‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 343 sur 725 · Plaines · texte numérisé non relu

Plaines

IS. Vivant.

CONTEURS. — RABELAIS

<i Les serclcurs ', qui guaingnent argent;

« liCs mestiviers -, qui beuvcnt voluntiers et sans eau ;

« Les gleneurs ^, esquelz fault de la fouace ;

« Les basleurs, qui ne laissent ail, oignon ne eschalote es jardins par l'auclorité de Thestilis Virgiliane *;

« Les meusniers, qui sont ordinairement larrons;

(c E:t les boulangiers, qui ne valent gueres mieulx ;

« Est-ce petite espargne — oullrc la calamité des Mulotz, le deschet des greniers et la mangcaille des Cliarrantons * et Mourrins ® ?...

COMMENT PANUBGE LOUR LES DEBTEURS ' ET EMRRUNTEURS.

Mais, demanda Pantagruel, quand serez-vous hors de debtes?

— Ls calendes grecques ^, respondit Panurge ; lors que tout le monde sera content et que serez héritier de vous mesmes.Dieu me garde d'en estre hors ! Plus lors ne Irouverois qui un denier me preslast. Qui au soir ne laisse levain, ja ne fera au malin lever paste.

« Doibvez vous tousjours à quelq'un ? Par icelluy sera continuellement Dieu prié vous donner bonne, longue et heureuse vie; craignant sa debte perdre, tousjours bien de vous dira en toutes compaignies ; tou?jonrs nouveaulx créditeurs^ vous acquestera, affin que par eulx vous faciez versure'" et de terre d'aultruy remplissez" son fossé.

« Quand jadis en Gaulle, par l'institution des Druydes, les serfz, varlets et appariteurs estoient tous vifz bruslez aux funérailles et exeques '- de leuis maistres et seigneurs, n'avoientilz belle paour que leurs maistres et seigneurs mourussent, car ensemble force leurs estoit mourir? i\e prioient-ilz continuellement leur grand Dieu Mercure, avec Dis, le Père aux

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