‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 320 sur 725 · MÉMOIRES, ETC. -- MARGUERITE DE VALOIS · texte numérisé non relu

MÉMOIRES, ETC. -- MARGUERITE DE VALOIS

quand je m'y suis acheminé et toulesfois je vous advouë que l'accident * advenu en Espagne a aydé à avancer ce mien voyage; car nous devons nous défier de ceux qui nous mesprisent et nous proparer contre ceux qui nous olfensent, afin de ne tomber en surprise; quoi faisant seulement^ je ne fais injure à personne. Je n'ay jamais creu aussy qne la paix deust m'empescher de visiter mes frontières et pourvcoir à la sûreté d'icelles, mais j'ay averty les archiducs de ma venue et des occasions d'icclle. Si je ne Tai faict plus tost*, c'a esté parce que je n'avois pas résolu plus lost le dict voiage. Enfin je suis icy sans force comme sans volonté de mal faire à personne *, mais en vérité je désire que l'on me levé ^ tout prétexte de changer de deliberalion ® ; car j'aime la paix et le repos autant et plus que nul autre de mes voisins. J'ay aussy plus sué et travaillé qu'eux pour l'avoir. C'est pourquoy je gousle et savoure mieux la félicité et douceur d'icelle, ce que je vous prie faire entendre à ceux qui s'adresseront à vous pour en savoir des nouvelles, et à tous autres ausquelz vous jugerez le devoir dire, ayant averti du sujet de mon dict voiage tous mes ambassadeurs, réservé'' celuy

d'Espaigne

Escrit a Calais, le ii'' jour de septembre 1601.

Henri.

[Lettres inédiles durai Henri IV au chancelier de Belliévre, p. 310 etsuiv.)

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