‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 305 sur 725 · Mainteuajit · texte numérisé non relu

Mainteuajit

C'est luy qui lus biigans effroyoit de sa voix, Et des dents les ineurtricrs ; d'où vient donc qu'il onduvc La faim, le froid, les coups, les desdains, et l'injure, Payement coustumier du service des lloys?

Sa fierté, sa beauté, sa jeunesse agréable Le fit chérir de vous ; mais il fut redoutable A vos haineux *, aux siens, pour sa dextérité.

Courtisans qui jettez vos desdaigneuses veucs^ Sur ce chien deslaissé, mort de faim par les rues, Attendez ce loyer de la fidélité.

Ce chien ne faillit pas d'estre mené le lendemain au Roy qui passoit par Agien et qui changea de couleur en lisant cest escri t.

Pour ce que le roy avoit juré en pleine table de le ' faire mourir, luy, pour lever ceste opinion, a faict six voyages dont celui-ci en esloil un. Estant donc arrivé au logis de la duchesse de Beaufort*, où l'on attendoit le roy, deux gentils hommes de marque le prièrent affectionnément de remonter à chevû'l pour la fureur où le roy esloit contre luy ; et, de faict, il entendit quelques gentils hommes disputants si on le mettroit entre les mains d'un capitaine des gardes ou du prevost de l'IiosteF. Luy se mit au soir entre les llambeaux qui attendoient le roy, et comme le carrosse para*^ au perron de la maisou, il ouït la voix du roy disant : « voilà Monsieur, Monseigneur d'Aubigué. » Quoy que cette seigneurie ne luy fust guerre '' de bon goust, il s'advança à la descente; le roy luy mit sa joue contre la sienne, luy commanda d'ayder à sa maislresse*, la fit desmasquer pour le saluer, et on oyoit dire aux compaignons : « Est-ce lu le prevost de l'hosleP ? » Le roy donc, ayant desfendu d'estre suivy, fit entrer Aubigné seul avec sa maislresse et sa sœur Juliette ; il le fit promener entre la duchesse et luy plus de deux heures ; ce fut la où se dit un mot qui a tant couru; car comme le roy monstroit sa lèvre percée, au flambeau, il souH'rit et ne print point en mauvaise part ces paroUes :

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