il a été restauré dans ces dernières années (ISb8-IS68;.

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