Excepté
(i. Cf. plus bas, p. 115 et p. 116, n. 3.
faire reléguer au château d'Usson en Auvergne. Devenu roi de France, il fit annuler son mariage par le pape Clément VIII en 1599. Marguerite, sortie du château d'Usson en 1G05, se retira dans son hôtel de Paris, près du Pré-aux-Clercs, puis dans son hôtel d'Issy, où elle continua de mener une vie déréglée qu'on s'étonnait de voir unie à des pratiques d'une dévotion excessive. Toutefois dans les dernières années de sa vie, elle vécut dans la retraite, partageant son temps entre la compagnie d'artistes, de savants et d'hommes de lettres, et les œuvres de piété. Elle resta dévouée au roi.
Elle a laissé des Lettres et des Mémoires, publiés par M. F. Guessard, pour la Société de l'Histoire de France (1 vol. in-8, 1842). Les Mémoires ont été réédités par L. Lalanne dans laBibliot/ièque EIzévirienne (1 vol. in-18, 1858). C'est cette dernière édition que nous suivons.
Voir notre Tableau de la Littérature française au xvi« siècle (Seclion I, ch. iv).
Un épisode de la Saint-Barthélémy.
Voiant qu'il estoit jour, eslimant que le danger que ma sœur m'avoit dict fust passé, vaincue du sommeil, je dis à ma nourrice qu'elle fermas! la porte pour pouvoir dormir à mon aise.
Une heure après, comme j'estois plus • endormie, voicy un homme frappant des pieds et des mains à la porte, criant « Navarre ! Navarre ! » Ma nourrice, pensant que ce fust le roy mon mary, court vistement à la porte et lui ouvre. Ce fust un genlil-homme nommé M. de Léran '•*, qui avoit un coup d'espée dans le coude et un coup de hallebarde dans le bras, et esloit encores poursuivy de quatre archers qui entrèrent tous après luy en ma chambre. Luy, se voulant garantir, se jetia sur mon lict. Moy, sentant cet homme qui me tenoit,je me jette à la ruelle, et luy après moy, me tenant tousjours au travers du corps. Je ne cegnoissois point cet homme, et ne sçavois s'il venoit là pour m'offenser, ou si les archers en vouloient à luy ou à moy. Nous cryons tous deux, et estions aussi clfrayez Tun que l'aultre. Entiti Dieu voulust que M. de Nançay ^, cappituine des gardes, y vins!, qui me trouvant en cet cstat-là, encor qu'il y eust * de la compassion, ne se peust tenir de rire ; et se courrouçant fort aux archers de celte indiscrétion, il les fit sortir et me donna la vie de ce pauvre homme qui me tenoit, lequel je