Nous avait percés
5. A'ie de Rabelais, eu tête de l'éditiuii de Rabelais publiée par MM. Burgaud Desmarcts et Rathery, 2* édition. Paris,
Didol, 1S6G, i vol. iii-li.
e. il parle de ce couvent dans son Gargantua (eh. xii).
7. Guillaume Budc, émincut helléniste, né à Paris en 1467, mort en 1540. C'est sur ses conseils que François 1'^ fonda le Collège de France.
94 MORCEAUX CHOISIS DES AUTEURS DU Wl" SIÈCLE.
Rabelais quitte Fontonay, et, avec l'autorisation de Clément VII, passe dans l'ordre de Saint-Benoît, et entre à l'abbaye de Maillczac comme chanoine régulier. Il quitte l'abbaye « sans licence de ses supérieurs » pour mener une vie errante, et toutefois est accueilli (entre 1524 et 1529) par l'évêque Geoffroy d'Estissac, son ancien condisciple, au château de Ligugé (près de Poitiers) où il s'occupe de sciences naturelles et de médecine. En 1530 on le trouve h Montpellier étudiant cette dernière science. De 1532 à 15-34, il exerce, sans avoir obtenu encore le grade de docteur, les fonctions de médecin à l'hôpital de Lyon. Il accompagne deux fois le cardinal Jean du Bellay à. Rome (1534 et 153G), revient à Paris (1537) et delà à Montpellier, où, reçu docteur, il est chargé d'un cours d'anatomie. Il repart l'année suivante exercer la médecine àNarbunne, à Castres et à Lyon. En 1539, il est placé par le cardinal du Bellay comme chanoine dans son abbaye de Saint-Maur-lez-Fossés; reprend bien lot sa vie errante, voyage en Italie et en Savoie, retourne en France où la protection de François l" le met h l'abri des persécutions que lui suscite son roman de Pantagruel; se retire, à la mort du roi, dans la ville impériale de Metz qui en fait son médecin stipendié, puis à Rome près du cardinal du Bellay son protecteur. Il revient en France où l'amitié du cardinal de Châtillon lui fait obtenir la cure do Meudon (1551), qu'il résigne l'année suivante ainsi que celle de Saint-Christophe de Jambet (diocèse du Mans), dont il était bénéficiaire, et meurt vraisemblablement en 1553, emportant l'estime des hommes les plus éminents du temps.
C'est durant son séjour à Lyon (il avait alors près de quarante ans) qu'il commença h se faire connaître du public. Il semble avoir débuté par une édition de Galien, accompagnée de quatre ouvrages d'Hippocrate en latin et du texte grec des Apfiorismes^ qui lui avaient servi l'année précédente pour un cours qu'il pi'ofessait à, la Faculté de Montpellier. Mais la même année, il imiirimait à Lyon deux livres d'un autre caractère, d'abord une nouvelle édition remaniée et développée des Chroniques gnrgantuines, roman populaire qui paraît dater de la première partie du xvi' siècle, d'un auteur inconnu, et qui lui servit pour son Gargcmtua; puis le premier livre de Pantagruel *, que suivirent en 1535 le Gargantua, en 154G et en 15.')2 le second et le troisième livre de Pantagruel. Quant au quatrième et dernier livre de Pantagruel, il parut en 15Gi,neuf ans après la mort do l'auteur 2. On en a mis en doute l'authenticité : il est vraisemblable qu'il a été composé avec des brouillons laissés par Rabelais. Le texte de 15G4 offre des variantes considérables avec une copia manuscrite de ce quatrième livre qui se trouve à la Bibliotlièque Nationale.
Les éditions de Rabelais sont très-nombreuses; en dehors de celles
1. Le roman de Rabelais se compose de cinq livres : le premier contient leh aventures di; Gargantua, les quatre autres, celles de son fils Pantagruel. Le Gargantua a paru entre le premier et les
trois derniers livres du Pantagruel.
t. lùi l.'iOi il en avait déjà paru, sous le titre de VIsIe sonnante, un fragment contenant les seize premiers chapitres.
CONTEURS. — RABELAIS
que Rabelais publia de son vivant, les seules qui fassent autorité sont celles qu'ont données de nos jours MM. Jannet *, Marty-Laveaux*, A. de Montaiglon et L. Lacour^; elles reproduisent fidèlement le texte de la dernière édition publiée par Rabelais pour le Gargantua et les trois premiers livres de Pantagruel *. Quant au quatrième, MM. Jannet et Marty-Laveaux ont donné le texte imprimé de 1564, MM. A. de Montaiglon et L. Lacour celui du manuscrit de la Bibliothèque nationale; c'est le texte que nous suivons ici, dans le fragment donné plus loin (page 11 2).
MM. Burgaud Desmarets et Rathery, dans leur savante édition, ont suivi un autre système ; au lieu de reproduire exactement le texte d'une quelconque des éditions originales, ils ont formé un texte critique artificiel, par la collation minutieuse de ces diverses éditions.
Nous étudions l'œuvre de Rabelais dans notre Tableau de la litiéraiure française au xvi' siècle (section I, ch. v) auquel nous renvoyons le lecteur.