‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 330 sur 725 · Grandgousier et Picrochole · texte numérisé non relu

Grandgousier et Picrochole

I.E REGRET ET DIFFICULTÉ QUE FEJST GRAND-GOUSIEK DE ENTREPRENDRE GUERRE.

Un des bergiers qui gardoient les vignes, nommé Tillof, se transporta devers luy ^ en icelle heure et raconta enlicrement les excès el pillaigesque faisoit Picrochole 2, Roy de Lerné, en ses terres et dommaines, et comment il avoit pillé, gasté, saccagé tout le pays, excepté le clous^ de Seuillé que frère Jean des lintommeures avoit sauvé à son honneur, et de présent estoit ledictRoy en La-Roche-Clermauld et là en grande instance* se remparoit ^, luy et ses gens.

« Holos, holos *', dist Grand-Gousier, qu'est cecy, bonnes gens? Songe je'', ou si vray est ce qu'on me dict ? Picrochole, mon amy ancien, de tout temps, de toute race * et alliance, me vient-il a?sailhr ? Qui le meut? Qui le poinct^ ? Qui le conduict ? Qui l'a ainsi conseillé? Ho ! ho ! ho ! ho ! ho ! Mon Dieu ! mon saulveur ! ayde moy, inspire moy, conseille moy à ^°ce qu'est de '^ faire!

« Je proteste 'S je jure davant toy, — ainsi ^^ me soys tu favorable, — sy jamais à luy desplaisir, ne à ses gens dommaige, ne en ses terres je feis ^^ pillerie ;mai«, bien au contraire, je l'ay secouru de gens, d'argent, de faveur et de conseil, en tous cas ^^ que ay peh cognoistre son advenlaige. Qu'il me ayt doncques en cepoinctoultraigé, ce ne peut estre que par l'esprit maling. Bon Dieu! tu congnois mon couraige ^^ car à toy rien ne peut estre celé. Si par cas il estoit devenu furieux, et que, pour luy rehabiliter" son cerveau, tu me l'eusse icy envoyé, donne-moy et pouvoir et sçavoir le rendre au joug de ton sainct vouloir par bonne discipline'**.

« Ho ! ho! ho! mes bonnes gens, mes amys et mes feaulx serviteurs, fauldra il que je vous empesche '^ à me y aider? Las ! ma vieillesse ne requcroit dorénavant que repous^^jCt toute ma vie

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