Plaines
IS. Vivant.
CONTEURS. — RABELAIS
<i Les serclcurs ', qui guaingnent argent;
« liCs mestiviers -, qui beuvcnt voluntiers et sans eau ;
« Les gleneurs ^, esquelz fault de la fouace ;
« Les basleurs, qui ne laissent ail, oignon ne eschalote es jardins par l'auclorité de Thestilis Virgiliane *;
« Les meusniers, qui sont ordinairement larrons;
(c E:t les boulangiers, qui ne valent gueres mieulx ;
« Est-ce petite espargne — oullrc la calamité des Mulotz, le deschet des greniers et la mangcaille des Cliarrantons * et Mourrins ® ?...
COMMENT PANUBGE LOUR LES DEBTEURS ' ET EMRRUNTEURS.
Mais, demanda Pantagruel, quand serez-vous hors de debtes?
— Ls calendes grecques ^, respondit Panurge ; lors que tout le monde sera content et que serez héritier de vous mesmes.Dieu me garde d'en estre hors ! Plus lors ne Irouverois qui un denier me preslast. Qui au soir ne laisse levain, ja ne fera au malin lever paste.
« Doibvez vous tousjours à quelq'un ? Par icelluy sera continuellement Dieu prié vous donner bonne, longue et heureuse vie; craignant sa debte perdre, tousjours bien de vous dira en toutes compaignies ; tou?jonrs nouveaulx créditeurs^ vous acquestera, affin que par eulx vous faciez versure'" et de terre d'aultruy remplissez" son fossé.
« Quand jadis en Gaulle, par l'institution des Druydes, les serfz, varlets et appariteurs estoient tous vifz bruslez aux funérailles et exeques '- de leuis maistres et seigneurs, n'avoientilz belle paour que leurs maistres et seigneurs mourussent, car ensemble force leurs estoit mourir? i\e prioient-ilz continuellement leur grand Dieu Mercure, avec Dis, le Père aux